Du cimetière à la bibliothèque

Patric Saucier a fait la mise en scène... (Le Soleil, Jean-Marie Villeneuve)

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Patric Saucier a fait la mise en scène du parcours déambulatoire Nuit au cimetière et fera une mise en lecture d'extraits et de textes choisis parmi le recueil de nouvelles Crimes à la bibliothèque.

Le Soleil, Jean-Marie Villeneuve

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<p>Isabelle Houde</p>

(Québec) Passer une nuit au cimetière, ça vous dit? Si on ajoute que vous ne serez pas seuls, qu'il s'agit plutôt d'une petite heure, et qu'on vous racontera des histoires, c'est déjà plus tentant? Rendez-vous au cimetière Saint-Matthews, le 30 septembre, pour un spectacle hors de l'ordinaire préparé par Québec en toutes lettres.

«Les gens ne sortiront pas de là en étant effrayés», lance en souriant Patric Saucier, à qui on a confié la mise en scène de ce parcours déambulatoire. Les différentes nouvelles littéraires, sélectionnées par Les libraires, ne voguent pas vraiment dans l'horreur pure, mais frayent plutôt avec une sorte «d'étrangeté», précise le dramaturge. «C'est un peu un pastiche de l'ambiance des feux de camp dans le bois, quand un oncle décide de commencer à conter des histoires un peu inquiétantes», poursuit-il. 

Les participants seront donc conduits à travers le cimetière Saint-Matthews, en plein coeur du quartier Saint-Jean-Baptiste, par un sombre personnage, qui les introduira à des conteurs. On y entendra du Michel Tremblay («dans ses jeunes années»), du Larry Tremblay, du Samuel Archibald... «Il y a un texte de H.P. Lovecraft, aussi. Un auteur que j'aime beaucoup. Je me souviens d'avoir dû finir un de ses livres avec la lumière allumée, quand j'étais jeune...», se remémore Patric Saucier. 

Le choix des textes a été confié à la coopérative des Librairies indépendantes du Québec. Patric Saucier et son équipe du Théâtre du Transport en commun ont repris les textes sans les modifier, sauf concernant le temps des verbes à une occasion. «On dirait que tous les auteurs de nouvelles écrivent au passé simple. C'est moins adapté au conte, ça crée une distance», explique-t-il. «C'est la seule permission qu'on s'est donnée.»

Ça, et une demande spéciale qu'il a adressée aux Libraires : avoir une voix féminine dans le tableau. «C'est curieusement drôle de voir que ce genre-là est très masculin dans ses personnages», partage Patric Saucier. 

Lui-même un amateur de polars - «je ne lis presque que ça» -, le grand gaillard, qu'on a vu sur scène l'an dernier à La Bordée dans La chatte sur un toit brûlant, trouve au genre quelque chose de cinématographique qui passe bien dans un format plus théâtral. «Ce qui me plaît, c'est le côté actif. Je suis moins attiré par les romans où il y a beaucoup de descriptions», ajoute-t-il, en confiant être un amateur de bandes dessinées québécoises. Il s'est lui-même commis dans le genre en écrivant un polar théâtral, Le pays brûlé, qui a été lu au Festival du jamais lu il y a deux ans et qui sera publié sous peu en Belgique. 

Autre lieu, autre ambiance

Même s'il sera toujours question de crimes et de morts suspectes, l'autre soirée à laquelle participe Patric Saucier se déroulera dans une ambiance moins glauque. Entre les rayons de la bibliothèque de la Maison de la littérature, Saucier et deux acolytes, Catherine Simard et Caroline Stephenson, feront une mise en lecture d'extraits et de textes choisis parmi le recueil de nouvelles Crimes à la bibliothèque, paru chez Druide en 2015. 

«Comparé à la Nuit au cimetière, ce sera très ludique», lance Patric Saucier. Une soirée «complètement différente», inspirée par le ton souvent ironique ou drôle adopté par plusieurs des auteurs du recueil. «C'était un exercice de style qui leur était imposé, ils se sont amusés», constate le metteur en scène. 

En gardant certains extraits plus courts et d'autres plus substantiels, Saucier a voulu créer une «modulation rythmique». «C'était un bon défi, tirer un spectacle d'une heure d'un livre de plus de 300 pages. C'est très intéressant de voir comment un art vivant comme la lecture à voix haute impose des choix qui ne sont pas nécessaires en lecture normale», raconte-t-il.

Vous voulez y aller?

Quoi : Nuit au cimetière

Quand : 30 septembre, 20h et 21h30

Où : cimetière Saint-Matthews et bibliothèque Saint-Jean-Baptiste

Coût : 15 $

***

Quoi : Crimes à la bibliothèque

Quand : 4 octobre, 20h

Où : Maison de la littérature

Coût : 15 $

Vaudou, jazz, crimes et modus operandi

Québec en toutes lettres a préparé une programmation foisonnante, où se côtoient spectacles, lectures publiques, causeries, ateliers et activités jeunesse. Voici quelques temps forts. On peut trouver l'ensemble de la programmation au www.quebecentouteslettres.com.

Stanley Péan et Gilles Archambault : à voix basse

Une production du Festival international de la littérature de Montréal, le spectacle sous-titré Les écrivains et le jazz propose une rencontre intimiste entre Gilles Archambault et Stanley Péan. Les deux auteurs entremêleront leurs conversations sur la vie, la littérature et la musique avec des extraits d'oeuvres choisies, le tout accompagné par les notes d'un quatuor de jazz. 

29 septembre, 20h, Chapelle du Musée de l'Amérique francophone, 20 $

Love Is in the Birds

Cette fois, c'est d'Ottawa et de son Théâtre du Trillium que provient ce spectacle décapant qui met en lumière des écritures d'ici et d'ailleurs inspirées de la chanson L'arbre est dans ses feuilles, à mi-chemin entre spectacle de musique et lecture publique. 

2 octobre, 15h, Maison de la littérature, 15 $

Les missions secrètes de l'agent 008

Activité d'enquête pour les jeunes de 6 à 12 ans, en rotation dans plusieurs bibliothèques de la ville de Québec durant le festival. 

Réservations obligatoires auprès des bibliothèques.

Brouillet et Michaud : modus operandi

Deux figures de proue du polar québécois, Chrystine Brouillet et Martin Michaud, livrent leurs secrets, dans un entretien entrecoupé de lectures musicales portées par la comédienne Marianne Marceau et les musiciens Frédéric Brunet et Vincent Gagnon. 

6 octobre, 20h, Chapelle du Musée de l'Amérique francophone, 20 $

OEuvres de chair

Activité récurrente et populaire de Québec en toutes lettres, OEuvres de chair revient pour une septième année, sous une aura de mystère. Le concept reste le même : un tête-à-tête éclair avec un auteur, puis un rendez-vous clandestin dans une des chambres de l'Hôtel PUR. Avec, entre autres, Jacques Côté, Jean-Jacques Pelletier, Maureen Martineau et Richard Ste-Marie. 

8 octobre, à partir de 19h, Hôtel PUR Québec, 15 $

Rencontre avec Gary Victor

Gary Victor a la cote dans son pays, Haïti, où il trempe ses polars à la sauce «vaudou». Par le fait même, il pose un regard fascinant sur sa société. 

7 octobre, 20h, Maison de la littérature. Il offrira aussi une classe de maître le 9 octobre, à 13h30,

à la Maison de la littérature. Inscription obligatoire, 30 $, gratuit pour les auteurs de 18 à 35 ans.

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