Marie Laberge: le cadeau des lecteurs

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<p>Isabelle Houde</p>

(Québec) Le rendez-vous avec Marie Laberge était donné devant son kiosque, aux éditions Québec Amérique.

Aussitôt arrivée, aussitôt la voilà accostée par des lecteurs avides de la rencontrer... Même si elle n'était pas en séance de signature! Auteure chouchou dans les salons du livre de la province (et même en Europe), Marie Laberge aime ses lecteurs, qui le lui rendent bien. «C'est une bénédiction. Il y a des gens qui reviennent à chaque année. C'est assez touchant tout ça. Ça fait un fil à travers toutes ces années de salon du livre», a lancé l'écrivaine, qui cumule plus de 40 ans de carrière, d'abord comme comédienne et dramaturge, puis comme romancière. Le Soleil l'a rencontrée samedi, alors que la foule était dense et l'ambiance «fébrile».

Q Est-ce que le Salon international du livre de Québec a une saveur particulière pour vous, comme vous êtes originaire de la ville et y avez vécu longtemps?

R Il y a une saveur particulière, mais surtout une envie particulière d'y être. C'est un salon que j'aime. Pas seulement parce que c'est le premier salon du livre auquel je suis allée, mais parce que je le trouve bien fait, je le trouve à échelle humaine. Je trouve aussi que les animations fonctionnent. La table ronde que j'ai faite tout à l'heure avec les deux grandes vedettes que sont Grégoire Delacourt et Amélie Nothomb a été extraordinaire, parce que chacun a pris une place qui était la sienne, et j'ai senti une telle écoute de la part des deux autres. J'ai rarement vu une ambiance comme ça, où on avait envie d'offrir au public quelque chose. Je n'ai pas vu ça souvent dans ma vie.

Q Vous avez une longue et prolifique carrière, qui a commencé dans la dramaturgie. Avez-vous parfois envie de retourner au théâtre, ou si cette page est tournée?

R Je ne sais pas si c'est une page tournée. J'ai une formation d'actrice, j'ai écrit et j'ai monté du théâtre. Mais ça fait depuis 1992 que je n'ai pas joué, ce qui veut dire 25 ans. Je ne voudrais pas goûter au trac si je me remettais à jouer! (rires) Mais je ne peux pas dire que ça me manque, pour la simple raison que communiquer avec des gens dans les salons, ça en est une, une communication, c'est un jeu avec l'auditoire. Je pense que ce qui me ramènerait au théâtre, ce serait des sujets que je ne peux traiter autrement qu'en théâtralité. Ça se peut. J'en ai un sujet que je suis incapable de ranger, qui se bat un peu en moi, mais je ne suis pas certaine d'en avoir envie.

Q L'automne dernier, vous avez réédité vos 10 premiers romans en format poche. Pourquoi cette démarche?

R Puisque j'ai quitté Boréal [pour Québec Amérique, NDLR], certains devenaient difficiles à trouver. Et je trouvais belle l'idée de faire de vrais livres de poche. Je les aime parce qu'ils se lisent bien, ils se tiennent bien, les marges sont assez respectueuses. Souvent, avec le livre de poche, c'est tellement écrit petit qu'on a l'impression d'une économie un peu plate. Et ce fut un plaisir de refaire toutes les couvertures, avec des photos prises par moi et ma soeur.

Q Vous avez longtemps loué la même maison pour écrire, mais vous avez dû la quitter il y a quelques années. Avez-vous trouvé sa remplaçante?

R Je loue toujours une maison en Nouvelle-Angleterre, devant la mer. La maison que j'avais louée pendant toutes ces années était mangée par la mer. On ne peut plus rester dedans. J'ai été obligée de changer mes habitudes, et je n'ai pas trouvé la bonne du premier coup. Cette année, je pense que je l'ai trouvée. Elle était parfaite. Vraiment une bonne maison. Elle est bien isolée, parfaitement située, j'ai la paix...

Q Justement, que pouvez-vous nous dire sur votre prochain roman, qui succédera à Ceux qui restent, paru en 2015?

R Ah! Rien du tout! Je peux vous dire que j'essaie de le sortir en octobre de cette année. Je ne peux pas en dire plus, j'aurais l'impression de vendre la peau de l'ours avant de l'avoir tué, comme ils disent! (rires)

Marie Laberge sera présente au Salon du livre dimanche de 12h à 14h au kiosque 81.

Toujours à recommencer

Si elle était encore ravie de sa participation à une table ronde avec Grégoire Delacourt et Amélie Nothomb sur l'amour dans la littérature, Marie Laberge se préparait déjà à une autre rencontre avec les mêmes auteurs, lors du passage du Soleil.

Le thème, cette fois: Est-ce qu'on s'habitue à ce que nos livres soient des best-sellers? Chose certaine, pour Marie Laberge, on ne peut jamais s'asseoir sur ses lauriers. «Je dirais qu'avoir un best-seller dans la vie d'un écrivain, c'est un cadeau énorme. C'est comme si le lecteur se penchait vers nous et disait "Continue, ça m'intéresse". Et on ne peut pas être certain qu'on va les intéresser à nouveau. On est en première année à chaque livre! Et c'est de pire en pire», raconte l'écrivaine de la trilogie Le goût du bonheur (Gabrielle, Adélaïde, Florent), qui a aussi donné dans le polar et le genre épistolaire à travers les années. «On est limité à soi quand on écrit. Je ne peux pas vraiment varier qui je suis. Donc je me dis que les lecteurs vont peut-être trouver que c'est redondant... Alors on essaie toujours à travers notre travail d'écrivain de bousculer nos habitudes et d'ouvrir le jeu pour que ce soit de plus en plus intéressant, ou de plus en plus signifiant», conclut-elle, en assurant mesure sa chance d'avoir trouvé un public pour ses écrits.




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