Patrick Senécal: du livre au grand écran

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Pour Patrick Sénécal, l'intériorité des personnages de ses livres est le plus difficile à transmettre en images au cinéma.

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(Québec) À l'instar d'India Desjardins et de Michel Rabagliati, l'auteur Patrick Senécal a aussi touché au cinéma. Il a vu trois de ses livres prendre vie au grand écran, soit 5150, rue des Ormes, Les sept jours du Talion et Sur le seuil. Le Soleil lui a demandé de parler du processus d'adaptation.

Q Pourquoi avoir voulu adapter un de vos livres au cinéma?

R Je crois qu'il est intéressant de voir comment notre imaginaire peut devenir concret, comment mes images mentales peuvent devenir des images tangibles. C'est comme découvrir mon histoire d'un autre point de vue. Il y a aussi le fait qu'être écrivain est un travail très solitaire. Le cinéma permet de travailler en groupe, c'est un autre genre de création.

Q Quelle est la plus grande difficulté dans l'adaptation d'un livre au cinéma?

R De faire passer l'intériorité des personnages. Dans un livre, on peut être dans la tête d'un personnage, pas dans un film. Dans un film, l'intériorité doit passer par des actions, et ce n'est pas toujours évident.

Q À quel point teniez-vous à ce que le film respecte l'histoire du livre?

R Ce qui est important, ce n'est pas le respect des actions du livre comme telles, mais le respect de l'intention. Qu'est-ce que le roman veut nous dire? Quel est le but de cette histoire? Pour moi, cela doit être respecté. Dans mes romans, ce sont mes fins qui sont les plus importantes, les plus travaillées. Mon intention se trouve souvent dans mes finales. Donc, en général, je tiens à ce que la fin du film respecte la fin du roman. Les actions qui viennent avant peuvent changer un peu si elles respectent ces intentions. Et, bien sûr, respecter aussi les personnages, davantage leur psychologie que leurs actions.

Q Avez-vous eu un deuil ou une concession à faire en cours d'adaptation?

R Il y a toujours des concessions à faire. Pas des concessions pour des raisons de censure ou de morale, mais des concessions parce qu'on se rend compte que telle scène dans le livre ne fonctionne pas dans le film, ou parce que le film serait trop long et qu'il faut couper certains événements. Dans 5150, rue des Ormes, il a fallu couper tout le journal personnel de Maude, sinon cela aurait fait un film de cinq heures! La scène de la mise à mort du chien dans le roman Les sept jours du Talion a été impossible à faire dans le film parce qu'on n'arrivait pas à y donner le même impact psychologique. C'est étrange, mais certaines scènes fonctionnent en mots, mais pas en images.

Q Y a-t-il un film adapté d'un roman que vous avez aimé particulièrement?

R L'adaptation du roman The exorcist est très réussie. Dans un autre genre, j'ai adoré l'adaptation cinéma qu'a fait Louis Malle en 1960 du roman de Queneau Zazie dans le métro. Le roman déconstruisait le langage littéraire; Malle a eu la bonne idée de déconstruire le langage cinématographique.

Patrick Senécal sera au Salon du livre dimanche au stand 258 de 12h30 à 14h et au stand 219 de 14h à 15h.

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