Libres de créer : le délice des idées

Robert Lepage, Russell Banks et Margaret Atwood ont... (Renaud Philippe)

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Robert Lepage, Russell Banks et Margaret Atwood ont offert mercredi une cure d'idées vives lors de la rencontre Libres de créer, animée par Bernard Gilbert.

Renaud Philippe

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(Québec) Nous avons assisté mercredi soir à la rencontre de trois grands esprits créateurs de notre temps. Simplement par leurs mots et leurs récits, empreints d'intelligence et d'humour, Margaret Atwood, Russell Banks et Robert Lepage nous ont offert une cure d'idées vives, habiles, qui nous habiteront longtemps.

À l'animation, Bernard Gilbert, directeur de la Maison de la littérature, a habilement fait naviguer les trois créateurs d'un thème à l'autre, entrant dans leur vie, dans leurs oeuvres et dans leurs créations récentes par des avenues inattendues.

Commençant avec les racines géographiques, le sentiment d'appartenance au territoire et la nordicité, la discussion a rapidement évolué vers les questions d'identité, de mémoire et d'histoire. Réunir un homme de théâtre québécois, une auteure canadienne-anglaise et un auteur américain permettait d'obtenir des réponses complémentaires, qui se faisaient écho et miroir.

Pensée politique

La politique, au sens large, a fait son entrée lorsque Lepage a abordé sa nouvelle création 887, où ses idées politiques apparaissent en filigrane dans ses souvenirs du Québec des années 60 et où il réhabilite le poème Speak White de Michèle Lalonde. Banks a répondu en parlant du mystère qu'il a voulu résoudre en écrivant son roman American Darling, pour lequel il s'est mis dans la peau d'une activiste américaine. «Révéler l'histoire peut être politique», a-t-il souligné.

Magaret Atwood a fait le portrait de Pauline Johnson, au coeur de l'opéra qui sera présenté vendredi, avec fougue et humour. Les trois voix, en alternance, avaient de si belles textures que l'entretien se réécouterait comme un concert s'il était rediffusé à la radio.

Il y avait aussi les histoires humaines inspirantes, comme le projet The Futur Librarian auquel participe Atwood, ou cette chasse aux bibliothèques mythiques et imaginaires de Lepage pour l'installation qu'il inaugurera bientôt à la Grande Bibliothèque.

En deuxième partie, la liberté d'expression était au coeur des échanges, qui sont devenus plus enflammés. Qu'on couvre les couvertures de livres de fleurs girlies pour une grossière tentative de marketing ou qu'on tente d'amputer un spectacle de tous ses attributs, comme le marquis de Sade dans Quills, la censure existe, même dans les pays occidentaux, où elle se fait plus sournoise. 

Sous le sceau de PEN

L'association d'écrivains PEN international était bien présente, dans la salle comme sur la scène, hier. Le président sortant, John Ralston Saul, a pris la parole pour rappeler que la littérature est une affaire de risque, jamais une affaire de confort ou de prudence. Un vibrant hommage lui a aussi été rendu en fin de soirée, après la remise du prix Nouvelles Voix à Rebecca F. John, du pays de Galles.

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