Une exposition de Rodin 100 ans après sa mort

Le président français, Francois Hollande, regarde l'oeuvre Le... (AFP, Christian Hartmann)

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Le président français, Francois Hollande, regarde l'oeuvre Le Christ et la Madeleine d'Auguste Rodin lors de l'ouverture de l'exposition au Grand Palais à Paris.

AFP, Christian Hartmann

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Antoine Froidefond
Agence France-Presse
Paris

Il «a su faire parler les corps» et s'est constamment réinventé. Cent ans après la mort de Rodin, une exposition au Grand Palais à Paris revient sur l'onde de choc suscitée en son temps par le sculpteur mondialement célèbre.

À travers quelque 200 oeuvres de Rodin - sculptures et dessins -, l'exposition du centenaire (du 22 mars au 31 juillet), veut renouveler le regard sur un créateur salué à son époque pour avoir rendu vie à la sculpture. Un artiste qui n'a cessé d'innover en pratiquant l'assemblage, le collage ou l'inachèvement délibéré.

L'exposition réunit aussi des sculpteurs du XXe siècle ou contemporains qui revendiquent l'influence de Rodin, notamment au sein du mouvement du retour à la figuration.

Enfer

Inspirée de la Divine comédie de Dante, mais aussi des Fleurs du mal de Baudelaire, la Porte de l'enfer est la grande oeuvre de Rodin qui y travaille une vingtaine d'années. Le penseur, Le baiser, Ugolin et bien d'autres sculptures célèbres sont directement issues de cette pièce monumentale commandée par l'État en 1880. Ce n'est qu'en 1900, lors de l'exposition universelle, que Rodin montrera au public un plâtre de cette oeuvre majeure, qui sera remontée juste avant sa mort puis éditée en bronze.

Plâtre 

Comme tous les grands sculpteurs de son temps, Rodin ne taille pas le marbre. Beaucoup d'artistes aiment à donner cette image d'eux-mêmes, burin en main, face au bloc de pierre. En réalité, cette tâche fatigante est réservée à des artisans spécialisés, les praticiens, ou à ses élèves comme Constantin Brancusi ou Bourdelle. Rodin lui modèle l'argile dont il tire plusieurs plâtres, parfois des dizaines - 43 bustes de Georges Clémenceau -, se constituant ainsi un réservoir de formes qu' il utilisera par la suite.

Ces plâtres, censés être une étape intermédiaire avant une éventuelle fonte en bronze, Rodin les expose volontiers avec leurs aspérités, leurs coutures.

Inachevé 

Pour Rodin, «une oeuvre n'est jamais aboutie» et il joue parfois de cet inachèvement. Pour ce grand collectionneur d'antiques, «une pièce à laquelle il manque quelque chose est plus belle que si elle était intacte», note Antoinette Le Normand-Romain, une des deux commissaires avec Catherine Chevillot, directrice du Musée Rodin.

Tout un pan expérimental du travail de Rodin est mis au jour après la Deuxième guerre mondiale : figures féminines assemblées avec des vases antiques, «mouvements de danse», intégration de tissus plâtrés (Absolution), jusqu'au moulage de la robe de chambre de Balzac.

Autre exemple, Rodin fait fondre un torse en bronze oublié et passablement dégradé, et l'expose tel quel avec ses craquelures. Une première dans l'histoire de la sculpture.

Femmes 

Auguste Rodin est un «adorateur de la femme» et sa vision du corps féminin est souvent audacieuse. Son «érotisme est très choquant pour l'époque», souligne Catherine Chevillot, faisant allusion aux sculptures comme La femme accroupie ou Torse d'Adèle. Cette passion pour le corps s'exprime tout particulièrement dans quelque 2300 dessins de femmes nues, dont certains érotiques.

Héritiers

Avec le resurgissement de l'expression, le retour à la figuration, au modelage dans la sculpture contemporaine, Rodin est redevenu la figure tutélaire de nombreux artistes, qui se réfèrent à lui, même s'ils font des oeuvres très différentes, tel Giacometti.

«La filiation est évidente avec Jean Fautrier, Germaine Richier ou de Kooning», note Catherine Chevillot, mais aussi avec les nouveaux fauves allemands, notamment Markus Lüpertz, qui se réclame de L'homme qui marche.

C'est davantage le processus créatif qui rapproche Rodin d'Anselm Kiefer, dont une série de vitrines totalement inédites, ainsi que de nombreux dessins, spécialement créés pour l'occasion, sont exposées au musée Rodin (jusqu'au 22 octobre). «Je retiens surtout son attitude. C'était un iconoclaste. J'aime sa façon de fragmenter, de reconsidérer ses oeuvres», explique l'artiste allemand.




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