Tom Gauld: Dickens au temps des robots

Depuis bientôt une décennie, Tom Gauld égaie les pages littéraires du journal... (Tom Gauld)

Agrandir

Tom Gauld

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

Sur le même thème

(Québec) Depuis bientôt une décennie, Tom Gauld égaie les pages littéraires du journal britannique The Guardian avec de savoureuses cases où se croisent de grands auteurs de l'ère victorienne et des personnages typiques des séries de science-fiction. Plus de 300 strips ont été rassemblés dans Vous êtes tous jaloux de mon jetpack, paru en français cet automne aux éditions Alto.

Depuis bientôt une décennie, Tom Gauld égaie les... (Tom Gauld) - image 1.0

Agrandir

Tom Gauld

Depuis bientôt une décennie, Tom Gauld égaie les... (Tom Gauld) - image 1.1

Agrandir

Tom Gauld

La grande littérature, tout comme la culture populaire, regorge de codes et de référents dont on peut se jouer. Sous le crayon de Tom Gauld, le grand auteur doit traverser les obstacles d'un jeu vidéo pour atteindre sa tour d'ivoire, les robots envoyés sur Mars composent des haïkus, Dieu est un détective privé omniscient, Charles Dickens, un justicier masqué, et la fée marraine de Cendrillon est une féministe convaincue. Le bédéiste s'amuse des ajouts et des ellipses inévitables des adaptations hollywoodiennes et des contrastes incongrus entre la réalité et la fiction.

«Je ne suis pas le type de personne qui brûle de partager une vision précise du monde au reste de l'humanité», synthétise l'Écossais d'une voix calme et chaleureuse. On pourrait dire, à tout le moins, qu'il partage son regard aiguisé et amusé (et, par moments, futuriste) sur l'histoire, la politique, la culture.

Ce qui était d'abord une contrainte d'édition - inclure des références littéraires - est vite apparu comme un fabuleux moteur de création pour l'artiste. «Tout le monde a une idée des univers de Jane Austen ou de Charles Dickens, même s'ils n'ont pas lu leurs livres. Lorsqu'on veut faire une blague, il faut qu'une majorité de personnes comprennent la référence», dit-il pour expliquer sa prédilection pour ses plongées dans l'ère victorienne. Pourquoi y accoler robots et spout-niks? «Lorsqu'on fait des bandes dessinées à propos de la littérature, c'est intéressant de pouvoir puiser dans un univers plus visuel, qui comporte des figures claires», répond l'auteur.

Fils d'architecte, Tom Gauld est, depuis l'enfance, un dessinateur infatigable et un lecteur vorace et curieux. Les seules BD de sa bibliothèque de quartier étaient les Tintin et les Astérix, et l'humour gaulois l'a facilement emporté dans son coeur d'enfant sur la verve d'Hergé.

Lui-même se montre plutôt économe - minuscule espace oblige - dans les pages du Guardian, et avoue perdre un peu ses repères lorsqu'il doit se lancer dans un plus grand format, comme la couverture du New Yorker.

Ces jours-ci sur sa table de chevet, on trouve un roman de science-fiction dont la lecture a été interrompue par celle d'une fiction contemporaine qui se déroule à Londres et dont il doit faire la couverture et un roman anglais du XVIIIe siècle écrit par Laurence Stern. Une synthèse parfaite des univers où son esprit s'amuse. Ne manque que des albums de Chris Ware, Dan Clowes et Edward Gorey, qui trônent assurément à portée de main de sa table à dessin.

«J'aime que leurs bandes dessinées soient comme des livres d'art, qui ne ressemblent pas aux autres, qui sont quelque peu étranges. Ils exploitent leurs propres thèmes, sans suivre les règles du genre», explique Gauld, qui a bien appris de ses maîtres.

Après Goliath, qui revisitait l'histoire biblique de David et Goliath du point de vue du colosse, le bédéiste travaille sur un nouveau livre, une comédie de science-fiction. «Je dirais que c'est à la fois drôle et triste. Ça se déroule sur la Lune», glisse-t-il. Sans heure de tombée, qui l'oblige à produire, sa principale crainte est de trop penser...

Il pourra à tout le moins y dessiner le temps qui passe et, espérons-le, continuer de jouer avec lui, comme si les personnages prenaient des machines à voyager dans le temps et dans les dimensions. Dans un volume plus long, «on peut peser sur pause pour quelques pages», note Gauld, un luxe impossible dans l'espace restreint du Guardian. Nous sommes évidemment un peu jaloux de leur jetpack, qui fait la preuve qu'il y a toujours de petits espaces dans les journaux plus que centenaires pour la pertinence, l'humour et un peu de folie.

Tom Gauld, «Vous êtes tous jaloux de mon jetpack», Éditions Alto, 160 pages, 24,95 $

Visite à Québec et à Angoulême

Les éditions Alto nous confirment que Tom Gauld sera à Québec en avril. Le bédéiste et illustrateur fera un tour du chapeau en participant au Salon du livre international et au Festival de la bande dessinée francophone de Québec, qui se tiendront du 8 au 12 avril, ainsi qu'aux célébrations entourant le 10e anniversaire de la maison d'édition de Québec. Il pourrait même profiter de son voyage outre-Atlantique pour discuter et offrir quelques signatures aux lecteurs de Montréal. Par ailleurs, Vous êtes tous jaloux de mon jetpack fait partie des 35 titres de la sélection officielle du Festival international de la bande dessinée d'Angoulême 2015.

Partager

publicité

publicité

la liste:1710:liste;la boite:91290:box

En vedette

Précédent

publicité

la boite:1608467:box; tpl:300_B73_videos_playlist.tpl:file;

Les plus populaires : Le Soleil

Tous les plus populaires de la section Le Soleil
sur Lapresse.ca
»

CONTRIBUEZ >

Vous avez assisté à un évènement d'intérêt public ?

Envoyez-nous vos textes, photos ou vidéos

Autres contenus populaires

image title
Fermer