Salon du livre: bouquiner avec... Bernard Werber

L'auteur français Bernard Werber se décrit comme un... (Le Soleil, Frederic Matte)

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L'auteur français Bernard Werber se décrit comme un lecteur lent, préférant analyser la construction de l'histoire plutôt que de se détendre.

Le Soleil, Frederic Matte

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(Québec) (1er de 4) Vous serez nombreux à bouquiner cette semaine alors que s'ouvre le Salon international du livre de Québec. Le Soleil a invité quatre auteurs à lever le voile sur leurs habitudes de lecture et à partager leurs coups de coeur littéraires. Rencontre avec l'écrivain de science-fiction français Bernard Werber.

«Je suis pas un grand lecteur», avertit M. Werber. Selon lui, se nourrir d'environ un livre par semaine n'arrive pas à le classer dans cette catégorie. C'est qu'il ne dévore pas les bouquins. Il les choisit avec parcimonie et les décortique page par page. 

«Je ne lis un livre que dans la mesure où plusieurs personnes m'ont dit que ce livre était extraordinaire», raconte-t-il. En entrevue à la Maison de la littérature de Québec, là où une partie de la programmation du Salon du livre se déploiera, Bernard Werber raconte être un lecteur lent, qui analyse la construction de l'histoire plus qu'il ne se détend.

«Je suis un peu comme un garagiste qui démonte toute la voiture pour voir comment elle est construite», illustre-t-il. Et gare aux auteurs qui ne le surprennent pas! «Chaque livre doit m'apporter quelque chose de neuf, de nouveau. Si le livre ressemble à un autre livre, je considère que je perds mon temps.»

Par exemple, il n'en peut plus des livres où l'assassin est en fin de compte la femme de ménage. Même si le tout est joliment écrit. «La littérature souffre beaucoup de la cosmétique. C'est-à-dire que les gens, ils ont une petite idée, ils mettent beaucoup de maquillage dessus et ça a l'air d'un truc littéraire.»

L'auteur aime trop le fantastique et les polars pour lire des essais ou des biographies. Il choisit des romans pour la soirée et des nouvelles pour de courts trajets en train ou en avion. 

Après une escapade vers le livre numérique, Bernard Werber est aujourd'hui redevenu «complètement papier». «J'ai été un des premiers à aller vers le numérique parce que je suis un peu geek», dit-il. 

Mais il s'est vite rendu compte qu'il avait besoin du contact physique du livre, un objet qui rime avec plaisir et loisir, tandis que l'écran est davantage un outil de travail, là où il écrit. 

Grand cinéphile, Bernard Werber voit plus de films qu'il ne se plonge dans les livres. Celui qui a réalisé un premier long-métrage en 2007, Nos amis les Terriens, rêve du jour où il en réalisera un deuxième. Mais il ne veut pas se presser, disant «attendre les signes».

Ses coups de coeur

David Mitchell

Au cours de la dernière année, Bernard Werber a été agréablement surpris par le tout premier recueil de nouvelles de David Mitchell, Écrits fantômes, publié en 2005. Werber aime la capacité de l'auteur «à se mettre dans la peau des autres, dont notamment dans la peau d'un Japonais, d'une femme russe». Toutes les nouvelles sont liées entre elles, «comme une âme qui circule d'individu à individu», dit Werber. «J'ai trouvé que c'était très astucieux et fait avec beaucoup de générosité.»

Philip K. Dick

Auteur préféré de Werber, l'Américain Philip K. Dick est le premier à avoir soulevé chez lui des questionnements philosophiques. Encore aujourd'hui, il est impressionné par l'instantanéité de l'écriture de Dick. «Il a une idée, elle est très, très forte et il la sort d'un coup, sans essayer de faire joli.» Certaines oeuvres de Philip K. Dick ont été adaptées au cinéma (Blade Runner, Total Recall). Dans la dernière année, Werber s'est replongé dans certaines de ses nouvelles, qu'il a comprises d'une nouvelle façon. «C'est le seul auteur que je relis plusieurs fois.»

«Le sixième sommeil»

Le 21e et plus récent roman de Bernard Werber, Le... - image 6.0

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Le 21e et plus récent roman de Bernard Werber, Le sixième sommeil

Le 21e et plus récent roman de Bernard Werber, Le sixième sommeil, est un voyage scientifique et fantastique à travers la phase la plus profonde du sommeil, le rêve lucide. «Est-ce qu'on peut améliorer son sommeil et utiliser son sommeil pour arriver à vaincre le temps? C'est une question qui n'est pas courante dans les romans», explique M. Werber. 

L'auteur a commencé à s'intéresser au sommeil alors qu'il était journaliste scientifique. Il a commencé à pratiquer le rêve lucide il y a 25 ans. Mais comme l'exercice est difficile, il n'y est arrivé qu'environ cinq fois. Le rêve lucide, c'est le moment où on devient «le metteur en scène de son propre rêve», où l'on peut changer le décor et les personnages à sa guise. Parfois, Werber fait même exprès de rester passif dans son rêve et d'attendre pour voir ce qui va se passer. 

Un des romanciers les plus lus en France, Bernard Werber est aussi devenu un auteur-culte en Russie et au Japon. C'est la cinquième fois qu'il met les pieds à Québec, une fois pour les vacances et les autres pour aller à la rencontre de ses lecteurs. 

Le prolifique auteur est déjà en préparation d'un 22e livre, qui devrait paraître à l'automne. Après le succès de sa trilogie Les fourmis, il fera un retour dans le monde animal avec un roman qui traitera des chats. Il lance le sujet, comme ça, mais ne voudra pas dire un mot de plus.  Patricia Cloutier

Invité d'honneur du Salon du livre, Bernard Werber se livrera à une séance de signatures mercredi, de 17h à 19h, au kiosque 222.  

Demain: Bouquiner avec... Érika Soucy

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