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L'aura de mystère de l'écrivain

D'un côté, l'industrie du livre a vu ses... (Photothèque Le Soleil, Pascal Ratthé)

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D'un côté, l'industrie du livre a vu ses ventes chuter de près de 10 % l'an passé, alors que de l'autre, le Salon du livre de Québec a attiré plus de 68 000 visiteurs en cinq jours. Que se passe-t-il, docteur?

Photothèque Le Soleil, Pascal Ratthé

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<p>Isabelle Houde</p>

(Québec) Le livre se porte-t-il mal? Dans la dernière semaine, deux chiffres apparemment contradictoires sont apparus. D'un côté, le bilan record du Salon international du livre de Québec (SILQ), qui a accueilli 68 200 personnes entre le 8 et le 12 avril, dont 19 000 dans la seule journée de samedi. De l'autre, les chiffres de l'Observatoire de la culture et des communications du Québec, qui révèlent que les ventes de livres n'ont jamais été aussi basses en 15 ans, chutant de 9,5 % entre 2013 et 2014.

On achète de moins en moins de livres, mais la foire du livre de Québec, qui est avant tout une activité de promotion commerciale, est sur une lancée indéniable. Que se passe-t-il, docteur?

Il fallait se plonger dans la cohue, samedi dernier, au Centre des congrès, pour peut-être saisir un début de réponse. Quand je suis passée au Salon, en début d'après-midi, on se marchait presque sur les pieds. Pas toujours évident de se frayer un chemin dans la foule et de prendre le temps de bouquiner sans être bousculé. J'en connais qui n'y vont plus parce que c'est trop bondé. «Un heureux problème», convient Philippe Sauvageau, président-directeur général du SILQ. Cette année, le Salon a accueilli 1340 auteurs, un chiffre en augmentation constante. «Et on ne refusera pas d'auteurs l'an prochain», a insisté M. Sauvageau, selon qui tout a été mis en place pour favoriser la circulation lors des journées les plus achalandées.

Ce qui était frappant, en ce samedi bien occupé, c'était justement l'attrait des séances de signatures. Le SILQ avait concocté une programmation large, où les politiciens, journalistes et vedettes de la télévision se mêlaient aux grands noms du livre d'ici et d'ailleurs, avec Bernard Pivot, qui a suscité bien de l'intérêt à lui seul.

Au moment de mon passage, plus frappante encore était la longue file de gens qui attendaient pour pouvoir rencontrer l'auteur de polar et de science-fiction français Maxime Chattam, avec qui je me suis entretenue pour un dossier sur le roman policier publié la fin de semaine dernière. Même s'il jouit d'une carrière enviable en France et est l'auteur de best-sellers, il ne fait pas partie des auteurs dont on cite souvent le nom, au Québec. Et pourtant, sa visite a suscité un engouement évident.

En bouquinant près de sa table de signature, j'ai capté une bribe de conversation entre un couple et l'auteur. La femme se disait surprise de le voir au Québec, lui demandait si c'était sa première visite. C'était son conjoint, le vrai fan. Elle a aussi demandé, très curieuse : «Comment faites-vous pour inventer toutes vos histoires?»

Au Québec, l'écrivain ne suscite peut-être pas la même admiration qu'une vedette de la télévision, mais il a indéniablement une aura de mystère, un attrait indicible qui pousse les gens à se déplacer et à solliciter un autographe, une brève conversation.

«C'est un temps fort pour faire parler du livre, et des auteurs, même si ça reste un maillon à travers le reste de l'industrie, les bibliothèques, les librairies... Mais disons que c'est une occasion où le public a accès au plus grand nombre d'auteurs, et c'est ce qui fait que ça attire beaucoup de monde», analyse M. Sauvageau.

Alors, pourquoi les gens achètent-ils moins de livres? Certains pointent l'austérité, le coût de la vie qui réduit le budget consacré aux loisirs, la facilité d'accès à du contenu gratuit. La réponse n'est pas simple. Mais de là à dire que les gens ne lisent plus, tout simplement, et que la littérature n'intéresse plus les jeunes? L'argument est simpliste, et surtout faux. Il n'y a qu'à aller jouer du coude dans un Salon du livre bondé pour s'en convaincre.

Pour ceux qui voudraient prolonger le plaisir du Salon du livre, il reste encore des activités littéraires spéciales au menu pour le mois d'avril. Jeudi prochain sera en effet la Journée mondiale du livre et du droit d'auteur, parrainée cette année par Bryan Perro, et assortie de son lot d'activités dans les bibliothèques, les librairies et les écoles.

Pour souligner ses 20 ans, l'organisation de l'événement lancera aussi un sympathique recueil, J'ai des p'tites nouvelles pour vous, rassemblant 20 nouvelles, essais et bandes dessinées d'auteurs d'ici, dont Catherine Mavrikakis, Normand de Bellefeuille, Samuel Archibald, Fanny Britt, François Gravel et Andrée A. Michaud. Le livre sera offert gratuitement avec achat ou emprunt, à partir du 23 avril, dans les librairies et les bibliothèques participantes. Une belle façon d'afficher son amour pour le livre et la littérature d'ici.

Pour info : www.jmlda.qc.ca

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