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Le livre de la semaine: Harry Potter et l'enfant maudit

JACK THORNE, Harry Potter et l'enfant maudit (GALLIARD) (Infographie Le Soleil)

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JACK THORNE, Harry Potter et l'enfant maudit (GALLIARD)

L'histoire: Harry Potter et l'enfant maudit reprend exactement où Harry Potter et les reliques de la mort se termine; à la gare King's Cross de Londres. Plus âgé et marié à Ginny Weasley, Harry Potter est maintenant père de trois enfants, dont un s'apprête à entrer à l'école de sorcellerie Poudlard. Difficile toutefois pour le jeune Albus Severus Potter de porter des noms si célèbres.

L'auteur: J.K. Rowling a participé à l'idéation de la pièce, mais c'est à Jack Thorne qu'on doit le texte de Harry Potter et l'enfant maudit. Le Britannique est derrière de nombreuses adaptations, dont Let the Right One In au théâtre, et The Fades au petit écran. Il travaille présentement à adapter la populaire trilogie fantastique À la croisée des mondes, de Philip Pullman, pour la télé. 

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Diluer quelque peu la magie

CRITIQUE / Rares sont ceux qui n'ont jamais entendu parler de Harry Potter, le célèbre sorcier de J.K. Rowling. Les sept livres et huit films consacrés au jeune magicien ont remporté un succès monstre, devenant une des franchises les plus payantes de l'histoire de la littérature et du cinéma. J.K. Rowling est après tout la première auteure à devenir milliardaire. 

Les attentes envers Harry Potter et l'enfant maudit sont donc immenses, orientant inévitablement le texte de cette pièce de théâtre. Celui-ci semble avoir été écrit pour plaire et faire consensus, ce qui rend cette nouvelle aventure un peu tiède. 

Les lecteurs assidus se retrouveront assurément en terrain connu. Pour le moins agréable dans les premières scènes, le retour dans ces lieux communs engendre un certain manque d'originalité à mesure que le récit se déploie. L'influence sur le temps et l'avenir est centrale dans ce nouveau Harry Potter, mais ces thématiques ont été abondamment exploitées - et certaines fois avec plus de fi-nesse - ces trois dernières décennies en littérature et au cinéma.

Renouer avec Harry, Ron, Hermione ou encore Drago est certes réconfortant, mais le format de la pièce de théâtre permet plutôt mal l'introspection des personnages. Les relations entre Harry Potter devenu père et son fils Albus sont toutefois très intéressantes. Le jeune orphelin qui a jadis sauvé le monde peine à comprendre son adolescent, ce qui s'avère lourd de conséquences.

Alors que tous les jeunes héros de la saga originale sont adultes et ont des emplois respectables, à l'exception peut-être de Ron, Albus et son meilleur ami Scorpius Malefoy sont entraînés dans un tourbillon de mauvaises aventures. Même si Voldemort a été vaincu plusieurs années auparavant, les forces du mal ne sont peut-être pas anéanties. Comme toujours, l'action et les revirements de situation tiennent en haleine le lecteur du début à la fin, même si la magie de la sage originale se voit quelque peu diluée dans ce nouveau Potter.   Gabriel Delisle, Le Nouvelliste ***

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Réveiller la nostalgie

CRITIQUE / Je suis de la génération dont l'adolescence a été marquée par la saga des Harry Potter. J'ai littéralement vieilli en même temps que le sorcier à la cicatrice en éclair et ses deux acolytes, Ron et Hermione.

C'est avec un peu d'appréhension que je me suis lancée dans cette nouvelle aventure de la série se passant 19 ans après la septième (épique) année de Harry Potter à Poudlard. D'abord parce que le court épilogue du dernier tome m'avait paru un brin «quétaine», du type «ils vécurent heureux et eurent beaucoup d'enfants», mais aussi parce que j'avais oublié beaucoup de détails de l'histoire. J'avais peur d'être larguée. 

J'avais tout faux : sans mauvais jeux de mots, la magie a rapidement opéré. Oui, il m'a fallu me faire une nouvelle image de mes héros devenus adultes. Le temps de m'acclimater à la lecture de la forme théâtrale et à la traduction un peu franchouillarde, j'étais déjà accrochée à cet univers fantastique où les problèmes ordinaires (l'adolescence et ses misères, les relations familiales, l'apprentissage de la confiance en soi) sont magnifiés par la présence de la magie. 

Or, un constat s'impose : c'est forcément beaucoup moins riche que les romans - on s'ennuie de la plume de Rowling et des passages plus narratifs. On est essentiellement dans l'action et l'oeuvre souffre un peu de son format. Comme l'histoire ne peut pas s'étirer éternellement, on se retrouve avec une vision manichéenne un peu trop facile et un certain abus de bons sentiments qui étaient mieux distillés et enrobés dans l'oeuvre romanesque de Rowling. 

Qu'importe, on aurait donné presque n'importe quoi pour se plonger à nouveau dans l'univers de Harry Potter, et on serait fou de bouder son plaisir, parce qu'il est bien là, intact, tout juste prêt à être réveillé d'un coup de lumosIsabelle Houde, Le Soleil ***

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Extrait: la première page

La gare de King's Cross, à Londres

La gare est bondée et plongée dans une grande agitation. L'endroit déborde d'une foule de gens qui essayent tous d'aller quelque part. Au milieu de ce tohu-bohu, bouillonnant et tourbillonnant, deux grandes cages bringuebalent sur des chariots surchargés de bagages, poussés par deux jeunes garçons: James Potter et Albus Potter. Ils sont suivis de Ginny, leur mère. Un homme de trente-sept ans, Harry, porte sa fille, Lily, sur ses épaules.

Albus : Papa! Il n'arrête pas de me répéter tout le temps la même chose.

Harry : James, arrête un peu.

James : J'ai simplement dit qu'il allait peut-être se retrouver à Serpentard. Et c'est bien possible, alors... (sous le regard noir de son père) bon, d'accord.

Albus (il lève les yeux vers sa mère) : Vous m'écrirez, hein?

Ginny : Tous les jours, si tu veux.

Lily : Il suffit d'avancer droit vers le mur entre la voie 9 et la voie 10. J'ai tellement envie de voir ça!

Albus : Non. Pas tous les jours. James dit que la plupart des élèves ne reçoivent des lettres de chez eux qu'une fois par mois. Je ne voudrais pas que...

Harry : Nous avons écrit à ton frère trois fois par semaine, l'année dernière.

Albus : Quoi? James!

Albus lance à James un regard accusateur.

Ginny : Eh oui. Il ne faut pas croire tout ce qu'il te raconte sur Poudlard. Il aime bien se moquer de toi, ton frère.

James (il sourit) : On pourrait peut-être y aller, maintenant, s'il vous plaît?

Albus regarde son père, puis sa mère Ginny.

Harry : Ne t'arrête pas et n'aie pas peur de t'écraser contre le mur, c'est très important. Le mieux, si tu as le trac, c'est de courir.

Albus : Je suis prêt.

Harry et Lily posent leurs mains sur le chariot d'Albus - Ginny se joint à James pour l'aider à pousser le sien - et toute la famille se met alors à courir droit vers la barrière.

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À venir

  • 12 novembre: Imbolo Mbue, Voici venir les rêveurs (Belfond)
  • 19 novembre: Louis Hamelin, Autour d'Éva (Boréal)
  • 26 novembre: Marie-Hélène Poitras et Léa Clermont-Dion, Les superbes (VLB)

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