Mois multi 2017: la vie magnifiée

Orienta; è qui ora, chedecido di fermarmi, de... (Le Soleil, Caroline Grégoire)

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Orienta; è qui ora, chedecido di fermarmi, de Quiet Ensemble

Le Soleil, Caroline Grégoire

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(Québec) Les installations présentées au Mois Multi cette année proposent de voir le monde, et particulièrement les trajectoires humaines, d'une manière poétique et magnifiée. La visite est une véritable expérience sensorielle, où les yeux, les oreilles et le corps des visiteurs sont mis à contribution.

ADA, de Karina Smigla-Bobinski... (Le Soleil, Caroline Grégoire) - image 1.0

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ADA, de Karina Smigla-Bobinski

Le Soleil, Caroline Grégoire

«Les oeuvres évoquent de nouveaux rapports au monde, au paysage et à l'environnement, en suivant l'idée de la trace, de la transformation et du vivre ensemble», note Ariane Plante. Certaines préparent déjà le terrain pour l'an prochain, où la commissaire orchestrera la programmation autour des utopies. 

Noctiluca Scintillans, de Marswalkers... (Le Soleil, Caroline Grégoire) - image 2.0

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Noctiluca Scintillans, de Marswalkers

Le Soleil, Caroline Grégoire

Machines humaines

Dans le hall d'entrée de la salle Multi, l'installation 5RNP Étude humaine #1, de Patrick Tresset, impose déjà une aura de fascination. Cinq robots sur des pupitres recréent une classe de dessin, où les spectateurs peuvent prendre rendez-vous pour servir de modèle vivant pendant une quarantaine de minutes. «Les robots [qui se nomment tous Paul] sont programmés pour reproduire des caractéristiques du style de Patrick Tresset lorsqu'il dessine», explique Ariane Plante. Mais ils ont chacun leur personnalité; l'un a un trait plus nerveux, l'autre est mauvais élève et a un style qui détonne... Les visages dessinés cinq fois sont regroupés dans une mosaïque, placée sur le mur.

Trois installations se divisent l'espace de la salle Multi. Dans une pièce d'une blancheur aveuglante, les visiteurs pourront d'abord faire la rencontre d'ADA, de Karina Smigla-Bobinski. Un ballon de trois mètres de diamètre, hérissé de bâtons de fusain, flotte dans l'espace, attendant d'être poussé sur les murs pour que les visiteurs y laissent leur trace. L'artiste en parle comme d'un être vivant, qu'il faut apprivoiser et dont il faut s'efforcer de comprendre les réactions, sous peine de transformer la danse en une vraie lutte contre l'entité flottante. Le nom fait référence à la fille de Lord Byron, scientifique qui élaborera le premier ordinateur analogue en 1834, selon l'artiste, et la forme évoque les nanotechnologies. La démarche est surtout une manière de ramener de la liberté dans l'art et d'inclure le spectateur dans la création de l'oeuvre.

Concertina, de Steve Bates, à l'OEil de poisson... (Le Soleil, Caroline Grégoire) - image 3.0

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Concertina, de Steve Bates, à l'OEil de poisson

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Traces de magie

Le spectateur est plongé dans le noir pour les deux autres installations dans la salle Multi, qui ont à la fois quelque chose de magique et de profondément humain. Le duo italien Quiet ensemble, composé de Fabio Di Salvo et de Bernardo Vercelli, ont acheté des escargots vivants dans un restaurant italien de Montréal pour en faire les acteurs principaux de leur installation. La trajectoire des bestioles, captée par une caméra au plafond, crée des traces lumineuses sur une plate-forme. Les dessins ainsi créés (et conservés en archives) varient beaucoup d'un jour à l'autre. Les artistes y voient des métaphores de nos vies, où il y a les rendez-vous manqués et où les rencontres marquent nos avancées sinueuses.

Noctiluca Scintillans, du duo Marswalkers, formé de Karl-Otto Von Oertzen et Alexandre Berthier, place le spectateur devant un dispositif à deux surfaces de projection, qui rappelle la camera obscura. Sur la plus grande, on voit apparaître des corps de danseurs habillés de costumes étranges et mystérieux. Ils bougent un instant, puis s'évaporent en laissant une trace phosphorescente. À l'autre extrémité du dispositif, un plus petit écran montre des détails de l'image, des motifs abstraits, tout aussi mouvants et obsédants.

La plus petite des galeries de VU est transformée en salle de projection pour Orion Tide, de Kelly Richardson. Celle-ci a ajouté des effets spéciaux, notamment des séries de lumières qui s'envolent vers le ciel, dans une vidéo réalisée à partir de photographies du désert texan. Elle a ajouté du son en postproduction. Le spectateur se trouve devant un paysage à mi-chemin entre le réel et la science-fiction, où des phénomènes sublimes sont enveloppés d'une aura vaguement inquiétante.

5RNP Étude humaine #1, de Patrick Tresset... (Le Soleil, Caroline Grégoire) - image 4.0

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5RNP Étude humaine #1, de Patrick Tresset

Le Soleil, Caroline Grégoire

Orion Tide, de Kelly Richardson, à VU... (Le Soleil, Caroline Grégoire) - image 4.1

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Orion Tide, de Kelly Richardson, à VU

Le Soleil, Caroline Grégoire

Manifestes sonores

Tout comme AGAConcertina, présenté par Steve Bates dans la petite galerie de l'OEil de poisson, porte une histoire aux multiples ramifications. L'artiste a réfléchi aux spirales de barbelés utilisés pour déployer rapidement des frontières et empêcher les flots de population. La manière dont des résistants, lors de la guerre civile au Salvador, ont utilisé ces fils tranchants pour transmettre des émissions radiophoniques et empêcher les militaires de les localiser l'a aussi inspiré, tant techniquement que pour créer du sens autour de cette oeuvre. Bates a déployé deux de ces accordéons au sol et un au plafond (pour évoquer le contrôle de plus en plus «vertical» des frontières, avec des drones et des senseurs souterrains). Ils émettent un son  blanc, dont la fréquence varie, et qui devient par moment plus musical.

Chez Avatar, on peut découvrir Spincycle de Marla Hlady, élaboré au fil d'une résidence en plusieurs temps. «J'essaie d'élaborer des sculptures qui fonctionnent comme des instruments et qui révèlent l'acoustique d'un lieu», indique-t-elle. Des enregistrements réalisés dans différentes industries (notamment dans un nettoyeur à sec et une salle de machines à coudre) où des femmes contrôlent des machines sont transmis et amplifiés par un système de haut-parleurs et de micros en mouvement, que le spectateur regarde à travers une vitre.

Une dernière installation, Navire général de Myriam Lambert, est présentée hors Méduse, à la Maison de la littérature, en collaboration avec le Bureau des affaires poétiques. Trois voiles blanches où sont projetés des textes composés lors d'ateliers d'écriture sont mises en mouvement par des mécanismes. Pour les ancrer au sol, l'artiste a choisi des objets liés à l'histoire de Québec : une chaise ecclésiastique, un boulet de canon et un dictionnaire de la langue québécoise. Les voiles s'agitent avec grâce ou de manière saccadée dans la blancheur de l'ancien lieu de culte. 

Toutes les installations seront visibles jusqu'au dimanche 26 février (et au-delà pour celle de Steve Bates et de Kelly Richardson). L'accès est gratuit. Une visite commentée pour la famille aura lieu samedi à 13h30 à partir du 591, rue Saint-Vallier Est. Info : moismulti.org




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