Quand on lit un polar ou un thriller, on se demande où les auteurs vont... (Illustration Le Soleil)

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Didier Fessou
Le Soleil

(Québec) Quand on lit un polar ou un thriller, on se demande où les auteurs vont chercher leurs idées tellement elles sont saugrenues, étranges ou terrifiantes. Curieusement, Québec inspire plusieurs de ces auteurs. Pensez à Chrystine Brouillet et à sa célèbre inspectrice Maud Graham. Nous avons demandé à cinq d'entre eux de nous révéler leurs petits secrets d'auteur.

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Patrick Senécal

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Chrystine Brouillet est au nombre des écrivains qui... (Photothèque Le Soleil) - image 1.1

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Chrystine Brouillet est au nombre des écrivains qui ont fait de la ville de Québec une école du polar. Elle nous revient avec de nouvelles aventures de Maud Graham : Double disparition (La Courte échelle).

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Q Quelles sont vos sources d'inspiration?

Patrick Senécal : Difficile à dire. Partout et nulle part. Les idées viennent par flashs. Ça peut être provoqué par quelqu'un, par une émotion que je vis, par une scène que je vois dans la rue. Vraiment, ça peut être n'importe quoi. Parfois, une idée se crée à partir de quelque chose qui me met en colère.

Jean Lemieux : C'est un mystère que je veux garder intact. Les sujets de roman m'arrivent le plus souvent sous la forme d'une seule image, précise, par exemple une jeune fille morte au bas d'une falaise, un musicien assassiné pendant une fête, un enfant tué par un chauffard. Mes histoires mettent des mois, parfois des années, avant de «germer». En cours d'écriture, je visite les lieux, je m'imbibe d'une atmosphère, souvent musicale. Je m'inspire aussi de mes lectures et de certaines expériences personnelles. Je n'écris jamais sur ce qu'on appelle un sujet. L'histoire doit m'habiter avant que je l'écrive. Mon travail d'accoucheur consiste à m'installer le plus souvent possible à mon clavier. Heureusement, je ne souffre pas du syndrome de la page blanche.

Chrystine Brouillet : Dans les transports en commun: comme je ne conduis pas, je prends l'autobus et le métro, et j'écoute les conversations de mes voisins. Il suffit parfois d'une seule phrase pour que mon imagination s'emballe; je me souviens d'une jeune fille qui croyait que son amoureux l'aimait parce qu'il était jaloux. Cette erreur de jugement m'a inspirée Rouge secret. Les injustices sociales sont aussi très présentes dans le quotidien de Maud Graham, mon personnage fétiche; on ne manque pas de sujets dans notre société...

Jean-Jacques Pelletier : Je ne crois pas beaucoup à l'inspiration. Je crois surtout au travail. Pour ce qui est du matériel sur lequel je travaille, je le trouve en morceaux épars dans les médias ou dans les remarques que les gens font sur l'actualité. Le travail est justement de surmonter ce morcellement et de construire quelque chose de structuré - ou plutôt, de dégager les cohérences qui sont sous-jacentes derrière cette dispersion d'éléments.

Jean-Michel David : Dans l'histoire, aux actualités, un peu partout autour de moi. L'inspiration est partout. Je n'ai jamais compris le syndrome de la page blanche.

Longtemps professeur de philosophie au Cégep de Lévis-Lauzon,... (Photothèque Le Soleil) - image 2.0

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Longtemps professeur de philosophie au Cégep de Lévis-Lauzon, Jean-Jacques Pelletier est le maître incontesté du thriller québécois. Il propose Les taupes frénétiques (Hurtubise), un essai sur la montée des extrêmes en Occident.

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Jean-Michel David fait une entrée remarquée dans la... (Photothèque Le Soleil) - image 2.1

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Jean-Michel David fait une entrée remarquée dans la littérature québécoise avec le thriller politique Voir Québec et mourir (Hurtubise).

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Q Qu'est-ce qui vous donne froid dans le dos?

PS Notre irresponsabilité collective qui, je crois, est la conséquence de notre confort.

JL La cruauté, dans ses formes les plus froides et les plus organisées. Les romans «d'horreur» ne m'intéressent que très peu. Le crime est fascinant quand il survient dans la vie de gens ordinaires, dans un contexte psycho-social précis.

CB Rester coincée dans un ascenseur avec un inconnu; par déformation professionnelle, je me méfie de tout le monde. Plus sérieusement, la maladie. J'invente des histoires mais la maladie est une réalité qui frappe n'importe qui, n'importe quand et bien plus souvent qu'un tueur en série.

