10e Foire Papier: cap sur la métropole

  • <em>Europe n°1</em> de Rafael Sottolichio (Fournie par Lacerte art contemporain)

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    Europe n°1 de Rafael Sottolichio

    Fournie par Lacerte art contemporain

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  • <em>Spectre n°6</em> de Jérémie St-Pierre (Fournie par la galerie Michel Guimont)

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    Spectre n°6 de Jérémie St-Pierre

    Fournie par la galerie Michel Guimont

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  • La série <em>Les Génies</em> de Julie Picard (Guillaume D. Cyr)

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    La série Les Génies de Julie Picard

    Guillaume D. Cyr

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  • <em>Watch Out For The Big Horse</em> de Tim Moore (Fournie par la Galerie 3)

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    Watch Out For The Big Horse de Tim Moore

    Fournie par la Galerie 3

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Josianne Desloges
Josianne Desloges

Collaboration spéciale

Le Soleil

(Québec) Les trois principales galeries d'art contemporain de Québec font des affaires dans la métropole cette fin de semaine, à l'occasion de la 10e Foire Papier. Une occasion de vendre aux collectionneurs corporatifs, privés et néophytes, de donner une vitrine à leurs artistes et de développer des liens précieux.

«La Foire Papier permet aux gens de voir, en une tournée, des oeuvres présentées par une quarantaine de galeries canadiennes. Ça donne un très bon aperçu de la production en art actuel», résume le galeriste Michel Guimont, qui participe à la Foire depuis qu'il a ouvert sa galerie, il y aura bientôt sept ans. «Les galeries amènent ce qu'elles ont de mieux et comme ce sont des oeuvres sur papier, on peut en trouver à quelques milliers de dollars ou à moins de mille dollars, ce qui est très abordable.»

La Foire Papier est d'abord une vitrine. Le matériel récent des artistes phares de chacune des galeries est ce qui est davantage mis de l'avant, mais on trouve aussi des oeuvres du marché secondaire.

Lacerte art contemporain entend attirer des collectionneurs avec des Riopelle et des Serge Lemoyne, tout en présentant des photographies de Charles-Frédérick Ouellet et des oeuvres récentes d'Eveline Boulva. «Nous l'avons choisie pour le catalogue parce qu'elle avait de nouveaux papiers, avec beaucoup de couleurs vives et qu'elle fera une expo à Montréal cet automne», indique Paul Brunet, qui assiste Louis Lacerte pour la gestion de la galerie de Québec. Celle-ci présente aussi les oeuvres 3D d'artistes invités dont le papier est le matériau de prédilection: des pièces de la série Les génies de Julie Picard et des oeuvres format domestique spécialement réalisées pour la foire par un duo de Brook-lyn, Wade Kavanaugh et Stephen Nguyen, qui réalise habituellement des installations monumentales.

«On voulait des oeuvres fortes, mais aussi un corpus qui se tient», résume Norbert Langlois de la Galerie 3, qui aura entre autres des oeuvres de BGL, Cooke-Sasseville et Andrea Mortson. «Le fait qu'on soit plein de galeries ensemble, ça met la barre haute. C'est très motivant.» Pour les représenter dans le catalogue de la Foire, ils ont choisi Daniel Barrow, «qui fait des résidences partout au Canada et aux États-Unis, mais que les gens n'ont pas la chance de voir à Montréal, même s'il y habite», indique Abdelilah Chiguer.

Michel Guimont a choisi Jocelyn Robert, qu'il représente depuis l'automne, pour le catalogue: «Ses Automoirés impressionnent beaucoup, ça va être un talk piece. C'est un artiste important qui n'a jamais été dans une foire commerciale et on veut le faire connaître», indique le galeriste, qui a aussi amené des oeuvres de Tania Girard-Savoie, René Derouin, Diane Landry et Jérémie St-Pierre.

Plus de 17 000 personnes s'étaient déplacées pour la 9e Foire Papier.  «L'an dernier, les gens qui marchaient au Vieux-Port entraient à la Foire Papier sans connaître l'événement. Ici, je ne sais pas si on touchera des gens qui ne sont pas du milieu», souligne Norbert Langlois. Comme ses vis-à-vis des galeries Lacerte et Guimont, sa première impression de L'Arsenal est toutefois très positive. «C'est magnifique, c'est pro, les oeuvres seront bien mises en valeur.»

Jeudi après-midi, des représentants de plusieurs collections corporatives (Desjardins et Loto-Québec, notamment) faisaient une tournée des kiosques avant l'ouverture de la foire - et sans les galeristes. Lors de sa première participation à la Foire Papier l'an dernier, la Galerie 3 n'a fait aucune vente à cette occasion. «Mais cette année, ils nous ont demandé notre catalogue en avance. Ça se prépare en aval», note Abdelilah Chiguer. «On se fait les dents», renchérit son associé. Les deux galeristes ont annoncé dès la création de la Galerie 3 qu'ils voulaient représenter des artistes de calibre international et leur donner de la visibilité hors de Québec. «À partir de 25 000 $ de vente, on va se dire qu'on a fait une bonne foire. Mais on aimerait aussi avoir des gains symboliques avec les musées et des collections d'entreprises», indiquent-ils.

Retombées

La Foire a des retombées à moyen terme. «On double le montant qu'on fait à la foire avec les gens qui nous visitent à l'automne parce qu'on a déjà établi un premier contact. Pour nous, ça a toujours été très bon», souligne Michel Guimont. «C'est très rentable, il y a beaucoup de monde et c'est une Foire pas trop coûteuse», renchérit Paul Brunet.

