Réalités inventées chez VU

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Une oeuvre de Gisele Amantea qui expose dans la plus grande galerie de VU.

Le Soleil, Jean-Marie Villeneuve

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Josianne Desloges
Josianne Desloges

Collaboration spéciale

Le Soleil

(Québec) Le centre d'artistes VU présente deux expositions où des photographies deviennent le canevas d'un nouveau récit inventé. Alors que Gisele Amantea fouille des enjeux liés à la politique et à l'histoire de l'art, Christopher Boyne a construit deux récits en miroir à partir de deux images trouvées.

Faux sites de Gisele Amantea

Gisele Amantea... (Le Soleil, Jean-Marie Villeneuve) - image 3.0

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Gisele Amantea

Le Soleil, Jean-Marie Villeneuve

D'abord une phrase au mur, d'une agressivité crasse, imprimée sur une matière blanche et douce. Puis deux séries d'oeuvres placées dans deux espaces séparés. «Je voulais réfléchir sur les sites, les lieux. Le musée, puis un souk que j'ai photographié à Alep en 2010, un an avant que la révolution commence», indique l'artiste. Des soutien-gorges aux couleurs éclatantes et des robes à froufrous destinées aux fillettes se déploient de manière quelque peu inattendue dans un lieu à l'architecture traditionnelle, gardé par deux hommes aux traits sérieux.

L'artiste a reproduit et modifié l'image en ajoutant une série d'interventions: le visage d'une Pussy Riot caché par une cagoule vert lime, une activiste et un policier en pleine confrontation, un rideau de grands traits noirs en hommage à un artiste argentin... De ces juxtapositions peuvent naître une série d'interprétations. «J'aimais bien l'idée que, dans la destruction, quelque chose d'autre peut émerger», note l'artiste.

Dans l'autre section, sur les photographies, on reconnaît l'entrée du Musée d'art contemporain de Montréal, où des colonnes massives crée l'effet étrange d'un espace pompeux et perdu, alors qu'on a parfois l'impression que le musée manque d'espace pour exposer les oeuvres. Amantea a encore là multiplié l'image pour y faire des interventions, qui sont truffées de références à l'histoire de l'art. Elle reproduit les ruines et des éléments des dessin de Piranesi, y intègre une sculpture de Giacometti, l'image du fondateur du Musée d'art moderne de New York, un migrant qui dort dans un coin, Buster Keaton qui se couvre les yeux comme si elle insérait des visions, des messages, des souhaits, des éléments de distorsion qui font réfléchir.

Originaire de Calgary et maintenant établie à Montréal, Gisele Amantea a également fait partie de l'exposition collective Oh, Canada, organisée par le MASS MoCA au Massachusetts. On a aussi vu son travail à la Galerie des arts visuels en 2014.

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One stack, three stacks, de Christopher Boyne

Christopher Boyne expose les photographies de navires inconnus,... (Le Soleil, Jean-Marie Villeneuve) - image 5.0

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Christopher Boyne expose les photographies de navires inconnus, pour lesquels il a créé une histoire.

Le Soleil, Jean-Marie Villeneuve

En 2015 au Symposium de Baie-Saint-Paul, Christopher Boyne réalisait des maquettes de bois à l'image des bateaux qui passaient sur le fleuve tout près, en temps réel, comme des archives du trafic maritime quotidien. Il a ensuite participé à la résidence 23 days at sea de la Access Gallery, qui l'a mené de Vancouver jusqu'en Chine.

Ce printemps à VU, l'artiste originaire d'Halifax expose les photographies de deux navires inconnus. «J'étais dans un marché aux puces de Victoria, et il y avait une grosse boîte d'impressions photographiques. Que des portraits, sauf ces deux bateaux», raconte l'artiste.

Il s'est laissé aller à inventer et a composé deux textes qui auraient pu se retrouver dans les journaux de bord de chacun des navires, pour relater le moment précis où ils se sont croisés. «Je me demande si nous pouvons en apprendre davantage sur ces navires à travers une description banale, inventée et sans émotion que si j'avais fait une véritable recherche documentaire», explique-t-il.

Des agrandissements des deux photographies trouvées et les textes se font face dans l'espace d'exposition.

«Les textes [en anglais] ont le même nombre de phrases et le même nombre de mots, des paramètres que j'ai aussi voulu conserver dans la traduction française», indique l'artiste. Il joue sur les équivalences de forme et de contenu, un jeu qu'il a repris en inventant deux pavillons différents qui ont la même proportion de vert et de rouge dans leur composition.

