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Mort du Franco-Canadien Maurice G. Dantec, auteur des Racines du mal

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L'écrivain Maurice G. Dantec était installé au Canada depuis la fin des années 90.

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Alain Jean-Robert
Agence France-Presse
Paris

Écrivain de la fin des temps aux accents apocalyptiques, voix singulière de la science-fiction francophone, Maurice G. Dantec, connu pour La sirène rouge et Les racines du mal, est mort samedi à l'âge de 57 ans, laissant une oeuvre romanesque d'un profond pessimisme.

«Maurice Dantec est mort d'une crise cardiaque samedi soir à Montréal», a indiqué à l'AFP Jérôme Dayre, directeur des éditions Inculte, qui a publié, en décembre 2014, son dernier roman, Les résidents.

«Chaleureux, généreux, amical et humain, il aura marqué la littérature française de son oeuvre unique», ont indiqué les éditions Inculte sur leur compte Facebook.

L'écrivain, installé au Canada depuis la fin des années 90, avait écrit une douzaine de romans et était considéré comme l'un des grands auteurs francophones de science-fiction. Son premier roman, La sirène rouge (1993, Gallimard), publié dans la célèbre Série noire, avait reçu le Trophée 813 du meilleur roman francophone.

Souvent considéré comme son chef-d'oeuvre, son deuxième récit, Les racines du mal (1995, Gallimard), est un mélange détonnant de thriller, de science-fiction et d'anticipation politique. 

Traduit dans une quinzaine de langues, ce livre avait obtenu en 1996 le Grand Prix de l'Imaginaire et le prix Rosny aîné, un des plus prestigieux prix littéraires pour la science-fiction.

Admirateur de Houellebecq

Longtemps catalogué à l'extrême gauche, l'écrivain qui se disait «royaliste» et «catholique», un temps proche des «identitaires», inquiet de «la décadence de l'Europe» et d'un «choc des civilisations», était fasciné par les nouvelles technologies, la lutte du Bien et du Mal.

Après les attaques du 11 septembre, il fut un des rares intellectuels français à soutenir George W. Bush dans son combat «contre le terrorisme». L'écrivain, toujours vêtu de noir et caché derrière des lunettes aux verres fumés, était d'un pessimisme profond quant à l'avenir de l'humanité. L'avenir qu'il décrivait dans ses livres était d'une violence inouïe. Ses romans reflétaient ses angoisses.

Babylon Babies (1999, Gallimard), histoire d'un mercenaire qui doit escorter de la Russie au Canada une jeune femme porteuse de jumelles génétiquement modifiées représentant un nouveau stade de l'évolution humaine, a été adapté au cinéma par Mathieu Kassovitz sous le titre Babylon A.D., avec Vin Diesel et Mélanie Thierry.

Villa Vortex (2003, Gallimard) décrit un monde asservi par la technologie. Cosmos Incorporated (2005, Albin Michel) décrit une société dominée par les machines. Dans Satellite Sisters (2012, Ring) les derniers humains libres, poursuivis par une ONU 2.0 qui domine la Terre, tentent de trouver un nouveau havre sur Mars.

Dans ses entrevues, Dantec se disait féru de Céline, Joyce ou Dostoïevski. Il ne cachait pas son admiration pour son contemporain Michel Houellebecq.

 «Les particules élémentaires furent pour moi un choc esthétique. C'est une des meilleures choses qui soit arrivée à la littérature française depuis longtemps. Houellebecq joue sur le terrain du nihilisme schopenhaurien. Moi, je joue du côté de Nietzsche. Nous nous rejoignons sur le fait que le monde est un immense générateur de souffrance», affirmait-il en 2013.

Ses derniers livres, des fresques angoissantes où on retrouvait souvent le héros de Sirène rouge, le mélancolique mercenaire Hugo Cornélius Toorop, étaient difficilement identifiables, oscillant entre romans et essais.

Fils d'un journaliste et d'une couturière, né le 13 juin 1959 à Grenoble, il avait grandi dans la «banlieue rouge» à Ivry-sur-Seine près de Paris.

Avant l'écriture, Maurice G. Dantec s'était intéressé à la musique. Chanteur dans un groupe punk, il a également travaillé dans une agence de publicité avant de fonder une société d'informatique.

D'une santé fragile, prisonnier de ses dépendances, il avait dû être hospitalisé à plusieurs reprises ces dernières années. Lors de ses dernières apparitions publiques, l'écrivain apparaissait assez affaibli.

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