Wynton Marsalis: la réussite et l'humilité

Le trompettiste Wynton Marsalis... (Photothèque Le Soleil)

Agrandir

Le trompettiste Wynton Marsalis

Photothèque Le Soleil

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
<p>Ian Bussières</p>

(Québec) Le trompettiste Wynton Marsalis a beau être, avec ses neuf trophées Grammy, le plus «décoré» de la célèbre famille de jazzmans, celui qui présentera le 14 octobre un spectacle au Capitole à l'occasion du Festival international de jazz de Québec demeure tout de même très humble.

«Tu sais, pour moi, ce n'est pas ce qui est le plus important. Le plus grand honneur est d'avoir pu jouer avec tous ces grands musiciens depuis le début de ma carrière», déclare celui qui a entre autres partagé la scène avec les Sarah Vaughan, Dizzy Gillespie, Sonny Rollins et Herbie Hancock. 

Le musicien de 52 ans cite entre autres sa collaboration avec Eric Clapton, gravée sur disque en 2011, signalant qu'il a été impressionné par l'éthique de travail de l'ancien guitariste de Cream. «Nous avons joué du blues ensemble. Eric est un musicien extrêmement sérieux et un travailleur acharné.»

Wynton Marsalis est aussi le seul artiste de l'histoire à avoir remporté des Grammy dans la catégorie Jazz et dans la catégorie Classique, un exploit qu'il a accompli à deux reprises, en 1983 et en 1984. Malgré tout, il refuse de s'en faire une gloire. «C'était il y a 30 ans...» laisse-t-il tomber à propos de sa collection de petits gramophones dorés.

Professeur Wynton

Au-delà des prix et des trophées, ce sont l'amour du jazz et l'enseignement qu'apprécie particulièrement le fils du pianiste Ellis Marsalis Jr, frère cadet du saxophoniste Branford Marsalis et aîné du tromboniste Delfeayo Marsalis et du batteur et vibraphoniste Jason Marsalis.

C'est entre autres pour cette raison qu'il a participé en 1987 à la fondation du Jazz at Lincoln Center de New York, qui comprend trois salles, offre plusieurs programmes éducatifs et publie de la musique. Il en est aujourd'hui le directeur artistique.

«J'ai toujours été intéressé par l'éducation. Mon père était un professeur et un jazzman, c'est de là que ça vient. C'est notre 27e année et nous touchons des gens de tous les âges de partout aux États-Unis et au Canada», explique-t-il.

«Quand nous avons lancé ça, nous étions un groupe de passionnés issus de la communauté : des compositeurs, des professeurs, et nous avons jeté les bases de ce beau projet. Nous voulions créer quelque chose pour attirer une vaste audience et célébrer le jazz», indique-t-il.

International

Le musicien a toujours des projets plein la tête pour démocratiser le jazz avec Jazz at Lincoln Center, notamment l'ouverture de clubs de jazz en Asie et au Moyen-Orient. 

«Nous développons des clubs à Shanghai, à Dubai et à Doha, au Qatar», indique-t-il, soulignant le nombre grandissant de bons musiciens de jazz dans ces régions du monde.

«Il y a de plus en plus de bons musiciens partout et je crois que ce qui les attire vers le jazz, c'est la qualité et la conception de l'improvisation. C'est une musique qui a une belle histoire et une belle image et tout le monde peut l'apprécier», résume-t-il.

Jazz et respect

C'est d'ailleurs avec l'orchestre du Jazz at Lincoln Center que Marsalis montera sur la scène du Capitole. Parmi les pièces qui seront interprétées, on retrouvera du matériel des pianistes Thelonious Monk et Chick Corea. 

«Nous allons faire des pièces du répertoire de plusieurs artistes différents. Ce sera assez vaste», a-t-il poursuivi en ajoutant que c'est la direction du Festival de jazz de Québec qui lui avait suggéré de jouer Corea et Monk.

«J'ai fait beaucoup de concerts avec Chick, il a déjà joué avec nous en tournée», fait remarquer Marsalis à propos du pianiste qui a participé à la naissance du jazz fusion dans les années 60. Une association plutôt surprenante quand on sait que Marsalis est réputé pour être davantage attaché au jazz des années 30 et 40 qu'au jazz moderne.

«En fait, ce n'est pas du tout le cas», précise d'ailleurs le trompettiste. «Ce sont des déclarations que j'ai faites dans les années 80 qui ont amené certaines personnes à penser ça. Pour moi, c'est plutôt une question de respect de la musique. Dans les années 80, il y avait toute une tradition de non-respect du matériel des générations précédentes et je n'ai jamais été d'accord avec ça. Cependant, ce n'est plus le cas aujourd'hui», a-t-il tenu à expliquer.

Une affaire de famille

Au moment d'écrire ces lignes, on ne savait pas si Wynton ferait une apparition aux côtés de son père Ellis le 2 novembre à l'occasion du spectacle Sur la route de la Louisiane, que ce dernier présentera à la basilique-cathédrale Notre-Dame de Québec. «À vrai dire, je n'étais même pas au courant que mon père serait là lui aussi cette année», avoue Wynton.

Il ajoute qu'il n'a jamais senti aucune pression du fait d'être le fils d'un musicien de jazz. «Nous n'étions pas du tout forcés à jouer. J'ai d'ailleurs un frère [Ellis Marsalis III] qui n'est pas du tout dans le jazz : il est photographe et fait de la poésie. Pour ce qui est de la façon dont nous avons choisi nos instruments, on jouait sur tout ce que nos parents nous donnaient.»

Les musiciens de la famille Marsalis ont joué ensemble en 2010 pour l'une des rares occasions au Festival de jazz Duke Ellington de Washington. «Je ne peux pas dire si c'était plus facile de jouer avec les membres de ma famille, car c'est toujours plus facile de jouer avec des gens avec qui tu joues tout le temps. Dans le cas de mon frère Branford, par exemple, on a souvent joué ensemble et c'est tellement un bon musicien.»

«Être sur la même scène que toute ma famille, c'était une expérience très agréable, mais je ne sais pas si on le refera souvent, car mon père est assez âgé et il n'est peut-être pas intéressé», conclut-il.

Vous voulez y aller?

Qui : Wynton Marsalis et le Jazz at Lincoln Center Orchestra

Quand : le mardi 14 octobre,

à 20h

Où : Capitole

Billets : 109,33 $ ou 132,32 $

Info : 418 694-4444, 1 800 261-9993 ou

www.jazzquebec.ca

Partager

À lire aussi

publicité

publicité

la liste:1710:liste;la boite:91290:box

En vedette

Précédent

publicité

la boite:1608467:box; tpl:300_B73_videos_playlist.tpl:file;

Les plus populaires : Le Soleil

Tous les plus populaires de la section Le Soleil
sur Lapresse.ca
»

CONTRIBUEZ >

Vous avez assisté à un évènement d'intérêt public ?

Envoyez-nous vos textes, photos ou vidéos

Autres contenus populaires

image title
Fermer