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Tom Rachman: le test du deuxième roman

Tom Rachman... (Photothèque Le Soleil)

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Tom Rachman

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<p>Isabelle Houde</p>

(Québec) Il est toujours intéressant de voir ce que réserve le second livre d'un prodige qui a ensorcelé les critiques - et le public - avec un premier roman. C'est le cas du Britanno-Canadien Tom Rachman, qui avait fait un tabac avec son premier roman, Les imperfectionnistes, publié en 2011.

Ce roman, il est vrai, avait tout pour plaire aux lecteurs, particulièrement aux journalistes. Il racontait l'histoire d'un journal anglophone basé à Rome, sur le déclin, et de ses artisans. À la manière de nouvelles, presque, on allait à la rencontre des destins de ces ratés sympathiques, un par un : reporter en manque de scoop, rédacteur de chroniques mortuaires, pupitreur blasé... Un portrait fascinant qui avait révélé une plume remarquable. 

Avec Gloire et déchéance des grandes puissances, Rachman ne reprend pas la même recette. Il se concentre cette fois sur un seul personnage, celui de Tooly (née Matilda Zylberberg), libraire trentenaire à l'enfance mystérieuse qui écoule ses jours placidement dans une boutique au bord de la faillite dans un trou perdu du Pays de Galles. 

L'auteur et ancien journaliste ne délaisse pourtant pas complètement le côté fragmentaire qu'il avait exploité dans Les imperfectonnistes. Cette fois, c'est plutôt au fil d'allers-retours dans la vie de Tooly, à trois différentes époques de sa vie, que se déploie une trame narrative assez curieuse.

De 2011, au Pays de Galles, on remonte à 1999, alors que Tooly, la jeune vingtaine, arpente New York, une carte à la main, et s'introduit chez des étrangers pour en apprendre plus sur leur vie. Elle partage aussi sa vie avec Humphrey, vieux gaillard débraillé au fort accent russe qui passe ses journées à lire des essais de grands penseurs, à jouer aux échecs et à manger des sandwichs aux patates.

Tout juste après, on remonte plus loin encore, en 1988, alors que Tooly a neuf ans et qu'elle déménage, encore une fois, avec Paul. Ils vivent en ermites, voyageant de pays en pays chaque année. Cette fois, ils passent de l'Australie à la Thaïlande, où Paul, un informaticien asocial et ornithologue amateur, doit relier par Internet toutes les ambassades reculées des États-Unis avec Washington.  

Déjà, le brouillard sur la vie de Tooly se fait épais. Paul est-il le père biologique de Tooly? Pourquoi fuient-ils toujours d'un pays à l'autre? Pourquoi Tooly se retrouve-t-elle à New York, à 20ans, alors que Paul n'est plus dans le décor, mais que sont apparus d'autres personnages intrigants, Humphrey au premier plan, Venn, un protecteur charismatique à l'aura mystérieuse, et Sarah, une quadragénaire aux émotions en montagnes russes qui a la fâcheuse tendance à disparaître et à réapparaître quand bon lui semble?

Quand Tooly, en 2011, reçoit un message d'une ancienne connaissance de New York, qui veut lui parler de «son père», une quête s'enclenche et le ping-pong entre les époques se densifie.

Tom Rachman fraie dans Gloire et déchéance... avec des personnages atypiques qui évoluent en dehors du circuit normal de la société, tout en s'y glissant avec une aisance particulière. Il y a quelque chose de très particulier dans la relation qui s'établit entre le lecteur et Tooly : les informations et explications sont tellement livrées au compte-gouttes qu'on a l'impression qu'elle nous cache des choses.  

Il en résulte une certaine frustration qui grandit au même rythme que celle du personnage principal, qui, finalement, en sait bien peu sur sa propre enfance. 

Le procédé nous tient aussi à une certaine distance des personnages fantasques qui gravitent autour de Tooly et en marge de la société, dont Rachman entremêle un habile portrait à travers les grands moments historiques qui ont marqué cette vingtaine d'années. 

Malgré une écriture vive et intelligente, la magie prend plus de temps à s'installer que dans le premier roman. Mais Rachman sait manoeuvrer sur un fil ténu le suspense et se rachète enfin avec un dénouement à la hauteur des attentes. Le test du deuxième livre est passé...

Michel Tremblay, le roi incontesté

L'émission littéraire Plus on est de fous, plus on lit!, sur ICI Radio-Canada Première, vient tout juste de publier son palmarès des 100livres d'ici à lire une fois dans sa vie. La récolte a été faite auprès du public et de certaines personnalités publiques. Ce genre d'exercice est toujours amusant et, surtout, révélateur. 

Par exemple, on constate que Michel Tremblay est le roi incontesté, avec six ouvrages (théâtre et roman confondus) qui se fraient une place dans le palmarès. Jacques Poulin et Gabrielle Roy ne sont pas en reste, avec trois nominations chacun. 

Chose certaine, les classiques ont la cote : Les anciens Canadiens, de Philippe Aubert de Gaspé, Un homme et son péché, de Claude-Henri Grignon, Menaud, maître-draveur de Félix-Antoine Savard, La Sagouine et Pélagie-La-Charrette d'Antonine Maillet, Le survenant de Germaine Guèvremont, Trente arpents de Ringuet... Ils y sont tous et, qui plus est, font partie la plupart du temps du choix du public! 

En contraste, des oeuvres toutes récentes ont aussi fait leur chemin: L'orangeraie, de Larry Tremblay, choisi par Guy A. Lepage, ou encore Nikolski, de Nicolas Dickner, et La petite et le vieux, de Marie-Renée Lavoie, tous deux choisis par le public. 

Un panorama agréable à fouiner, à la fois éclectique et drôlement représentatif du paysage littéraire. À voir ici : goo.gl/FwfuUk

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