La galerie Lacerte effectue un retour à la Foire Papier, après une année de transition et de restructuration. En 2015, Lacerte et les voisines de son local montréalais avaient aussi décidé de créer leur propre événement Art contemporain pour tous. «Je veux renforcer les liens avec l'AGAC [l'Association des galeries d'art contemporain, qui organise la Foire Papier] qui se sont un peu effrités. Je trouve que c'est une association importante. J'aimerais qu'il y a ait plus de ponts avec la région de Québec», indique Paul Brunet, qui a organisé une activité avec l'AGAC à la plus récente Foire en art actuel de Québec.

On sentait déjà une certaine fébrilité chez les galeristes à qui nous avons parlé mercredi, à la veille du vernissage VIP qui lançait officiellement la Foire Papier. «Il y a du monde, ça bouge, c'est vraiment intense, on va sortir d'ici épuisés, mais heureux», prévoyait Norbert Langlois.

La Foire Papier se tient jusqu'au dimanche 23 avril au 2020, rue William, Montréal. Info: papiermontreal.com

Québec bien représentée au prix Sobey

La liste des finalistes au 15e prix Sobey pour les arts, la plus importante distinction pour les artistes canadiens de 40 ans et moins, est toujours un bon indicateur des artistes en art actuel qu'il faut (continuer de) surveiller. Cette année, pas moins de 4 artistes sur les 25 finalistes sont représentés dans des galeries de Québec.

Il y a d'abord Ludovic Boney, qui a signé entre autres la monumentale sculpture Une cosmologie sans genèse dans la cour intérieure du nouveau pavillon Lassonde. «On ne s'y attendait pas, c'est vraiment une belle surprise», a réagi Michel Guimont, qui représente le sculpteur du Bloc 5.

On a aussi pu voir le travail de trois autres finalistes - Dan Brault, Annie Baillargeon et Graeme Patterson - à la Galerie 3 dans la dernière année.

Jacynthe Carrier, qui a grandi à Lévis et habite à Québec, fait aussi partie de la liste dévoilée cette semaine. On peut présentement voir son installation Parade, réalisée avec L'orchestre d'hommes-orchestres, dans l'exposition centrale de la Manif d'art.

La liste préliminaire du prix Sobey comprend cinq artistes par région (la Côte Ouest et le Yukon, les Prairies et le Nord, l'Ontario, le Québec et les provinces de l'Atlantique). Les finalistes pour chacune des régions seront dévoilés le 6 juin et le lauréat, le 25 octobre.

Aubert, de la série Les effigies dérobées, portraits... (Hélène Bouffard) - image 3.0

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Aubert, de la série Les effigies dérobées, portraits glorieux et obscurs d'une curieuse parenté d'Hélène Bouffard

Hélène Bouffard

Hélène Bouffard: collection d'êtres mystérieux

Onze portraits nous fixent. Ils semblent sur le point de s'animer, comme dans les romans de la série Harry Potter. Sauf que la peinture les enveloppe, les retient, les submerge et que leurs yeux portent des histoires pas encore racontées.

«J'avais en tête de faire une série de profils de femmes, où la matière venait jouer sur le personnage, comme si la couleur s'emparait d'eux, comme s'ils se fondaient ensemble», explique Hélène Bouffard, qui présente Les effigies dérobées, portraits glorieux et obscurs d'une curieuse parenté à l'Établi.

L'oeuvre avec laquelle l'artiste a amorcé sa série montre une femme sur fond vert, dans un cadre ovale, et fait penser à un camé. Pour son second portrait, elle avait plutôt envie de montrer son oncle, un capitaine de bateau de Trois-Pistoles, vêtu de l'habit de son grand-père, qui exerçait la même profession. «Alors j'ai pensé à une série de portraits, de photos de famille, qui ont une parenté», indique Hélène Bouffard.

On se trouve devant une Mona Lisa en clair-obscur, une Frida Khalo blonde aux mains tachées de sang, un jeune Mozart, un personnage glauque à la Dickens... «Ce qui m'intéressait, c'était de trouver le personnage, puis de construire autour, de travailler le fond qui allait aller avec son histoire», note l'artiste, qui a peint ses toiles de fond (et ses modèles!) avant la prise de photos, puis a fait certaines retouches au pastel sec, au fusain ou avec de la peinture sur l'image imprimée.

Certains visiteurs reconnaîtront les comédiennes Mélissa Merlo et Marie Lee Picknell, ainsi que le réalisateur Elias Djemil, mais sinon, la photographe a sollicité des membres de sa famille et des connaissances aux traits singuliers.

Il pourrait il y avoir une deuxième étape au projet, où Hélène Bouffard inviterait des gens à écrire l'histoire de ses personnages.

On se réjouit du retour des expositions, pour ce printemps du moins, dans le local situé au-dessus des Salon d'Edgar, qui sert de lieu de travail à une quinzaine de travailleurs autonomes en photographie, graphisme et communications. L'Établi a présenté de belles propositions lors des cinq années où il était soutenu par Première Ovation, mais ne peut maintenant plus se permettre de proposer une programmation régulière, ce qui est bien dommage.

L'exposition est présentée jusqu'au 2 mai au 265, rue Saint-Vallier Est, Québec.




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