Jean Soucy: lumière sur une oeuvre méconnue

Triptyque, 1965, Collection du Musée national des beaux-arts... (Le Soleil, Yan Doublet)

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Triptyque, 1965, Collection du Musée national des beaux-arts du Québec

Le Soleil, Yan Doublet

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Josianne Desloges
Josianne Desloges

Collaboration spéciale

Le Soleil

(Québec) Lorsque Jean Soucy est nommé directeur du Musée du Québec en 1967, il décide d'annuler une rétrospective consacrée à ses oeuvres qui avait été programmée par son prédécesseur, Guy Viau. Pendant six ans, il cesse de peindre et refuse qu'on présente ses oeuvres dans l'espace public.

Symphonie gaspésienne, 1945... - image 1.0

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Symphonie gaspésienne, 1945

«Ça bougeait beaucoup au Québec, on était en pleine Révolution tranquille. Jean Soucy avait la possibilité de faire du Musée un endroit démocratisé, pas seulement pour l'élite, et d'ouvrir la porte aux jeunes artistes. Sans lui, le milieu aurait peut-être pris plus de temps à s'épanouir», indique Sébastien Hudon, commissaire de l'exposition Jean Soucy. Peintre clandestin.

Même après qu'il ait quitté son poste au Musée, Jean Soucy garde ses oeuvres loin des regards, en dormance. En se plongeant dans sa vie et son oeuvre en 2008, cinq ans après son décès et à la demande de la famille, le commissaire a donc eu l'impression de découvrir des trésors. Il s'est donné pour tâche de redonner au peintre la place qui lui revenait dans l'histoire de l'art québécois. Un catalogue, publié par le Centre d'exposition Lethbridge, et l'exposition en tournée au Québec permettent donc au public de renouer avec les explorations formelles très variées de Jean Soucy.

La soixantaine d'oeuvres sont divisées en quatre volets : Premières armes (1934-1946), Le grand tour (1946-1950), La période grise (1951-1959) et Visions abstraites (1960-1967). Le premier est surtout intéressant pour mieux comprendre la suite, constater le souci de l'artiste pour le dessin, la ligne, les volumes, et visualiser certaines parentés avec les peintres de l'époque ou qui suivront.

La seconde permet de constater à quel point le séjour de Jean Soucy en Europe transforme son approche et modernise son style, mais de manière graduelle et réfléchie. Chez lui, l'affranchissement de l'académisme n'a pas pris des allures de révolte, mais de prolongements, de portes à ouvrir. Il s'inspire des peintres de la réalité poétique, tout en conservant sa propre signature.

Les Pénélopes, 1954... - image 2.0

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Les Pénélopes, 1954

Sa Période grise, lors de son retour à Québec, propose un travail plus personnel, plus intime. «Il peint son environnement immédiat, la rue des Remparts, le mur de L'Hôtel-Dieu, le Vieux-Port. C'est assez singulier à ce moment-là de l'histoire de l'art au Québec», souligne M. Hudon. Ces toiles nous touchent d'une étrange manière. La lumière froide traduit l'hiver, mais aussi une certaine douceur et les lignes donnent envie au regard de se perdre entre les bâtiments et l'horizon.

Le volet Visions abstraites baigne dans la fantaisie. Les tons vifs et les masses bourgeonnantes du Triptyque traduisent le même souci du dessin que les premières oeuvres de Soucy, mais sont dépouillées de l'obligation de représenter un objet. Les compositions sont plus grandes, plus ludiques, plus surprenantes.

L'exposition Jean Soucy. Peintre clandestin permet aussi de connaître un peu mieux l'homme et ses idées, à travers des extraits de lettres, des photographies et des coupures de presse. Le commissaire a eu la belle idée d'aménager un espace plus intime dans une petite pièce sertie d'une fenêtre, auparavant inaccessible au public, dans la Villa Bagatelle. On y trouve le chevalet du peintre, une toile représentant la vue de sa fenêtre et quelques oeuvres ayant appartenu à Jean Soucy, qui était aussi collectionneur.

L'exposition est présentée jusqu'à dimanche à la Villa Bagatelle, 1563, chemin Saint-Louis. Ouvert de 13h à 17h, entrée libre, info : 418 654-0259

Les corps brodés de Catherine Baril

Danse #1 (12 x 12 pouces), de Catherine... (Amélie Boutin) - image 4.0

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Danse #1 (12 x 12 pouces), de Catherine Baril

Amélie Boutin

Une magnifique exposition mettant en valeur le travail de Catherine Baril est en cours au Cercle. La jeune femme a déjà une démarche affirmée et fait preuve d'un souci technique et d'une qualité esthétique remarquables pour un premier solo. 

Intitulée Percer le sublime, l'exposition regroupe des oeuvres petit et très grand formats montrant des corps brodés sur la toile et incomplets, sur le point d'apparaître ou de disparaître. «J'ai toujours eu le souci d'arrêter au bon moment, de jouer avec la ligne», note l'artiste. 

Les corps sont en mouvement, mis en scène, et s'hybrident avec des ailes et des têtes d'oiseaux de proie. Des masses de paillettes et de peinture donnent une aura inquiétante et scintillante aux compositions. 

Il y est question de féminité, d'apparat, du temps qui s'arrête, des genres, de cruauté et de douceur. 

Malheureusement, quatre oeuvres ont été dérobées à la mi-novembre. Malgré l'appel à tous de l'artiste et du Cercle, celles-ci n'ont pas encore été retrouvées.  

Jusqu'au 9 janvier au 226, rue Saint-Joseph, à Québec

Renouveau à la Galerie Lacerte

Paul Brunet devant des toiles d'Olivier de Serres... (Le Soleil, Yan Doublet) - image 6.0

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Paul Brunet devant des toiles d'Olivier de Serres à la Galerie Lacerte

Le Soleil, Yan Doublet

L'an dernier, on a eu bien peur que Louis Lacerte ne décide de tirer un trait sur les expositions dans sa galerie du 1, côte Dinan, après plus de 30 ans de dévouement pour l'art contemporain et l'art actuel. Le galeriste semblait tout remettre en question. 

Puis en février, Paul Brunet a été nommé directeur adjoint de la galerie de Québec. «J'avais envie de remettre la galerie à l'avant-scène, d'amener un esprit nouveau, mais tout ça se fait très graduellement», indique celui qui a de multiples cordes à son arc et qui connaît bien les artistes de la relève. 

Les vernissages sont maintenant en formule 5 à 7 le vendredi soir plutôt que le samedi après-midi, des rénovations sont envisagées et on a vu plusieurs nouveaux artistes sur les murs de la galerie, même si elle ne les représente pas (encore) officiellement. Les toiles d'Olivier De Serres, qui termine tout juste sa maîtrise, y sont exposées jusqu'au 23 décembre. 

On est surtout rassuré de voir qu'une programmation hivernale, incluant des solos et ramenant des artistes qui ont une relation de longue date avec la galerie, a été établie. On verra le travail de Jean-Pierre Morin (18 février au 12 mars 2017), de Marc Garneau (avril-mai), de Thierry Arcand-Bossé (mai-juin) et d'Ivan Binet (juin-juillet), ainsi qu'une exposition collective en mars-avril.

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