Le «monstre» de rêve de Sophie

Le créateur de Gamer Tome 1 : Nouveau port... (Le Soleil, Pascal Ratthé)

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Le créateur de Gamer Tome 1 : Nouveau port a dit apprécier l'approche choisie par Sophie Gagnon.

Le Soleil, Pascal Ratthé

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(Québec) Sophie Gagnon a créé «un monstre». Son monstre de rêve. D'un projet pédagogique lancé dans sa classe de français pour éveiller les jeunes du secondaire à la lecture, sa plateforme Sophielit.ca est devenue un outil de référence pour le milieu de l'enseignement.

Le Soleil a croisé l'enseignante de 30 ans par hasard, samedi, dans le cadre du Salon international du livre de Québec. D'un pas énergique et décidé, Sophie Gagnon, originaire de Montréal et vivant aujourd'hui à Bruxelles, se dirigeait vers son bureau temporaire, caché dans les espaces administratifs du centre des congrès.

Vaste et vide, la pièce sert de studio d'enregistrement le temps du salon. Sur une table, un micro est branché à un ordinateur portable. L'installation minimaliste a vu défiler des dizaines d'auteurs jeunesse ces derniers jours. Ils y ont lu des extraits de leurs ouvrages à voix haute, s'adressant directement à leur public cible : les jeunes. Les capsules de deux à quatre minutes sont ensuite diffusées sur Sophielit.ca, page créée vous devinez par qui il y a cinq ans.

La plateforme ne servait à l'origine qu'aux élèves de Mme Gagnon à Montréal, avant son départ pour l'Europe, et se limitait à un bref résumé suivi d'une critique de chaque livre jeunesse qu'elle avait lu.

«Mon but c'était de faire en sorte que mes élèves puissent aller voir sur le site ce que j'avais lu et qu'on en parle», a expliqué Mme Gagnon. S'étant donnée pour mission «de propager le plaisir de la lecture», la prof de français a ajouté la zone d'écoute après un an et demi. «Certains jeunes sont plus auditifs. Ça permet aussi de donner un contact plus personnel avec l'auteur. Et se faire raconter une histoire, ça rappelle l'enfance!» La zone compte aujourd'hui plus de 160 enregistrements.

Parallèlement, Sophie Gagnon n'a jamais arrêté de lire des livres jeunesse, à raison de quatre à cinq par semaine, et publie de nouvelles critiques chaque jour, ou presque. «Pour moi, pour donner envie de lire aux ados, il faut que tu lises ce qu'eux lisent. [...] Il suffit d'un livre coup de circuit pour intéresser un jeune à la lecture», a-t-elle souligné.

Sa banque de données est désormais si fournie - des centaines et des centaines de titres - qu'elle est consultée par de nombreux enseignants du Québec, de la France et même du Maroc. «C'est mondial!» s'amuse-t-elle.

À mesure que «le monstre» grandissait, Sophie Gagnon a été approchée pour donner des conférences et des ateliers de formation, ce qu'elle fait maintenant régulièrement. Ses activités sont concentrées au Québec, qu'elle visite quatre fois par année. Elle donne des conseils à des collègues, des techniciens en documentation ou des conseillers pédagogiques en milieu scolaire.

Elle profite des salons du livre de Québec, Montréal et Paris pour faire le plein de rencontres avec les auteurs. S'ajoutent à cela son travail de consultante, un emploi à temps partiel en Belgique et une vie familiale bien remplie.

Bien que surprise par l'ampleur qu'a prise son projet - «50 % de mon temps» -, la jeune trentenaire s'estime comblée. «Maintenant, ce n'est plus juste mes élèves que je convaincs de lire, c'est plein d'élèves. Je suis vraiment très heureuse.»

Pitch de vente

Pierre-Yves Villeneuve est l'un des auteurs jeunesse qui ont accepté l'invitation de Sophielit.ca au Salon international du livre de Québec. Le créateur de Gamer Tome 1 : Nouveau port a dit apprécier l'approche choisie par Sophie Gagnon. «Elle est en super position, par son statut de prof, pour comprendre ce que les jeunes veulent», a-t-il dit.

La stratégie représente également un défi intéressant, selon lui. «Je cherchais un passage très court pour donner le ton du livre. Soit humoristique, soit avec un peu d'action, pour donner, en peu de temps, le goût du livre. C'est quand même difficile.»

Les jeunes ont beaucoup acheté

Se basant sur les échos obtenus des auteurs et éditeurs jeunesse, le président du Salon international du livre de Québec, Philippe Sauvageau, constate que les jeunes ont dépensé beaucoup d'argent de poche cette semaine. De mercredi à vendredi, quelque 16 000 élèves de la grande région de Québec ont franchi les tourniquets du centre des congrès pour aller bouquiner. Fait surprenant selon M. Sauvageau, ils ont été plus nombreux à dépenser pour obtenir un livre. Probablement plus qu'à l'habitude. «Ils étaient drôles. Ils arrivaient avec leur enveloppe et sortaient un billet!» a-t-il affirmé avec enthousiasme. «Certains éditeurs m'ont dit que leur salon était fait [rentabilisé].»

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