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Vaticanum, de J.R. dos Santos: dans la poudrière du Vatican

L'écrivain J.R. dos Santos... (Le Soleil, Jean-Marie Villeneuve)

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L'écrivain J.R. dos Santos

Le Soleil, Jean-Marie Villeneuve

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<p>Isabelle Houde</p>

(Québec) Samedi prochain, le 13 mai, le pape François sera à Fatima, au Portugal, pour y célébrer le centenaire de l'apparition de la Vierge à trois jeunes bergers, dont deux seront canonisés sous peu. La Vierge aurait prophétisé à ces jeunes la fin de la Seconde Guerre mondiale et... la mort d'un pape.

Tout comme Pie X l'a fait en 1909, et Saint-Malachie, au XIIe siècle, qui aurait dressé la liste de tous les papes passés et futurs, liste qui s'arrête au présent souverain pontife. Et s'il était le dernier?

La formule accrocheuse apparaît sur le quatrième de couverture de Vaticanum, le dernier livre de J.R. dos Santos (La formule de Dieu). Elle n'est pas sans évoquer les enquêtes mystico-symboliques à la Dan Brown. Et c'est justement pour ne pas leur ressembler que l'écrivain portugais s'était promis de ne jamais situer l'action d'un de ses romans au Vatican. 

Comme il ne faut jamais dire jamais... En regardant à la télé l'inauguration du pontificat du nouveau pape François, le faste et la somptuosité de la cérémonie, la foule énorme rassemblée place Saint-Pierre de Rome, l'auteur est revenu sur sa décision. 

«J'ai pensé : bon, derrière cette somptuosité, il doit y avoir beaucoup de saleté. Alors, pourquoi ne pas toucher au sujet de la corruption? J'ai commencé mes recherches et j'ai découvert un tas de choses étonnantes», raconte dos Santos, de passage au Québec la semaine dernière pour une tournée de promotion. 

Le point de départ de son roman est donc la troublante concordance de trois prophéties annonçant la mort du pape. Voilà pour le mystique. Mais dans le réel, il y a aussi les réformes entreprises par le nouveau pape qui dérangent au sein de la curie, et l'État islamique qui menace d'attenter à la vie du chef de l'Église catholique. Une situation potentiellement explosive, à laquelle sera mêlé Tomas Noronha, le personnage d'historien cryptologue de dos Santos, parti au Vatican pour chercher les ossements de Saint-Pierre. 

«J'ai publié ce bouquin en portugais en octobre. Et la semaine où je publiais le roman, le magazine de Daech publiait que le pape était l'ennemi numéro 1. Pas les États-Unis, le pape!», raconte l'écrivain dans un excellent français, mâtiné d'un doux accent. «Ça nous montre qu'il est une cible. Si vous allez à Rome aujourd'hui, autour du Vatican, il y a des carabiniers, des blindés, il y a des policiers partout.»

Ce n'est pas pour rien que la récente visite du pape en Égypte a été placée sous très haute surveillance, note dos Santos. Si la menace est réelle, son intrigue, elle, reste fictive, insiste cependant l'auteur, aussi journaliste présentateur du bulletin de 20h à la télé publique portugaise. «Le roman est une histoire fictionnelle, mais l'information historique et financière est avérée», poursuit-il. «Et je pense que les lecteurs aiment ça, ce double jeu entre fiction et non-fiction, même s'il est très clair ce qui est de la fiction et ce qui ne l'est pas.»

Étonnant, donc, d'apprendre à quel point le Vatican est embourbé profondément dans la corruption et la mafia. J.R. dos Santos lui-même a été renversé d'apprendre l'implication de Jean-Paul II dans de nombreuses magouilles. «Tout le monde se souvient de Jean-Paul II. C'était un mec vraiment mignon! Alors on n'imagine pas qu'un mec ainsi pourra être si enfoncé dans toute cette corruption qui existait au Vatican», raconte-t-il. Et pourtant... «Finalement, la réalité est si étonnante qu'il ne faut pas inventer!»

Mais alors, pourquoi utiliser la fiction quand on est un brillant journaliste reconnu qui possède une tribune? «J'ai trouvé, quand j'ai commencé à écrire de la fiction, qu'on peut arriver d'une façon plus efficace à la vérité avec la fiction qu'avec un discours non fictionnel comme le discours journalistique par exemple», expose-t-il. 

Cette vérité, elle est au coeur de son oeuvre. Sa marque de commerce, c'est ce style qui mêle thriller et documentaire. «C'est vrai qu'il y a beaucoup d'informations. Mais si vous ne voulez pas apprendre des choses, ne lisez pas mes bouquins. Je dis souvent que ce ne sont pas des passe-temps, ce sont des gagne temps», image J.R. dos Santos en riant. «Je pense que je suis le seul auteur qui écrit ce genre de roman. Dans un certain sens, ce sont des essais romancés. Et c'est intéressant parce que des libraires portugais me disent que ce sont les seuls livres qui vendent aussi bien à la fête des Mères et la fête des Pères!»

***

Le futur de l'Europe en jeu

Dans Vaticanum, J.R. dos Santos aborde un scénario qui donne froid dans le dos, où l'enlèvement du pape déclenche une spirale dangereuse de violence sur la planète. Bien au fait de l'actualité de sa carrière parallèle de journaliste, l'écrivain a bien voulu se prononcer plus tôt cette semaine sur le sujet de l'élection française. 

Au Portugal comme partout en Europe, les yeux seront rivés aujourd'hui sur le duel final entre Marine Le Pen et Emmanuel Macron, assure dos Santos. «Ah mais bien sûr! Le futur de l'Europe est là! Si la France sort de l'Union européenne, c'est la fin», a-t-il dit à propos des velléités anti-Europe de Le Pen. «L'union européenne, c'est la France et l'Allemagne. L'Italie, l'Espagne, le Portugal, la Grèce peuvent sortir de l'Union européenne, mais pas ces deux pays, parce qu'ils en sont le coeur. L'Union européenne est née pour qu'il n'y ait plus de guerre entre l'Allemagne et la France. Et ça a marché! Je dis souvent que l'Union européenne est une histoire de succès, tandis que l'euro, c'est une histoire d'échec. Les gens confondent les deux choses», argüe le journaliste. «L'euro va emporter l'Europe dans sa chute. Je suis sûr qu'il va tomber tôt ou tard.»

Quant à savoir si la candidate du Front national a de réelles chances de l'emporter, l'écrivain se fait prudent. «On était sûr que le Brexit n'allait pas gagner, Trump non plus. À ce moment-là, je vous dis, probablement qu'elle ne va pas gagner maintenant, mais dans cinq ans, parce que l'euro sera là encore. Et les problèmes seront toujours là», émet-il, en référence au chômage et à la dette en France. «Et les gens en général, dans une situation de catastrophe, vont par de mauvais chemins. Mussolini disait que révolution et guerre sont toujours des mots qui vont ensemble. Ou la guerre amène la révolution ou la révolution amène à la guerre», conclut-il.




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