L'OSQ et Gilles Vonsattel: le feu viennois

Le pianiste Gilles Vonsattel...

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Le pianiste Gilles Vonsattel

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(Québec) Leur chef, son orchestre. Entre les mains de Fabien Gabel, l'Orchestre symphonique de Québec retrouve son unité, sa cohésion, son équilibre. Ça n'a rien de magique. Le concert de mercredi soir s'est déroulé dans une atmosphère vraiment propice au dépassement. Dans la baguette, on sentait réellement de la stimulation, comme une mise au défi.

Déjà, le Palais Montcalm offre des conditions optimales. La salle, en effet, répond directement au soin porté à l'exécution. Le chef en a profité pour inscrire au programme la Symphonie op. 21 d'Anton Webern, une page importante du XXe siècle, jamais entendue à l'OSQ. D'ailleurs, en prenant le micro pour présenter l'oeuvre, Fabien Gabel a rappelé que l'orchestre n'avait encore jamais joué la musique de ce compositeur viennois mort il y a tout de même 87 ans. Il était temps!

Raoul-Jobin était un choix d'autant plus judicieux pour briser la glace. Dans cette acoustique, on pouvait savourer les plus infimes détails, la variété des nuances et des timbres, le «plic-plac» de la harpe, le ronron de la clarinette basse, et se laisser emporter par ce lyrisme pur, c'est-à-dire dégagé de toute référence extramusicale. Les altos ont joué avec beaucoup d'assurance. Compter des mesures, eux, ça ne leur fait pas peur, ils ont l'habitude.

L'accueil a été positif si on fait exception de mon voisin d'en arrière. Si je me fie à l'impatience qu'il a manifestée tout au cours de l'exécution, l'expérience ne l'a pas convaincu. Le retour à la tonalité, dans le Concerto pour piano en mi bémol de Mozart, l'a instantanément calmé. Il faut dire qu'avec Gilles Vonsattel, on a eu droit à une interprétation intelligente, détendue, jamais forcée, brillante et généreuse. Bref, superbe.

L'équilibre entre le piano et l'orchestre est idéal. Bonne idée d'avoir réduit l'effectif dans les basses. Compréhension totale entre le chef et le soliste. Beaucoup de contraste dans les nuances, de pp à ff. La profondeur est étonnante. L'orchestre s'est vraiment bien préparé. L'héroïsme des cors a fait la différence au deuxième mouvement.

Le Presto final dégageait une énergie bienfaisante, comme une explosion de joie. On suivait ça sur le bout de sa chaise.

Pour couronner le tout, la 5e de Schubert. Fabien Gabel lance le premier mouvement délicatement, avec l'attitude d'un conquérant. Ça roule. Déjà, la reprise est un brin plus affirmée. Tout s'enchaîne rondement jusqu'à l'Allegro final, dont la puissance et le volume ont quelque chose de magmatique.

Orchestre symphonique de Québec. Direction: Fabien Gabel, chef d'orchestre. Soliste: Gilles Vonsattel, pianiste. Webern: Symphonie op. 21. Mozart: Concerto no 9 en mi bémol majeur, «Jeune homme». Schubert: Symphonie no 5 en si bémol majeur. Mercredi soir à la salle Raoul-Jobin.

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