La veuve joyeuse: opérette en couleurs

Le baryton Armando Noguera et la soprano Leslie Ann... (Le Soleil, Pascal Ratthé)

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Le baryton Armando Noguera et la soprano Leslie Ann Bradley tiendront les rôles principaux dans La veuve joyeuse, la semaine prochaine à l'Opéra de Québec.

Le Soleil, Pascal Ratthé

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(Québec) Le bonheur est palpable au sein de la troupe de La veuve joyeuse, qui ouvrira la saison de l'Opéra de Québec samedi prochain. Les deux vedettes de la distribution, Leslie Ann Bradley et Armando Noguera, sont enchantées et promettent de nous faire vivre toutes les couleurs de l'amour.

L'opérette de Franz Lehár sera jouée en version originale française et comporte beaucoup de dialogues, ce qui a incité l'Opéra de Québec à sélectionner des chanteurs capables de jouer dans la langue de Molière. Disons qu'une intonation mal placée aurait davantage d'effet dans la langue maternelle du public qui se fait chanter la pomme que dans une langue étrangère inconnue...

La soprano torontoise Leslie Ann Bradley est donc légèrement nerveuse à l'idée d'incarner Missia Palmieri, la riche veuve qu'on tente de remarier. «Depuis cinq ans, je n'ai pas parlé un mot de français», nous assure la belle, dans un français pourtant presque parfait.

Il faut dire qu'elle a habité Mont-réal entre 2003 et 2009 afin d'être formée par Marie Daveluy, qui a été la mentore de bien des grandes voix, dont Marie-Nicole Lemieux et Karina Gauvin. «Elle a changé ma vie. Je vois maintenant la voix comme une expression artistique, pas seulement un outil qui sert à produire du son, indique Mme Bradley. Elle dit souvent que la voix a un parfum.»

 Rieuse Missia

Surfant sur cette image, la soprano tente d'intimer les émotions les plus délicates et les plus sincères aux mélodies qu'elle chante. Dans La veuve joyeuse, la chanteuse considère que celles-ci sont de haut calibre. «Musicalement, c'est vraiment écrit comme un opéra. La musique est légère, dans l'esprit, mais les airs, les duos, c'est très bien écrit et très lyrique. Dans les ensembles, on joue avec les caractères. C'est actif, il faut être très présent, sinon on perd facilement le fil.»

Elle pourra à tout le moins compter sur son expérience du rôle, qu'elle a joué à Toronto en anglais et qu'elle a chanté en français en version concert. «Les dialogues sont un défi pour moi. Heureusement, François Racine [le metteur en scène] m'aide à trouver les bonnes intonations et les bons sentiments. Mais dire "vous allez voir de quel bois je me chauffe", au début, pour moi, ce n'était pas évident!»

À la scène, Leslie Ann Bradley aime évoluer au contact des autres interprètes. «Armando est charmant, ça facilite les choses», glisse-t-elle tout sourire à propos de son principal partenaire de jeu, qui incarnera le prince Danilo. Même si elle croit que l'humour n'est pas nécessairement une qualité innée chez elle, la chanteuse est persuadée que l'opérette aura tout le comique voulu : «Armando, Robert Huard [qui jouera le baron Popoff] et Jack Robitaille [Figg] ont un talent comique hors du commun. Je n'ai qu'à réagir, c'est un véritable plaisir.»

Après une séquence consacrée aux oeuvres de Mozart l'an dernier, la soprano délaisse «son premier amour» pour connaître d'autres émois avec le répertoire français - elle jouera le rôle-titre de Louise, dans l'opéra du même nom, à Toronto en mars - et aux oeuvres symphoniques. Après un passage à Londres pour le Requiem de Fauré, elle reviendra au Québec pour chanter Le messie de Handel avec l'Orchestre symphonique de Montréal en décembre. 

La palette de Danilo

Armando Noguera a un accent chantant du Midi, né du mélange de ses origines argentines et de sa formation à l'Atelier lyrique de l'Opéra de Paris. Lorsqu'il compare justement le rythme de production parisien - et, par extension, européen - avec celui de l'Opéra de Québec, il est sans équivoque : «On travaille vraiment dans de bonnes conditions ici, on a le temps.»

En juin, il a remplacé au pied levé à l'Opéra de Paris pour jouer dans La bohème. «Ça allait très vite, c'était chaotique. On pourrait croire que c'est parce que j'arrivais à la dernière minute, mais c'est tout le temps comme ça», illustre le baryton, qui croit fermement que la complicité qui se crée entre les interprètes se transmet inévitablement au public lors des représentations.

Il a joué le séduisant Danilo pour la première fois lorsqu'il était à la mi-vingtaine. Dix ans plus tard, et fort des expériences d'Avignon, de Paris et de Buenos Aires et d'avoir joué le rôle en français et en allemand, Noguera retrouve son personnage avec confiance.

«Il possède ce que je cherche dans chacun des personnages que je joue, c'est-à-dire l'étonnement et la simplicité des sentiments. Moi, je vais m'identifier, et les spectateurs vont pouvoir le faire aussi», explique-t-il. 

Ses mentors, Janine Reiss et André Dos Santos, lui ont enseigné que lorsqu'on aborde un rôle avec sincérité, les obstacles techniques deviennent secondaires. «En autant que l'on travaille beaucoup avant et pendant les répétitions», note-t-il. Une vision qu'il retrouve avec le metteur en scène François Racine, qui privilégie «de rester dans les émotions vraies plutôt que de tomber dans des complexités psychologiques qui nous amèneraient ailleurs», expose le baryton. 

À l'entendre, Danilo semble être le candidat parfait pour parcourir toute la gamme des émotions, passant de la tristesse la plus pure à l'amusement le plus complet, en passant par la jalousie brûlante et la passion fulgurante. «Lors de sa première rencontre avec Missia, il est dans un état de grande émotion qui n'est pas nécessairement comique. Mais à la fin du deuxième acte, lorsqu'il se sent trahi par Missia et qu'il raconte l'histoire de Jeannette et Jean-Pierre, le récit est tellement banal et tellement vrai qu'il le transforme de manière extraordinaire. Tout passe par le ton», raconte Noguera.

Après Québec, Armando chantera dans L'elisir d'amore à l'opéra de Marseille, puis reprendra Le barbier de Séville à Dijon, puis Madame Butterfly à Lille et au Luxembourg, sans compter une participation au festival d'Orange dans Carmen et plusieurs récitals de musique de chambre.

Vous voulez y aller?

Quoi: La veuve joyeuse

Avec: Leslie-Ann Bradley, Armando Noguera, Robert Huard, Judith Bouchard, Kevin Geddes, Jack Robitaille, le Choeur de l'opéra de Québec et l'OSQ, sous la direction de Stéphane Laforest

Quand: samedi 18 octobre à 19h et les 21, 23 et 25 octobre à 20h

: salle Louis-Fréchette du Grand Théâtre

Billets: de 79 $ à 135 $

Info: 1 877 643-8131

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