La politique du rire: un drôle de monde!

Le collègue Jean-Simon Gagné collectionne les blagues depuis au moins 20 ans.... (Le Soleil, Jean-Marie Villeneuve)

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Le Soleil, Jean-Marie Villeneuve

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(Québec) Le collègue Jean-Simon Gagné collectionne les blagues depuis au moins 20 ans. Il a pris l'habitude d'en glisser au moins une à la fin de chacune de ses chroniques. Plus il en publie, plus ses lecteurs lui en envoient. C'est un cycle sans fin. Après toutes ces années, le temps était venu de mettre de l'ordre dans cette abondante moisson et de publier les meilleures histoires dans un recueil.

La politique du rire, qui paraît demain aux éditions du Septentrion, est consacré à l'humour politique à saveurs québécoise et canadienne. Il contient quelque 150 histoires drôles, parfois grinçantes, parfois même cruelles mettant en vedette les Labeaume, Charest, Chrétien et autres Harper de ce monde.

L'ouvrage est le fruit d'un travail d'étroite collaboration. Les blagues qu'il reçoit, Jean-Simon les soumet à la journaliste Pascale Guéricolas, qui, de son côté, se charge de les trier, de retenir les meilleures et les plus drôles, et d'écarter celles qui, pour une raison ou pour une autre, ne sont plus tout à fait au diapason de notre époque.

Tous les politiciens ne sont pas égaux devant la blague. «Pour faire l'objet d'une blague, il faut avoir été au pouvoir assez longtemps pour marquer le terrain humoristique, notent les auteurs. Des blagues sur Pauline Marois, il y en a relativement moins que sur Jean Charest.»

Pour eux, faire des blagues sur le monde politique ne contribue pas à alimenter le cynisme ambiant. Au contraire, «la blague nourrit l'intérêt du public pour la chose politique. C'est un exutoire, un antidote au cynisme.» Sa fonction consiste entre autres à «court-circuiter la langue de bois».

Au fond, la blague politique est sans parti-pris. C'est une critique du ridicule et le ridicule n'a pas de couleur. En d'autres mots, les travers de la politique dépassent les limites de la partisanerie.

L'origine de certaines histoires remonte à l'Antiquité grecque. Apparemment, c'est de tout temps que le rire a permis aux citoyens de critiquer anonymement leurs dirigeants, de s'en moquer. Ainsi, partager entre amis la toute dernière blague sur Staline permettait au peuple soviétique de garder un minimum d'espoir en l'avenir. «On dit souvent que le rire est l'arme des faibles, mais, au fond, ça n'est pas anodin. Ça peut être une arme très puissante», note Pascale Guéricolas.

Question d'humour, la réalité dépasse souvent la fiction. Pour le démontrer, les auteurs ont placé au début de chaque chapitre une série de citations sorties tout droit de la bouche de nos politiciens. Ces mots sont souvent plus amusants que les blagues elles-mêmes. «On y tenait beaucoup parce que ça prépare le lecteur, explique Jean-Simon Gagné. Ça lui montre le côté loufoque de la vraie politique. Ça lui montre que ce n'est pas nous qui avons commencé. D'ailleurs, depuis qu'on a terminé la rédaction du livre, on pourrait ajouter encore plein de citations nouvelles.»

Un dessin du caricaturiste André-Philippe Côté chapeaute chacun des chapitres. Il s'agissait ici pour les auteurs de montrer que la blague politique et la caricature poursuivent le même but. «La différence, c'est que la caricature est signée et qu'on reconnaît tout de suite la patte. La blague, elle, circule de manière anonyme. C'est un objet que tout le monde s'approprie.» 

Permettez-nous, pour conclure cet article, de glisser quelques extraits de La politique du rire.

***

Le maire de Québec, Régis Labeaume, vient de mourir.

Il se dirige vers l'entrée du paradis, mais il y a une imposante file d'attente. Il demande alors la priorité. Saint Pierre, alerté par le chahut, appelle Dieu sur son téléphone cellulaire. 

- Il y a un type qui veut passer à tout prix. Il dit s'appeler

Régis Labeaume. 

- Arrêtez-le, répond Dieu. Il s'agit d'un imposteur.

Régis Labeaume, c'est moi.

***

«Un salaire de 100 000 $ par an est vite dépensé. Enlevez les vêtements, le chauffage, etc., il te reste juste de quoi manger tes rôties le matin»

- Lise Thibault, ancienne lieutenante-gouverneure du Québec, durant son procès pour fraude et abus de confiance, le 30 juillet 2014. Outre son salaire d'environ 100 000 $ par an, Mme Thibault percevait aussi une subvention fédérale annuelle de 140 000 $ et 4800 $ en allocations du gouvernement du Québec.

***

Stephen Harper dirige une réunion du Conseil des ministres. Soudain, John A. Macdonald, l'un des Pères de la Confédération, apparaît. Tout le monde s'empresse de lui demander conseil.

- Il faut mettre en prison la moitié des ministres et repeindre le parlement en mauve, répond Macdonald.

- Pourquoi en mauve? demande quelqu'un.

John A. Macdonald se tourne alors vers Stephen Harper et lui dit :

- Tu vois? Je t'avais bien dit que sur le premier point, il n'y aurait pas de question.

***

«Je ne suis pas au courant de tout ce que j'ai appris»

- Gérald Tremblay, ancien maire de Montréal, devant la commission Charbonneau, le 25 avril 2013

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