La fréquentation de spectacles en baisse à Québec

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Les places disponibles pour des spectacles payants ont augmenté de 3 % (hausse de 39 536) entre 2009 et 2013, mais les spectateurs, eux, ont baissé de 5 %, soit 46 400 acheteurs de billets de moins en quatre ans, peut-on lire dans l'étude signée par Gaétan Hardy.

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(Québec) Le nombre de billets de spectacles mis en vente à Québec augmente depuis cinq ans, mais le nombre de personnes qui les achètent est en baisse, confirme une nouvelle étude du Conseil de la culture. «Le buzz sur la culture, je sens qu'on l'a perdu. Je sens qu'on a perdu notre élan, faut le relancer», a reconnu le maire de Québec, Régis Labeaume, lundi.

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La conseillère municipale responsable de la culture à Québec, Julie Lemieux, la ministre de la Culture Hélène David et le maire Régis Labeaume participaient au colloque Vision culture 2025, lundi.

Le Soleil, Pascal Ratthé

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Le président du groupe Sport et divertissement de Québecor, Benoît Robert, a prononcé une allocution au colloque Vision Culture 2025, lundi, au Centre des congrès de Québec.

Le Soleil, Pascal Ratthé

Cette étude, remise aux journalistes au premier jour du sommet Vision Culture 2025, n'a rien de réjouissant pour les responsables de salles de spectacles qui voient arriver l'amphithéâtre et ses dizaines de milliers de billets de plus sur le marché.

Or, Québecor et l'administration Labeaume ont tenu lundi à rassurer les organismes culturels. Ils se sont engagés lors d'une rencontre à huis clos en fin de journée à ce que l'amphithéâtre contribue à la vitalité de toute la région. Le géant des télécommunications mise notamment sur sa vaste machine promotionnelle (voir autre texte).

«La question, c'est de voir comment on peut donner un nouvel élan», a dit M. Labeaume accompagné du président du groupe Sport et divertissement de Québecor, Benoît Robert.

Reste que les chiffres sont éloquents : les places disponibles pour des spectacles payants ont augmenté de 3 % (hausse de 39 536) entre 2009 et 2013, mais les spectateurs, eux, ont baissé de 5 %, soit 46 400 acheteurs de billets de moins en quatre ans, peut-on lire dans l'étude signée par Gaétan Hardy.

Le taux d'occupation des spectacles professionnels payants est passé de 69,1 % à 64,0 % entre 2009 et 2013. La chute de la vente de billets est encore plus marquée pendant l'été, de 63,4 % à 57,7 %.

Dans ce contexte, les membres de la table de diffusion du Conseil de la culture s'inquiètent notamment de la «saturation» et de la «fracturation» du marché de la diffusion des arts de la scène que pourrait créer l'arrivée de ce nouveau joueur.

Échanges avec Québecor

À la lumière de cette étude, le Conseil de la culture a demandé la création d'un «mécanisme d'échange régulier» entre sa table de diffusion, la Ville de Québec et le gestionnaire de l'amphithéâtre, Québecor.

L'objectif : en savoir plus sur les intentions du géant et éviter le cannibalisme.

La proposition a été formulée lors de la rencontre qui s'est tenue en l'absence des journalistes à la demande des organismes souhaitant parler «plus ouvertement».

L'idée d'une «plateforme de discussion et de concertation» a été spontanément acceptée par Québecor lors de la rencontre à huis clos, a relaté le président du Conseil de la culture, Marc Gourdeau. «Je pense que cela a rassuré passablement les gens autour de la table», a-t-il dit.

Alors qu'il admettait dans Le Soleil de vendredi craindre l'effet de l'arrivée de l'amphithéâtre, le président et directeur général du Grand Théâtre, Marcel Dallaire, a qualifié la rencontre de «très positive».

«Ils ne sont pas là en conquérants, si on peut prendre l'expression», a-t-il commenté à l'issue de la rencontre avec Benoît Robert. «On a pu aussi s'ajuster sur le vocabulaire. On ne parle pas de peur ou de crainte de la part du milieu de la diffusion, on parle plutôt de préoccupations qui sont justes et d'un questionnement qui est pertinent, et ça, ils le reconnaissent.»

La directrice du théâtre jeunesse Les Gros Becs, Louise Allaire, a pour sa part souligné qu'une «belle ambiance» régnait lors de la rencontre. «Je pense qu'une des caractéristiques de la Ville de Québec, c'est que les gens travaillent beaucoup ensemble», a-t-elle poursuivi, satisfaite que la communication entre Québecor et les diffuseurs soit officiellement établie en ce sens.

Le sommet Vision Culture 2025 réunit artistes, élus, promoteurs et diffuseurs. Il se poursuit aujourd'hui au Centre des congrès de Québec sur le thème du financement public et privé de la culture. Les conclusions du sommet contribueront à la mise à jour de la Politique culturelle de la Ville de Québec, qui date de 2005.

