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Album Gabrielle Roy: le chant du cygne de François Ricard

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Photo prise sur les plaines d'Abraham vers 1956 par Horst Oesterwinter.

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<p>Isabelle Houde</p>

(Québec) Après avoir consacré 40 ans à l'étude et à la promotion de l'oeuvre de Gabrielle Roy, François Ricard pense avoir fait le tour du jardin. «Il y en a encore beaucoup à faire. Mais, personnellement, je pense - j'espère - que c'est mon chant du cygne», lance l'auteur en riant.

L'auteur François Ricard... (Le Soleil, Pascal Ratthé) - image 1.0

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L'auteur François Ricard

Le Soleil, Pascal Ratthé

Ce chant du cygne, c'est l'Album Gabrielle Roy, une oeuvre profondément humaine réunissant des photos connues et d'autres inédites de l'une des plus grandes écrivaines canadiennes du siècle dernier. Un projet qui vient clore le cycle de l'édition du Centenaire des oeuvres de la romancière de belle façon.

«Dans ce livre, c'est un autre type de présence de Gabrielle Roy, c'est la présence de la femme et non de l'auteure. C'est un livre qui n'est pas purement documentaire. J'espère que les gens vont y percevoir une certaine émotion. C'est un livre d'amitié, de reconnaissance, de nostalgie. Je m'ennuie beaucoup d'elle. Ça a été une des grandes rencontres de ma vie, c'est certain. Mais là, je pense que c'est terminé, je pense que j'ai fait ce que j'avais à faire», explique François Ricard, avec une émotion sincère.

L'homme de lettres a connu Gabrielle Roy quand elle avait 65 ans. Il venait d'être engagé comme professeur de littérature québécoise à McGill et était complètement tombé sous le charme de son oeuvre, après l'avoir relue. Il l'a contactée, pour compléter un livre qu'il venait de rédiger. Elle l'a invité à venir à son chalet de Petite-Rivière-Saint-François, son sanctuaire d'été dans Charlevoix.  

«Elle était très belle, très accueillante. Elle avait une sorte d'authenticité, de présence, qui m'a complètement fasciné et séduit. Je suis devenu son ami et son secrétaire, en quelque sorte», raconte François Ricard. À l'époque, elle vivait déjà très retirée du monde littéraire et du monde médiatique. Mais elle n'était pas une recluse, assure-t-il. Ce qu'il veut qu'on voie à travers cet album, c'est «une vie d'écrivain, entièrement consacrée à la littérature, mais aussi une vie normale, avec des amis, dans des décors et des milieux qu'elle aime». 

C'est ainsi qu'on découvre une Gabrielle Roy au naturel sur les plaines d'Abraham, en Europe ou encore à son chalet de Petite-Rivière-Saint-François. Les portraits plus connus d'elle, réalisés en studio, sont déclinés dans des versions qu'on n'a jamais vues non plus.

Dénicher tous ces «petits trésors» inédits a demandé beaucoup de travail à François Ricard, pour la simple et bonne raison que le matériel de base n'était pas particulièrement abondant. «Gabrielle Roy appartient à une génération pour laquelle la photographie ne prenait pas la place qu'elle prend aujourd'hui. En plus, elle n'aimait pas trop se faire photographier, sauf par nécessité», précise-t-il. 

Trois grandes périodes

Le résultat en est d'autant plus poignant. Cette biographie imagée, François Ricard l'a organisée autour de trois grandes périodes chronologiques, soit : les commencements de sa vie au Manitoba; le temps de l'aventure, avec ses pérégrinations européennes qui se terminent avec la publication de Bonheur d'occasion à Montréal; puis le temps de l'écriture, quand Gabrielle Roy s'est consacrée tout entière à son oeuvre. Finalement, une saisissante dernière section se déploie comme une galerie de portraits montrant son visage au fil du temps. Çà et là, de courts textes brossent à grands traits le récit d'une vie. 

Même s'il dit signer ici son dernier ouvrage sur Gabrielle Roy, François Ricard, qui a été son biographe posthume, pense que tout n'a pas encore été dit sur l'auteure qui aurait mérité, à son avis, un prix Nobel. «Le génie des romanciers, et c'est ce qui m'avait tellement séduit chez elle, c'est le sens de l'existence. Un grand romancier, c'est quelqu'un qui nous fait découvrir et ressentir ce qu'est notre propre vie, ce que c'est d'être un humain aujourd'hui», expose le chercheur et essayiste. 

«Elle creusait son sillon, qui était de montrer à chaque lecteur ce qu'est l'expérience de vivre. C'était son filon, son obsession, presque. Et pour moi, c'est admirable. Ça justifie le genre de vie qu'elle a eue, pas très rigolote au fond. Une vie confortable, mais entièrement prise par la littérature. Elle a sacrifié beaucoup de choses pour ça», note-t-il. 

Quand il l'a rencontrée, Gabrielle Roy était «déjà une femme usée, à la santé fragile». Le portrait de John Reeves la montrant le menton appuyé dans sa main, pensive, son visage ridé à demi dans l'ombre, représente bien la Gabrielle Roy que François Ricard a connue. C'était en 1975, elle avait 66 ans. Elle n'a jamais cessé d'écrire jusqu'à sa mort, à 74 ans, en 1983. «Elle n'a jamais lâché. Elle n'a jamais perdu son but de vue, soit d'exprimer de la manière la plus fidèle, la plus juste possible, ce qui pouvait être partagé par le plus de lecteurs», conclut François Ricard.

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