Bouquiner avec... Kim Thúy

Une couverture, un titre, une phrase inspirante: il... (Le Soleil, Pascal Ratthé)

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Une couverture, un titre, une phrase inspirante: il ne faut qu'un fragment de livre pour attirer Kim Thúy.

Le Soleil, Pascal Ratthé

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(Québec) (4e de 4) Vous êtes nombreux à bouquiner cette semaine alors que se tient jusqu'au 17 avril le Salon international du livre de Québec. Le Soleil a invité quatre auteurs à lever le voile sur leurs habitudes de lecture et à partager leurs coups de coeur littéraires. Rencontre avec la romancière à succès Kim Thúy.

Il ne faut qu'un fragment de livre pour attirer Kim Thúy. La couverture, le titre, une phrase inspirante, et hop!, l'auteure «tombe en amour». 

La Québécoise d'origine vietnamienne adore les salons du livre justement parce qu'ils permettent de se laisser guider par les yeux. «Je suis superficielle, hein?» lance-t-elle dans un grand éclat de rire. 

Dans une librairie, les livres sont classés par nom d'auteur, tandis que dans un salon, certains kiosques de maison d'édition sont comme des «installations artistiques». «En ce moment, je sais pas qu'est-ce qui se passe au Québec, mais on fait tellement de beaux livres! Toutes les couvertures sont attirantes, originales, travaillées.»

À travers les allées du salon, Kim Thúy nous guide d'un pas rapide vers les maisons d'édition qui se démarquent par leur «signature». Elle aime la continuité dans tout ce que publie La Peuplade, les détails et les reliefs des couvertures «à faire tomber» d'Alto, et les recueils de poésie mis en valeur par Hexagone. Côté littérature jeunesse, elle s'extasie devant le visuel de La Pastèque. 

Pour Kim Thúy, tous les moments sont bons pour lire. Même si elle a des journées très chargées, elle traîne toujours un livre dans son grand sac à main, au cas où. «Si, tout d'un coup, j'ai un deux minutes et j'ai pas de livre à lire [...], je serais très, très triste. Pour moi, c'est n'importe quand. C'est comme une roue de secours!»

Tous les endroits sont bons aussi. Pourvu qu'il y ait un peu de silence, comme dans une librairie. «Sinon, il me manque un peu d'attention.» Ou bien il faut qu'il y ait beaucoup de bruit, un bruit sourd, comme dans un aéroport.

L'auteure est davantage une acheteuse et une donneuse de livres qu'une emprunteuse. Elle dit ne pas pouvoir en emprunter, parce qu'elle est du genre à noter dans la marge, à souligner, et à lire très lentement. Si bien qu'au bout d'un an par exemple, elle a oublié qui lui a prêté le bouquin! «C'est la seule chose au monde que je veux posséder. Quand je vais au musée, que je vois un tableau, j'ai jamais le rêve de le rapporter à la maison. Mais un livre, oui. Ça, je suis un peu malade de ça.»

Ses coups de coeur

L'accordeur de silences

Kim Thúy a acheté ce roman de Mia Couto seulement pour le titre. La couverture, elle, «n'était vraiment pas belle», raconte-t-elle. Ça lui a pris presque un an à le lire tellement elle faisait de retours en arrière, tellement elle s'arrêtait sur des phrases marquantes pour les apprendre par coeur, les répéter et les envoyer par courriel à ses amies. Elle a tellement aimé ce conte, qui se déroule dans une réserve de chasse isolée, au coeur d'un Mozambique dévasté par les guerres, que c'est devenu «sa bible».

La grande fabrique des mots

«C'est un livre pour enfants, mais pour moi, c'est le livre de tous les livres. Parce que ça explique l'importance des mots», lance l'auteure. L'histoire se situe dans un pays imaginaire où on doit acheter les mots. Si on est pauvre, on doit tenter d'en ramasser dans les poubelles ou dans le vent avec un filet. Kim Thúy doit avoir acheté cette «belle métaphore» de Agnès de Lestrade 25 ou 30 fois. «Et j'en ai toujours pas une copie à la maison.» Parce qu'elle en offre un exemplaire presque chaque fois qu'elle a de la visite.

Vi, de minuscule à très grande

Naviguant toujours dans le thème de l'exil, ou de la double culture, Kim Thúy vient de sortir son quatrième ouvrage. Vi, c'est le prénom d'une jeune fille qui, en vietnamien veut dire «précieuse minuscule microscopique», mais qui deviendra très grande au fil du temps. Cette fille a fui le Viêtnam pendant la guerre pour atterrir dans le quartier Limoilou. Elle devra, au fil du temps, apprendre qui elle est vraiment. 

«Dans ma tête, c'est une autre histoire complètement. Je voulais raconter vraiment l'histoire d'autres réfugiés, qui ont d'autres bagages», explique l'auteure, qui a elle-même quitté le Viêtman avec les boat people à l'âge de 10 ans.

Même si Vi est une fiction montée de toutes pièces, des gens de son entourage devraient se reconnaître parce qu'elle pige nécessairement «dans la beauté de chacun, sinon dans les faiblesses de chacun». 

Kim Thuy se prêtera à une séance de signatures de 10h30 à 12h et de 19h à 20h30 samedi, de même que dimanche de 12h30 à 14h30.

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