Une vedette à l'aura de mystère

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Anne Hébert

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(Québec) Si ses oeuvres ont fait école, on en connaît bien peu sur la vie qu'a menée Anne Hébert. Secrète, pudique, timide, les qualificatifs fusent quand vient le temps de décrire celle qui s'est élevée au rang de vedette de la littérature en maintenant une aura de mystère autour d'elle-même.

«Elle avait sa vie intérieure», décrit Marie-Ève Sévigny de La Promenade des écrivains, qui anime un parcours sur Anne Hébert depuis 2008. «On ne connaît rien de ses amours, on ne connait que des bribes de sa vie. On sait par exemple qu'elle était très attachée à sa famille et qu'elle avait une relation particulière avec son cousin Hector de Saint-Denys Garneau. Mais l'essentiel de sa personnalité, on le devine dans ses oeuvres. C'est aussi pour ça qu'elle maintient une certaine fascination pour le public», ajoute l'écrivaine, soulignant un contraste entre l'image projetée par Anne Hébert et le contenu de ses écrits.

«On montre souvent ses photos de jeunesse où elle a l'air d'une jeune femme lumineuse, un peu ingénue, décrit-elle. Puis elle est devenue une vieille dame digne, un peu fragile. Mais elle a écrit des scènes de meurtre, des scènes de sexe crues, des histoires d'inceste. C'est torturé! Elle est capable d'aller chercher la part d'ombre chez l'être humain. Dans son oeuvre, c'est le déchainement des passions. On peut penser que c'était une femme passionnée... mais on n'en sait rien!»

Attiser la curiosité

Depuis 10 ans, l'écrivaine et journaliste Marie-Andrée Lamontagne planche sur une biographie d'Anne Hébert. Selon elle, l'«aura de mystère» de son sujet a été soutenue par plusieurs facteurs.

«Sa personnalité, sa beauté, son côté secret, ça ne faisait qu'attiser la curiosité. Et le fait qu'elle ait habité à Paris a ajouté à son aura de mystère. Une belle femme seule à Paris et qui a du succès... Tous les éléments étaient réunis pour que les gens veuillent en connaître davantage!»

Et ce n'est semble-t-il pas Anne Hébert elle-même qui allait satisfaire cette soif de savoir. «Elle était très pudique, résume la biographe. Il faut se rapporter à l'époque. On n'est pas du tout dans le même espace mental qu'aujourd'hui. C'est évident qu'on n'attendait pas d'un écrivain qu'il raconte sa vie. Pourtant, dans des entrevues, elle en a donné, des détails sur sa vie, mais c'était toujours avec réticence.»

Au fil d'une collecte de documents et d'une soixantaine d'entretiens menés au Québec et en France, Marie-Andrée Lamontagne s'est efforcée de lever une partie du voile sur la vie privée de l'écrivaine décédée en 2000. Le résultat paraîtra aux éditions du Boréal et, si aucune date n'a encore été confirmée, on vise une publication au début 2017.

Deux Québécoises à Paris

Chrystine Brouillet a eu la chance de côtoyer... (La Presse, Marco Campanozzi) - image 3.0

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Chrystine Brouillet a eu la chance de côtoyer Anne Hébert, à quelques reprises, alors que les deux écrivaines habitaient à Paris. 

La Presse, Marco Campanozzi

Elles ont en commun des racines dans la région de Québec, une vocation littéraire, un amour pour Paris et... pour les chats! Anne Hébert et Chrystine Brouillet ont eu l'occasion de se côtoyer à quelques reprises quand elles vivaient toutes les deux dans la Ville lumière.

«Elle avait sur moi un regard qui était bienveillant, relate Chrystine Brouillet. Je pense que ce qu'elle voyait en moi, c'était elle-même quand elle avait mon âge et qu'elle s'est installée à Paris. Elle comprenait les difficultés par lesquelles je passais. Elle a toujours été très gentille et très généreuse avec moi. Heureusement, j'ai pu lui rendre quelques services à l'occasion. De petites choses qui me permettaient de lui montrer que j'appréciais l'attitude qu'elle avait envers moi.»

Christyne Brouillet ne se décrit pas comme une amie intime d'Anne Hébert. Elle raconte plutôt la chance qu'elle a eue de pouvoir rencontrer une écrivaine qu'elle admirait. «C'était ma première année à Paris, note-t-elle. Tout était formidable et difficile en même temps. Rencontrer Anne Hébert faisait partie des bonheurs que je pouvais avoir là. J'avais un appartement où il y avait plein de coquerelles, mais j'avais rencontré Anne Hébert... Il y avait un équilibre!»

De l'héritage littéraire laissé par Anne Hébert, Chrystine Brouillet retient surtout sa modernité. «Et je pense que cette modernité-là a été essentielle pour les auteurs qui ont suivi, estime-t-elle. [...] Elle était brave. Elle a abordé plusieurs styles. Elle avait une curiosité et elle avait le courage d'essayer, d'aller plus loin, d'aller contre ce qui est établi. Elle a écrit ce qu'elle avait à écrire. Il y avait une force et une sobriété dans son écriture... En même temps, elle avait des images fulgurantes, mais au point de vue du style il n'y avait pas de coquetterie chez Anne Hébert. C'est le plus difficile à atteindre quand on est auteur.»

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