Soleil d'Espagne: revanche poétique

Le spectacle offert hier par Richard Desjardins et... (Le Soleil, Pascal Ratthé)

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Le spectacle offert hier par Richard Desjardins et ses acolytes, dont le guitariste Alexandre Éthier, s'est avéré être un bel hybride entre la musique, la conférence et la poésie.

Le Soleil, Pascal Ratthé

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(Québec) «Rien n'est plus vivant qu'un souvenir», a rappelé Richard Desjardins, citant les mots de Federico Garcia Lorca. Le violoniste Alexandre Da Costa et le guitariste Alexandre Éthier à ses côtés, le chanteur-narrateur s'est justement efforcé de faire revivre le poète espagnol dans une proposition artistique hybride : à mi-chemin entre le concert, la conférence et le récital de poésie, Soleil d'Espagne - Vies et poésie de Lorca a réussi vendredi à instruire autant qu'à faire vibrer... et rire!

Le spectacle offert vendredi au Palais Montcalm, ou du moins quelque chose qui aurait pu lui ressembler, aurait dû être présenté chez nous il y a 78 ans, alors qu'une délégation parlementaire espagnole était attendue à Montréal pour «sonner l'alarme» sur la guerre civile qui menaçait le pays. Les autorités religieuses et politiques du Québec ont empêché leur venue, a expliqué Desjardins. À cet égard, Soleil d'Espagne fait en quelque sorte office de revanche historique, mais surtout artistique, en faisant la part belle à la poésie de Lorca et à la musique classique puisée dans le terroir espagnol, mise en relief avec brio par Da Costa et Éthier.

Après un préambule résumant l'histoire de l'Espagne, Desjardins a plongé dans celle de Lorca. Et c'est là que le «s» ajouté au mot vie dans le titre prend tout son sens : enfant déjà sensible aux inégalités sociales, étudiant qui côtoiera Buñuel et Dalí, artiste fasciné par les gitans et la culture andalouse... Des vies qui nous mènent à son destin tragique, alors qu'il tombera sous les balles des franquistes en 1936.

La poésie plus forte que la chanson

Imaginée par le violoniste Alexandre Da Costa - qui a passé la majeure partie de sa vie adulte en Espagne -, la proposition devait à l'origine être basée sur les chansons de Federico Garcia Lorca. C'était avant que Richard Desjardins n'y plonge le nez. On a bien eu droit à une chanson, mais c'était pour mieux l'entendre critiquée ensuite. «C'est bon, mais pas puissant», a tranché le narrateur de la soirée, visiblement plus impressionné par la poésie de l'Espagnol. Il a su bien mettre en valeur les extraits choisis, servant souvent les vers dans leur version originale avant de les traduire en français, afin que le public puisse en apprécier la musicalité.

Entre la guitare subtilement omniprésente d'Alexandre Éthier, l'archet sensible et fougueux d'Alexandre Da Costa et le verbe incarné et incisif de Richard Desjardins, on aurait difficilement pu trouver trio mieux équilibré pour mettre en contexte l'oeuvre toujours pertinente de Federico Garcia Lorca.

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