L'usure des photographies est magnifiée par le changement d'échelle, les bordures vont se courber avec l'humidité et avec le temps.

Les deux expositions sont présentées jusqu'au 30 avril au 550, côte d'Abraham, Québec.

Info: vuphoto.org

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Canadian Bacon en orbite de la Manif

Le centre d'artistes VU présente deux... (Photo fournie par François Lapierre) - image 7.0

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Photo fournie par François Lapierre

Le thème de L'art de la joie colle à la peau de bien des artistes du créatif et déjanté collectif Canadian Bacon, qui présente justement sa 6e exposition en collaboration avec la Manif d'art.

Le fondateur de Canadian Bacon, Phelipe Soldevila, voit cette association comme une belle reconnaissance du milieu, qui permettra au collectif d'acquérir plus de crédibilité auprès des collectionneurs.

L'espace d'exposition étant une peu plus étroit qu'à l'accoutumée (Canadian Bacon a notamment déjà niché dans le grand local de la boutique Plenty Humanwear et sur un étage complet d'un immeuble vide en face de l'École des arts visuels), les artistes sélectionnés pour cette mouture font partie du noyau du collectif à géométrie variable. L'exposition durera deux semaines, plutôt que pendant quelques jours comme les présentations précédentes.

De nouveaux noms s'intègrent régulièrement à la joyeuse bande d'artistes émergents aux pratiques éclectiques, qui flirtent souvent avec le Street Art. Canadian Bacon organisera une deuxième exposition «secrète» peu de temps après l'exposition officielle pour sélectionner de nouvelles recrues, si affinités. «On a reçu 80 applications en trois semaines», se réjouit Soldevila, toujours ravi de stimuler et de mobiliser la communauté artistique.

Mais d'abord, on pourra voir des oeuvres de Paul Brunet, d'Olivier De Serres, de Samuel Breton, de Marie-Ève Fréchette, d'Éloïse Plamondon-Pagé, de François Lapierre (co-organisateur avec Soldevila), de Matel, de Pishier, d'Oliver Roberge et compagnie du 21 avril au 5 mai au 305, rue du Pont, Québec (l'ancien local de la friperie du Café-Rencontre).

La soirée d'ouverture sera agrémentée par DJ Don Dazzle et le camion de bouffe de rue des Méchants Moineaux.

Info: www.facebook.com/canadianbaconart 

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Formule bonifiée pour l'encan d'Engramme

Cahier Folie/Culture no 7 - La collection des... (Photo fournie par Engramme) - image 9.0

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Cahier Folie/Culture no 7 - La collection des idées reçues, 2005, 70 lithographies sur papiers mouchoirs. Prix de départ 980$

Photo fournie par Engramme

Le centre d'artistes Engramme a apporté plusieurs changements à son traditionnel encan-bénéfice, qui se tiendra jeudi. D'abord le lieu, puisque la soirée se déroulera aux Ateliers du Réacteur, ce qui permettra d'accueillir davantage de personnes. Puis, l'apport d'une commissaire pour choisir les oeuvres mises à l'enchère. Le centre a jeté son dévolu sur Audrey Careau, qui a fait des trouvailles étonnantes dans la banque d'oeuvres du centre.

Elle a notamment déniché une estampe de Daniel Erban, mort en janvier dernier, un Homme de Pékin de Don Darby, des oeuvres de la relève et des pièces réalisées par des artistes internationaux qui ont été de passage au centre et résidence. Cynthia Dinan-Mitchell, Bill Vincent, Denise Blackburn et Laurent Gagnon figurent aussi au catalogue.

Une des 10 copies de La collection des idées reçues - un coffret comprenant 70 lithographies sur papiers mouchoirs réalisées lors d'un projet initié par Folie/Culture - regroupe entre autres des oeuvres de BGL, d'Ivan Binet, de Martin Bureau, de Raphaëlle de Groot et de Giorgia Volpe et sera offerte au prix de départ de 980 $. Les oeuvres proposées, dont plusieurs à moins de 100 $, s'adressent toutefois à tous les types de bourses.

Un lot spécial propose une oeuvre à réaliser, un foulard particulier et personnalisé, avec Andréanne Jacques. L'acheteur pourra travailler avec l'artiste et passer un moment privilégié dans les installations du centre.

Les oeuvres mises à l'encan seront exposées jusqu'au 12 avril chez Engramme, dans la coopérative Méduse. L'encan-bénéfice aura lieu le jeudi 13 avril ès 18h (accueil à 17h) au 731, rue de Saint-Vallier Est, Québec.




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