Faut-il casser le monopole de la SAQ?

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La SAQ commercialise deux catégories de produits : les produits réguliers au nombre de 1200, offerts dans toutes les succursales. Et les produits de spécialité, des vins ou des alcools plus typiques, plus rares ou plus prestigieux.

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Didier Fessou
Le Soleil

(Québec) Pour que nous, les consommateurs, ayons accès à un plus grand choix et à un meilleur prix, faudrait-il privatiser la Société des alcools du Québec?

Bonne question, hein...

C'est celle que pose Frédéric Laurin dans Où sont les vins?, un essai de 192 pages publié par Hurtubise.

Avant d'enseigner l'économie à l'Université du Québec à Trois-Rivières, Frédéric Laurin a étudié à Bruxelles. Il y a découvert le vin. Et les innombrables subtilités des terroirs et des millésimes.

Il a aussi comparé les façons de vendre le vin en Belgique et au Québec. Selon lui, deux pays assez proches par la population, la mentalité et les habitudes.

Au Québec, la Société des alcools nous propose 6200 références.

En Belgique, pas de monopole d'État. C'est l'entreprise privée qui commercialise vins et alcools. Du coup, là-bas, vous avez accès à... 16 000 références!

Un exemple, la bière. Les Belges produisent 800 sortes de bière. Oui, vous avez bien lu, 800.

Notre chère SAQ importe 12 de ces 800 bières.

Les Ontariens de la Liquor Control Board of Ontario (LCBO) en importent 34. Et si vous n'avez pas un de ces ridicules cabas en plastique pour les transporter, le commis de la LCBO se fera un plaisir de vous donner - oui, vous donner - un sac en papier.

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La SAQ est à l'image des pratiques canadiennes dans bien des domaines : ici, on gère l'offre et les consommateurs doivent s'adapter.

Constat de Frédéric Laurin : «Je me suis aperçu que le plaisir de la découverte du vin n'a plus le même sens au Québec, une province où règne l'obsession de contrôler scrupuleusement, avec un zèle digne d'un régime soviétique, les vins qui seront admis sur le marché.»

Comment la SAQ évalue-t-elle les produits qu'elle vend? À cette question, ne répondez surtout pas «le goût du produit».

Dans l'évaluation des produits à la SAQ, la dégustation ne compte que pour 25 %. Le reste, c'est-à-dire 75 %, concerne l'investissement promotionnel, la performance du fournisseur, la notoriété, l'environnement (?) et le rapport qualité/prix.

Peu importe que les consommateurs recherchent d'abord et avant tout un produit à leur goût.

Parlons prix. Frédéric Laurin a constaté que le prix des vins en Europe était extraordinairement moins élevé qu'au Québec.

Explication. Mettons un vin que le fournisseur vend 5,26 $ la bouteille à la SAQ, incluant le coût du transport. Les droits de douane et les taxes fédérale et provinciale s'élèvent à 2,91 $.  Soit un total de 8,17 $.

À ce montant de 8,17 $, la SAQ ajoute une marge de 46,6 %. C'est-à-dire 7,13 $.

Résultat, nous payons 15,30 $ une banale bouteille de picrate qui vaut 5,26 $ transport inclus.

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La SAQ commercialise deux catégories de produits.

Une, les produits réguliers au nombre de 1200. Offerts dans toutes les succursales.

Deux, les produits de spécialité, c'est-à-dire des vins ou des alcools plus typiques, plus rares ou plus prestigieux.

Les produits de spécialité ne sont pas distribués partout, et la SAQ a une façon particulière  de tenir ses stocks à jour.

Disons que 2005 fut une année exceptionnelle. Avant de s'approvisionner en 2005, la SAQ cherchera à écouler toutes ses bouteilles des années antérieures. Quand elle aura compris que 2005 est une grande année, il sera peut-être trop tard. Les importateurs américains et asiatiques auront raflé la plupart des bouteilles disponibles.

Voilà pourquoi la SAQ passe parfois à côté de grands millésimes.

Frédéric Laurin écrit : «C'est comme si un libraire refusait d'avoir le dernier roman d'Amélie Nothomb tant et aussi longtemps qu'il n'aurait pas vendu ses autres romans!»

À propos, faut-il privatiser la SAQ?

N'y pensez même pas. Jamais le gouvernement québécois ne se départira d'un monopole qui lui rapporte 750 millions $ par année.

L'auteur propose d'introduire un peu de concurrence en permettant à des cavistes d'importer et de vendre librement vins et produits spécifiques.

Par exemple, pourquoi pas une boutique dédiée au whisky à Montréal et à Québec? Ou une autre spécialisée dans les vins et les produits fins italiens? Ou dans les grands Bourgogne?

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