JJP Le remplacement de plus en plus évident de la compréhension par l'émotion comme critère d'interprétation de la réalité. Autrement dit: le renoncement à comprendre et à transformer le monde dans lequel on vit au profit de la recherche du confort et du trip, quitte à accepter n'importe quel accommodement «raisonnable» avec les réalités déplaisantes... pourvu qu'elles touchent seulement les autres.

JMD La part sombre des gens, en général. Poussés par les bonnes motivations, les gens les plus respectables seraient capables de tout.

Q Connaissez-vous le dénouement de votre histoire avant de commencer à écrire?

PS Toujours. J'ai un plan très précis et je m'en écarte très peu.

JL D'une règle générale, non. J'aime découvrir, me faire surprendre par mes personnages. Le roman policier reposant sur une mécanique précise, je m'oblige néanmoins à répondre à des questions essentielles avant de me lancer: qui a fait quoi, comment et surtout pourquoi. L'exposition des faits, dans la première partie du livre, me fournit souvent un premier dénouement, bien qu'il me soit arrivé de me risquer, comme un funambule, sur le fil des péripéties sans savoir à quel pôle il était attaché.

CB Oui, je fais un plan extrêmement précis d'un roman avant de l'écrire. Chaque chapitre est détaillé et la fin décidée. Je n'ai donc pas de surprises mais étant une perpétuelle angoissée, cela me rassure de connaître le destin de mes personnages.

JJP Au début, oui... mais ça ne veut pas dire que c'est ce dénouement-là qui va être retenu. En fait, l'idée générale que je me fais de l'histoire, au début, est autant un moteur qu'un programme. Je fais toujours un plan assez détaillé parce que, plus le plan est précis, plus il est facile d'improviser, d'intégrer de nouvelles idées, de transformer ou d'ajouter des personnages, de modifier le montage et de transformer l'intrigue tout en préservant la cohérence de l'histoire.

JMD Pour un roman, oui. Tu n'entreprends pas un trajet de cinq ou six cents pages sans une vague idée de l'endroit où tu t'en vas.

Q Quels auteurs vous font peur?

PS Les Bienveillantes de Jonathan Littell m'a vraiment horrifié. Mais quel grand livre! Le meilleur que j'ai lu ces dernières années.

JL Je ne lis pas de romans d'horreur, plus par ennui que par peur. Par contre, je suis sensible à l'horreur au cinéma. Certains films de Polanski, Hitchcock ou Kubrick me rendent inconfortable.

CB Au delà du mal de Shane Rivers. Terrifiant, bouleversant, puissant. Avant d'aller dormir de Sarah Watson. Un roman hypnotisant, dérangeant. Et sans aller jusqu'à me terrifier, R. J. Ellory me tient totalement sous sa dépendance!

JJP La réalité est beaucoup plus terrifiante que n'importe quelle fiction. C'est d'ailleurs pour ça qu'on écrit de la fiction: pour apprivoiser la réalité.

JMD Patrick Senécal parvient souvent à me mettre mal à l'aise.

Q Votre livre fétiche?

PS Mystic River de Dennis Lehane.

JL La Chartreuse de Parme de Stendhal et L'Adieu aux armes de Hemingway.

CB Ces gens qui frappent à la porte de Patricia Highsmith.

JJP La Chute et L'homme révolté de Camus, La métamorphose et Le terrier de Kafka, Le roi se meurt de Ionesco, En attendant Godot de Beckett.

JMD The Long Walk de Stephen King.

Dans le nouveau polar de Jean Lemieux, L'homme... (Photothèque Le Soleil) - image 3.0

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Dans le nouveau polar de Jean Lemieux, L'homme du jeudi (La Courte échelle), on retrouve l'inspecteur André Surprenant, maintenant affecté au poste de la SQ à Lac-Beauport.

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>> Séances de dédicaces

Patrick Senécal: vendredi de 14h à 15h30 et de 18h à 19h30, samedi de 10h à 11h et de 12h30 à 14h et dimanche de 10h à 11h30 et de 12h30 à 14h, stand 638 samedi, de 16h à 17h, stand 519

Jean Lemieux: jeudi de 10h30 à 11h30, samedi de 14h30 à 15h30 et de 17h à 18h et dimanche de 11h30 à 12h30, stand 116

Chrystine Brouillet: jeudi de 17h30 à 19h et vendredi de 18h à 19h30, stand 116

Jean-Jacques Pelletier: vendredi de 18h30 à 19h30, samedi de 14h à 15h, stand 638 vendredi de 16h à 17h, samedi de 18h à 19h et dimanche de 13h à 14h, stand 411

Jean-Michel David: samedi de 12h à 13h et de 18h à 19h, dimanche de 11h à 12h et de 14h à 15h, stand 411

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