Pascale Montpetit, une voix pour les mots

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Pascale Montpetit

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(Québec) On la connaît comme comédienne au théâtre, ainsi qu'au petit et au grand écran. Mais ce qu'on sait moins, c'est que Pascale Montpetit est une amoureuse de littérature. Elle partagera sa passion samedi à l'occasion d'une lecture à voix haute, qui lancera la première saison de la Maison de la littérature.

Pascale Montpetit a choisi de lire Le vieux chagrin de Jacques Poulin, «un roman d'atmosphère intimiste», décrit-elle. Elle affectionne tellement cet auteur qu'elle caresse «l'ambition secrète de tout lire Jacques Poulin à voix haute!» confesse-t-elle. «On a l'impression, quand on lit ses livres, qu'on rencontre quelqu'un pour vrai, qu'on a accès à un être humain sensible, vibrant, complètement disponible, explique-t-elle. Je sens vraiment que je suis en présence de quelqu'un. C'est très mystérieux.»

Pendant trois heures, elle racontera l'histoire de cet écrivain - vivant sur les rives du Saint-Laurent avec son chat appelé Vieux Chagrin - qui épie jusqu'à l'obsession la silhouette d'une jeune femme aperçue sur un voilier. Selon Pascale Montpetit, la littérature de Jacques Poulin, qui accorde beaucoup d'importance au rythme des phrases, se prête particulièrement bien à la lecture à voix haute.

Fin septembre, la comédienne a lu un autre roman de l'auteur québécois, La tournée d'automne, à la Maison des écrivains à Montréal. Elle a été surprise par la réaction du public. «Les gens m'apportaient des cadeaux, des petites cartes, des biscuits... Des choses qui avaient un lien avec l'histoire. Je n'avais jamais connu ça comme comédienne! C'est comme si la fiction évoquait tellement de souvenirs dans la tête des gens qu'ils avaient besoin d'entrer en conversation avec moi.»

Dans les dernières années, elle a lu divers romans dans leur intégralité lors d'émissions de radio sur la chaîne culturelle de Radio-Canada et dans différents festivals de littérature. Elle prend de plus en plus goût à l'exercice. «On y retrouve le plaisir de se faire raconter une histoire comme quand on était enfant», illustre-t-elle. Les gens sont d'ailleurs invités à apporter un coussin ou un tapis de yoga lors de la séance à la Maison de la littérature, question d'être confortables pour se laisser bercer par la voix de la comédienne. 

Famille de lecteurs

Il n'est pas étonnant que Pascale Montpetit ait développé un tel attachement aux mots. «Je viens d'une famille de lecteurs, dit-elle. Il y avait beaucoup de livres dans la maison. Je me rappelle l'été, quand les gens avaient plus le temps de lire, plusieurs livres circulaient et les repas devenaient presque des clubs de lecture! Moi, je les écoutais et je me disais : "Ils ont l'air d'avoir du fun!"»

Elle se souvient de son père récitant des vers de poèmes : La terre est bleue comme une orange de Paul Eluard, par exemple. «J'ai découvert le pouvoir des mots à travers ces phrases-là», se remémore-t-elle. Elle se souvient aussi de sa mère lisant les contes de Grimm, de Perrault et d'Andersen avant de la mettre au lit.

Mais ce n'est que plus tard, vers 17 ou 18 ans, qu'elle attrape véritablement la piqûre. Elle cite La vie devant soi d'Émile Ajar et Vendredi ou les limbes du Pacifique de Michel Tournier comme premiers ouvrages marquants.

Elle est très sensible aux mots. «Quand je sens qu'un auteur a choisi un mot plutôt qu'un autre, j'ai un plaisir fou. C'est jubilatoire! La musique est bonne et ça se danse bien.» Elle lit lentement, mais a toujours un livre en marche. Ses lectures sont majoritairement conseillées par des amis. Ces temps-ci, elle s'intéresse à l'histoire avec Le rêve de Champlain David Hackett Fischer et Les remarquables oubliés de Serge Bouchard.

Elle se plaît à dire que lire fait partie de son travail, une ruse pour se permettre de plonger plus souvent le nez dans un bouquin, avoue-t-elle. Elle aime le silence qu'appelle la lecture. Et le fait que ce soit une façon de voyager tout en restant immobile, elle qui a quelque peu accroché son sac à dos de bourlingueuse depuis qu'elle est maman de Clara.

Sa petite fille apprend présentement à lire. «C'est très émouvant pour moi de voir ça. Elle se rend compte du pouvoir que ça lui apporte de pouvoir déchiffrer le monde. C'est puissant. Je le vois dans ses yeux.»

=> Vous voulez y aller?

  • Quoi : Pascale Montpetit lit Le vieux chagrin de Jacques Poulin
  • Quand : 7 novembre, 20h
  • : Maison de la littérature
  • Entrée : 20 $
  • Infos : 418 641-6797 ou info@maisondelalitteraure.qc.ca

Quelques mots sur Jacques Poulin

L'auteur Jacques Poulin... (Le Soleil, Jean-Marie Villeneuve) - image 3.0

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L'auteur Jacques Poulin

Le Soleil, Jean-Marie Villeneuve

Auteur très discret, Jacques Poulin est né en 1937 à Saint-Gédéon-de-Beauce. Après avoir habité plusieurs années à Paris, il vit désormais à l'île d'Orléans.

Il a écrit 14 romans, dont Le vieux chagrin en 1989 qui a été récompensé par les prix Québec-Paris, Molson du roman et Jean-Hamelin. Jacques Poulin est également récipiendaire du prix Athanase-David de 1995, remis par le gouvernement du Québec pour l'ensemble de sa carrière.

On compte parmi ses oeuvres: Les yeux bleus de Mistassini, Volkswagen Blues et son dernier, Un jukebox dans la tête, publié en 2015.  

Activités à venir

Après cette lecture à voix haute de Pascale Montpetit, la première saison de la Maison de la littérature se poursuivra avec une multitude d'activités. En voici quelques-unes qui auront lieu en novembre et décembre.

Le 28 novembre, les textes coups de poing d'Étienne Lepage seront scandés sur la musique de Robert M. Lepage et graffités par le bédéiste Francis Desharnais dans Logique du pire : l'ensemble vocal.

Le 1er décembre, les amateurs de mots sont conviés à la Jambalaya! qui réunira sur scène 35 étudiants maniant bien le verbe dans un cabaret conçu par Sophie Létourneau et Érika Soucy.

Les 4 et 5 décembre, Nathalie Lessard et ses musiciens rendront hommage à Sol, alias Marc Favreau.

Finalement, le Cercle des auteurs de la relève organisera un parcours parsemé de lectures, d'installations et de performances littéraires intitulé Traces le 12 décembre.

Pour connaître l'ensemble de la programmation, consultez le site maisondelalitterature.qc.ca 

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