Faits saillants sur la fréquentation des spectacles entre 2009 et 2013

  • Hausse de 3 % des billets disponibles (+39 536)
  • Augmentation de 2,4 % du nombre de billets en saison régulière
  • Hausse de 5,7 % des billets offerts en saison estivale
  • Diminution de 5 % des spectateurs payants. 46 400 spectateurs payants de moins au fil des ans.
  • Baisse de près de 6 % des spectateurs en saison régulière. 40 000 spectateurs de moins.
  • Diminution de près de 4 % des spectateurs payants en saison estivale (-6360)

Source: Les spectacles professionnels en saison régulière et estivale en 2013 : Régions de la Capitale et de la Chaudière-Appalaches (septembre 2014)

Principales questions que se pose la table de diffusion du Conseil de la culture avec l'arrivée de l'amphithéâtre en septembre 2015

  • Y aura-t-il une saturation et une fracturation du marché de la diffusion des arts de la scène?
  • Est-ce que les programmations qui ne seront pas soutenues par une grosse machine publicitaire deviendront difficiles à vendre?
  • Dans un écosystème régional déjà fragile, est-ce que les mises en vente massive de billets de spectacles exceptionnels vont perturber la vente des billets en saison régulière des diffuseurs en salle?
  • Les commanditaires vont-ils retirer ou diminuer leur apport à certains diffuseurs afin d'investir leur budget en commandite rapportant une visibilité plus grande? Cette situation se traduirait par une baisse du dollar-commandite et par conséquent une baisse de revenus pour plusieurs, dans un milieu où les sièges sociaux ne sont pas abondants et où la recherche de commandites représente déjà un grand défi.
  • La nouvelle offre exceptionnelle de spectacles va-t-elle accaparer la plus grande part de la couverture médiatique?
  • Les programmations des nouveaux joueurs auront-elles un impact déterminant sur l'écologie du milieu en prenant une grande part du marché, donc du dollar-spectacle et du dollar-commandite?
  • Y aura-t-il une baisse de la diversité des genres de spectacles offerts?

Échos du sommet

Des sommets comme celui qui se tient en ce moment amènent leur lot de sujets de discussion. Voici, en bref, quelques préoccupations et idées abordées par les artisans du domaine culturel.

Une «shop» : C'est le terme utilisé par Bruno Bouchard, de l'Orchestre d'Hommes-Orchestres, pour désigner ce qui manque, selon plusieurs acteurs du milieu culturel : des grands espaces vides, des boîtes noires, où il est possible de s'installer sur une plus longue période pour créer. 

Souplesse : Les productions artistiques, de plus en plus interdisciplinaires, demandent plus de souplesse, notamment dans les «cases» de demandes de subventions. La règle qui veut que la Ville ne puisse financer un projet qui n'a pas été entériné par un autre organisme subventionnaire pose aussi problème.  

Artistes intermédiaires : Des programmes comme Première Ovation font des merveilles pour aider la relève, mais des artistes dits intermédiaires, qui ont plus de 15 ans de carrière, sont souvent laissés pour compte dans le financement des arts. 

Numérique : Les artisans du monde culturel ont soif de formation sur les aspects numériques de la création et de la diffusion. Une plate-forme d'échange pour décloisonner les relations entre les organismes a été suggérée.

Laissez-passer muséal : L'idée a été lancée lundi d'offrir un passeport pour accéder à l'ensemble des musées de la région de Québec, comme cela se fait déjà dans plusieurs grandes villes du monde.

Guide culturel : Comme le guide des loisirs, il pourrait y avoir une guide de l'offre culturelle à Québec distribué à tous les citoyens, assorti d'une offre de multiabonnements. 

Éducation : Le développement de public passe beaucoup par les jeunes, à qui il faut inculquer l'amour de la culture comme celui du sport ou de l'écologie, que ce soit à l'école et en famille. Pour les adultes, il faut favoriser l'assiduité en améliorant l'expérience. 

Ressourcerie : Le Conseil de la culture planche sur un projet de «ressourcerie» qui permettrait aux différents organismes culturels de partager leurs équipements.

Tourisme culturel : Une avenue à privilégier pour développer des publics. La ministre de la Culture, Hélène David, a dit miser sur les nouveaux outils numériques annoncés lundi pour promouvoir des séjours culturels à Québec.

Le financement municipal assuré

La Ville de Québec s'engage à ne pas abaisser le financement en culture dans la capitale. Mais le maire Régis Labeaume avertit toutefois que le municipal ne pourra combler les éventuelles coupes des gouvernements. Cette annonce a réjoui les principaux intéressés.

«C'est vrai que la culture, ça rapporte des sous et c'est le fun de voir quelqu'un qui se tient debout et qui le dit. Je suis bien fière de ça et que les budgets soient reconduits, c'est formidable de tenir ce flambeau, c'est vital», a commenté la dramaturge et directrice artistique du théâtre du Trident, Anne-Marie Olivier.

Jacques Leblanc, directeur artistique de la Bordée, abonde. «On est beaucoup appuyés par la Ville de Québec, à la mesure de l'argent qu'elle peut donner. Les fonctionnaires de la Ville connaissent ce dont nous parlons et ils aiment l'art. La directrice du Service de la culture, Rhonda Rioux, appuie toutes les formes d'art. Elle est très ouverte», a-t-il témoigné.

Amphithéâtre: un «plan de match» pour l'inauguration

Les artistes de Québec ne seront pas oubliés pour les célébrations d'ouverture de l'amphithéâtre, en septembre 2015, promet la conseillère Julie Lemieux.

«Pour l'inauguration de l'amphithéâtre, on travaille sur un plan de match. Et ce qu'on veut, c'est vraiment que nos organismes culturels et nos artistes de Québec soient aussi impliqués dans ces activités», a indiqué l'élue responsable de la culture à la Ville de Québec. «On veut leur donner une vitrine dans l'amphithéâtre dès le départ.»

Le maire de Québec, Régis Labeaume, a pour sa part indiqué que lors de la rencontre à huis clos entre les organismes et les dirigeants de Québecor, certaines personnes ont plaidé pour qu'une bonne place soit consacrée à la musique francophone dans l'amphithéâtre.

«Pour ça, l'historique de Québecor est assez crédible. Ils ont répété à tout le monde que c'était aussi une priorité», a dit M. Labeaume.

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