Musée de la civilisation: se souvenir de Dédé Fortin

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(Québec) «Le seul mauvais souvenir, c'est son départ.» Presque 17 ans après la mort tragique d'André Fortin, Jimmy Bourgoing est encore ému au souvenir de son frère de son. Le batteur et cofondateur des Colocs a joué deux morceaux du groupe jeudi matin pour souligner l'entrée au Musée de la civilisation d'instruments et souvenirs ayant appartenu à celui que toute une nation appelait affectueusement Dédé. «C'était quelque chose», s'est-il exclamé en déposant ses baguettes. Un gros moment d'émotion.

Tout le monde avait la gorge nouée, à commencer par la famille du célèbre chanteur engagé. Il y avait de quoi. Outre la batterie, il y avait la célèbre Fender Telecaster à Dédé, qui a notamment servi à la composition de Dehors novembre. On a confié la guitare mythique, le temps d'interpréter Dédé, choix judicieux s'il en est un, et La rue principale, à Joey Robin Hachey. 

L'Acadien en tremblait. «J'ai des petits papillons. Dédé et ses chansons, ça vit avec moi depuis que je suis tout jeune. Il n'y a pas de mots, je suis juste super ému. Je vais m'en souvenir longtemps.» Le jeune musicien a joué avec Jimmy Bourgoing l'an passé à La messe à Dédé Fortin, au Festival de Granby.

Le duo a renoué pour l'occasion. Les anciens membres des Colocs n'étaient pas présents au Musée, mais l'ex-batteur avoue qu'il n'a «pas tellement» de contacts avec eux. Dédé, dit-il, était le ciment qui unissait la formation qui a enregistré trois albums avant le suicide du chanteur et parolier.

Immense éteignoir

À l'époque, c'est comme si un immense éteignoir s'était posé sur une partie de la jeunesse québécoise, qui se reconnaissait dans ce jeune homme fougueux, fier et solidaire, qui était à la tête d'une expérience à la fois politique, sociale et musicale. «Dédé, c'était son band et il ne nous laissait pas tellement le choix, se souvient Jimmy Bourgoing. Dédé, c'était le général de notre armée de coeurs et moi, j'étais un de ses capitaines. J'aimais bien ça. Après, j'ai essayé de m'en dissocier. Parce que ça m'a fait mal qu'il parte», dit-il avec des trémolos dans la voix. «Mais ça lui a fait mal aussi, son engagement politique. Surtout la défaite référendaire» en 1995.

Jouer ces deux chansons, «c'est un honneur. Ça me fait beaucoup de bien. Surtout pour la famille et rendre hommage à Dédé et son oeuvre.»

André «Dédé» Fortin en 1998... (Archives La Presse) - image 2.0

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André «Dédé» Fortin en 1998

Archives La Presse

Cette performance est un moment à marquer d'une pierre blanche dans l'histoire du Musée. L'espace d'un moment, l'âme de Dédé Fortin était aussi présente que lors de ses spectacles échevelés. Le militant indépendantiste, auteur de textes sociopolitiques percutants, aurait probablement eu son petit sourire ironique en coin. Histoire de camoufler à quel point il aurait été heureux que ses possessions deviennent partie prenante du Temps des Québécois. L'exposition permanente souligne la contribution de ceux qui ont contribué à façonner le Québec et son identité.

«Guitare de feu»

Outre la batterie et la Fender Telecaster que Dédé envoyait valser à bouts de bras en coulisses à la fin de chaque prestation, sa succession a aussi confié sa «guitare de feu», sur laquelle il composait et jouait pour sa famille et ses amis; ses fameuses lunettes d'aviateur; des photos ainsi que quatre Félix, dont celui du meilleur réalisateur qui le rendait tellement fier.

Pour Réal Fortin, frère de Dédé et porte-parole de la famille, il était devenu «un devoir de rassembler et d'offrir différentes choses qui représentaient notre Dédé». «Depuis ce jour de mai 2000, j'ai eu à composer presque chaque jour avec son héritage, une partie de lui qui est restée vivante, a-t-il témoigné en citant un extrait de Dehors novembre: "La planète tourne, est pas supposée tourner sans moi." Elle se permet de tourner sans toi, mais ton oeuvre tourne avec elle.»

Le Musée a profité de ce legs majeur «d'une personnalité marquante de notre histoire contemporaine» pour effectuer une actualisation du contenu de l'exposition, notamment en ajoutant une zone qui couvre les années 1980 à 2010. En tout, plus de 350 objets y sont exposés en lien avec notre présence ici depuis l'époque de la Nouvelle-France.




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