Québec en toutes lettres: pour réussir un canular

Le but de l'AJAR, outre l'écriture, est de... (Le Soleil, Pascal Ratthé)

Agrandir

Le but de l'AJAR, outre l'écriture, est de rendre la littérature vivante, en livrant des lectures qui intègrent d'autres arts, comme la musique, et en allant à la rencontre du public.

Le Soleil, Pascal Ratthé

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

Sur le même thème

(Québec) L'Association de jeunes auteurs romands a un acronyme prédestiné : l'AJAR, comme Émile Ajar, le fameux pseudonyme de Romain Gary. Pas étonnant que la vingtaine d'écrivains en herbe aient décidé de tricoter des histoires au-delà des pages et conjuguent allègrement vérité et fiction.

Presque la moitié de la troupe à composition variable séjourne dans la capitale pendant le festival littéraire Québec en toutes lettres, consacré cette année aux doubles et aux pseudonymes. Ils ont monté une exposition autour du personnage d'Esther Montandon, sous le nom de qui ils ont signé l'ouvrage collectif Vivre près des tilleuls. En se cachant derrière cette signature, ils se sont amusés à jouer les agents doubles.

«Étrangement, même si mon nom n'y est pas, quand j'ai tenu le livre dans mes mains, c'était la réalisation dont j'étais le plus fier», souligne Alain Guerry, un des membres de l'AJAR. Dans ce récit en fragments, les auteurs ont accordé leur style en se fixant certains paramètres, «comme écrire au "je" et au présent et utiliser des mots typiquement suisses», explique sa collègue Julie Guinand.

Leur canular a été soigneusement fignolé. «À l'ère numérique, tout est vérifiable, donc il faut laisser des traces», souligne Guinand. «Quand on ne peut plus distinguer le réel de la fiction, c'est le début du théâtre, ajoute son collègue. Mais ça pose aussi plusieurs questions éthiques... Jusqu'où on peut mentir aux gens?»

Ils brouillent les pistes, occultent la notion d'auteur, échangent leurs écrits lors de leurs activités publiques. Parmi leurs prochains projets, ils feront une lecture dans le noir dans une église et écrivent un roman noir à 36 mains, en 18 chapitres. Pourquoi écrire en groupe, à cette époque où le «je» prime souvent le «nous»? Pour apprendre, s'amuser, échanger, répondent les jeunes écrivains. «Et on s'aperçoit que le travail qu'on fait en groupe se reflète sur nos écrits individuels. Plusieurs d'entre nous ont publié leur premier livre ces deux dernières années», note Guerry.

Leur but, outre l'écriture, est de rendre la littérature vivante, en livrant des lectures qui intègrent d'autres arts, comme la musique, et en allant à la rencontre du public. Ils font même un peu de théâtre, comme vous pourrez le constater jeudi soir lors d'une lecture-spectacle autour d'Esther Montandon.

Le nom ne vous dit rien? Prenez la peine d'aller faire une petite recherche Web et de visiter l'exposition Autopsie d'un canular, au Studio P, pour vous familiariser avec lui... On s'en reparle vendredi.

Vous voulez y aller?

Quoi : Esther Montandon : pièces détachées

Qui : collectif l'AJAR

Quand : jeudi à 17h

Où : Studio P, 280, rue Saint-Joseph Est

Entrée : macaron du festival obligatoire

Partager

publicité

publicité

la liste:1710:liste;la boite:91290:box

En vedette

Précédent

publicité

la boite:1608467:box; tpl:300_B73_videos_playlist.tpl:file;

Les plus populaires : Le Soleil

Tous les plus populaires de la section Le Soleil
sur Lapresse.ca
»

CONTRIBUEZ >

Vous avez assisté à un évènement d'intérêt public ?

Envoyez-nous vos textes, photos ou vidéos

Autres contenus populaires

image title
Fermer