Louisa Blair et l'âme d'Aldo

L'âne Aldo est tellement précieux pour le Vieux-Québec qu'il... (Le Soleil, Pascal Ratthé)

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L'âne Aldo est tellement précieux pour le Vieux-Québec qu'il est devenu le personnage du livre écrit et illustré par Louisa Blair : Daisy et l'église à l'âne.

Le Soleil, Pascal Ratthé

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(Québec) Qui aurait cru qu'un âne pouvait rassembler autant les gens? C'est pourtant ce qui se passe depuis l'arrivée d'Aldo en 2011 dans la cour de la cathédrale Holy Trinity dans le Vieux-Québec. Aldo est tellement précieux pour le quartier qu'il est devenu le personnage d'un livre, écrit et illustré par Louisa Blair : Daisy et l'église à l'âne.

L'histoire d'Aldo avait été racontée dans les pages du Soleil par ma collègue Mylène Moisan à la fin de 2012. La propriétaire d'Aldo, Sarah, a parcouru le chemin de Compostelle pendant quatre mois avec son mari et ses trois enfants. Ils se sont fait conseiller d'adopter deux ânes pour les aider à transporter leurs bagages. De simples «bagagistes», les ânes sont rapidement devenus des compagnons, des confidents de la famille. De retour à Québec, Sarah a voulu poursuivre cette relation unique avec le quadrupède aux longues oreilles. Aldo est alors entré dans sa vie. Il prend d'abord ses aises sur la terre de sa maison à l'île d'Orléans. Mais lorsqu'elle déménage en ville, elle se demande bien où il pourra brouter tranquille.

Elle s'informe auprès de l'évêque de son église si elle peut l'installer dans la cour, derrière le mur. Il accepte. Depuis, Aldo est l'attraction de la rue des Jardins et fait même partie des circuits touristiques. 

Curieuse Daisy

Louisa Blair, soeur de Sarah, touchée par ce que l'âne apporte comme âme au Vieux-Québec, décide d'en écrire l'histoire. Habituée à la rédaction d'ouvrages historiques - elle est l'auteure du livre Les anglos : la face cachée de Québec -, Louisa Blair s'adresse cette fois aux enfants avec Daisy et l'église à l'âne, paru en anglais en janvier et qui vient d'être traduit en français. 

Pendant notre entrevue dans la cour de l'église, plusieurs passants s'arrêtent, grimpent sur deux blocs de béton chambranlants pour voir par-dessus le mur. Des personnes âgées, des écoliers. Ils crient : «Aldo! Aldo!» Certains lui ont apporté une carotte. Le dépanneur du coin tient même des carottes et des pommes depuis qu'Aldo est là. «Aldo a un caractère très sociable. Beaucoup de gens viennent le voir chaque jour parce que c'est leur meilleur ami. Aldo les reconnaît», dit Louisa Blair. On compte aussi parmi les habitués des magiciens amusant les touristes dans les hôtels, des comptables du ministère des Finances, des serveurs, écrit Mme Blair dans son livre. Et puis Daisy, ce personnage inventé de fillette qui se demande bien pourquoi un âne se trouve à cet endroit et pourquoi tout le monde est attiré par lui. 

Daisy s'approche de l'âne et fait la rencontre de la «dame avec des cheveux tout droits sur la tête». Cette dame, c'est Sarah qui prend soin d'Aldo et de sa compagne, la chèvre Alli. Daisy la questionne sur la présence de l'âne. La «dame avec des cheveux tout droits sur la tête» lui répond qu'il a entre autres un côté guérisseur puisque beaucoup de patients de l'hôpital L'Hôtel-Dieu et leur famille viennent se recueillir à ses côtés, un côté historique puisque les premiers ânes de la Nouvelle-France ont vécu à cet endroit et un côté liturgique. «Il y a beaucoup d'histoires dans la Bible o ù il y a un âne, explique Louisa Blair. Ils ont aussi une croix sur le dos, ce qui est très particulier.» 

Aldo le rassembleur

Mme Blair se défend bien d'avoir utilisé Aldo pour passer un message religieux. Mais pour cette chrétienne qui a été baptisée à Holy Trinity, la religion occupe une place importante. «Aldo est un symbole de ce qu'on veut que l'Église soit, note-t-elle. Un endroit où toutes sortes de gens peuvent se rassembler, où la communauté se fait. Ce sont des gens d'états de vie très différents qui, autrement, ne se parleraient jamais.»

À voir toutes les personnes s'amonceler depuis le début de notre entrevue, on peut dire qu'Aldo remplit sa mission. Et qu'en est-il de la chèvre du livre, Alli? Dans la vraie vie, elle a malheureusement rendu l'âme en mars. «Une tragédie», laisse tomber Louisa Blair. Aldo a vécu douloureusement la perte de son amie, a broyé du noir. Par chance, il a pu compter sur ses fidèles visiteurs pour lui changer les idées. Et si on se fie à Sarah, probablement qu'une autre chèvre viendra partager la cour avec lui très prochainement. Celle-ci fera peut-être même partie de la suite du livre sur lequel veut plancher Louisa Blair.

On peut se procurer Daisy et l'église à l'âne sur la boutique en ligne du Morrin Centre. goo.gl/RWWKls

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