Quatrième Foire en art actuel de Québec: transactions créatives

Claudie Gagnon présentera de nouvelles sculptures suspendues, dont... (Photothèque le Soleil, Patrice Laroche)

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Claudie Gagnon présentera de nouvelles sculptures suspendues, dont les matériaux et les prix restent à déterminer. Ici, on voit une de ses oeuvres dans l'exposition De Ferron à BGL, Art contemporain au Québec au MNBAQ.

Photothèque le Soleil, Patrice Laroche

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Josianne Desloges
Josianne Desloges

Collaboration spéciale

Le Soleil

(Québec) La Foire en art actuel arrive à grands pas. Pour sa quatrième présentation, l'événement qui réunit galeristes, collectionneurs, néophytes et artistes de tout acabit renouvelle sa formule. L'événement déborde des galeries de l'OEil de poisson pour occuper également les deux espaces d'exposition de VU et est maintenant muni d'un commissaire, Emmanuel Galland.

«Je vois la Foire comme un environnement transactionnel à contenu créatif», résume celui qui adore penser et repenser les paramètres de l'art, du domaine des arts visuels, des expositions et des institutions.

Il s'est donné pour mission de multiplier les entrées possibles pour intéresser le public à l'art actuel, «toujours en train de se faire, de se réfléchir, et qui peut donc parfois être déstabilisant», note-t-il. On n'achète pas une oeuvre d'art actuel parce qu'on la trouve jolie, mais parce qu'elle nous bouscule, nous questionne et nous interpelle.

Plusieurs activités entourent donc la Foire. Les collectionneurs sont invités comme à l'habitude à acheter des billets pour un vernissage VIP avant le vernissage public et gratuit. Les Matins créatifs (Creatives Mornings) présentent une conférence parmi les oeuvres vendredi matin. Le public pourra assister, chez Engramme, à une performance sérigraphique du dynamique Samuel Breton, qui a remporté (avec raison) le Coup de coeur du public au Symposium de Baie-Saint-Paul cet été. L'espace d'exposition situé à la pointe de Méduse viendra d'ailleurs s'ajouter l'an prochain à ceux déjà occupés par la Foire. Le collectif Colifichet, qui réalise des objets et des aliments tricotés, donnera un atelier famille le dimanche. Il y aura le lancement du guide Collectionner de L'Association des galeries d'art contemporain, un ouvrage qui expose l'ABC de l'acquisition d'oeuvres d'art. Le commissaire animera aussi des «rendez-vous avec...», sorte d'entrevues «pop up» avec les artistes qui parleront de leurs oeuvres. Entre autres.

Emmanuel Galland s'est présenté en entrevue avec sept pages et demie d'idées pour la Foire en art actuel. Il a sélectionné 29 artistes (alors qu'on en comptait 18 la première année), a visité les ateliers, discuté d'art et de prix. «Je ne savais pas que j'aurais autant de demandes pour évaluer leurs oeuvres», note-t-il. La Foire tente d'accommoder tous les budgets, présentant des oeuvres dont les prix varient entre 300 $ et 30 000 $. «Il n'y a pas d'équation magique. Il faut avoir des comparatifs, tenir compte de la cote, de la constance, du format, des matériaux, du nombre d'éditions, des frais de production», répond le commissaire lorsqu'on lui demande comment se fixe le pris d'une oeuvre. 

Quelques oeuvres, souvent les plus gigantesques et les plus onéreuses, seront là pour attirer l'attention, intégrer la scénographie, comme une chute magistrale de Gabrielle Boucher faite d'une courtepointe de papier hygiénique Cascades. On verra aussi une imposante installation sculpturale de Carl Bouchard, du Saguenay Lac Saint-Jean. Les premiers acheteurs auront toutefois des dessins et des impressions plus abordables à se mettre sous la dent.

La Foire en six artistes

Nous avons causé des maux de tête au commissaire en lui demandant de sélectionner six artistes qui pourraient être représentatifs de la diversité de ce qui sera présenté à la FAAQ.

Il nomme d'abord Claudie Gagnon, bien connue pour ses tableaux vivants, ses créations théâtrales déjantées comme Amour, délices et ogre et ses installations débordantes de nourriture, de confiseries ou d'objets usuels. Celle-ci présentera une sculpture suspendue inédite, construite avec des lunettes.

Puis, Gabrielle Boucher, originaire de Pont-Rouge. «Elle peut faire penser à Michel de Broin, puisqu'elle intègre des objets de la vie domestique [un hachoir à viande ou des soucoupes de porcelaine, par exemple] dans des structures murales», note M. Galland.

Jardin fleuri de Gabrielle Boucher, 2015, 25 soucoupes ornées... (Gabrielle Boucher) - image 2.0

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Jardin fleuri de Gabrielle Boucher, 2015, 25 soucoupes ornées de fleurs encastrées et matériaux mixtes, 79 x 79 x 7 cm, 1 800 $

Gabrielle Boucher

Débordement synaptique de Marie-Ève Fréchette, 2014, résine Epoxy, fibre... (Hélène Bouffard) - image 2.1

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Débordement synaptique de Marie-Ève Fréchette, 2014, résine Epoxy, fibre de verre, polyuréthane, tige de métal, polystyrène expansé, plaque de métal, 104 x 41 x 64 cm, prix à déterminer

Hélène Bouffard

Jeffrey Poirier, qui travaille avec des répétitions de motifs et de formes, proposera des pièces en deux dimensions, sortes de tondo montrant la surface d'une de ses installations. «Un artiste très intéressant, qui n'essaie pas de suivre une tendance internationale qui définit sa singularité avec des formes et des matériaux inusités», souligne le commissaire.

Des images de Guillaume Légaré, qui faisait partie de l'exposition collective présentée plus tôt cette saison pour les 30 ans de Regart, montreront des fantômes, des suaires, comme un hommage au cyanotype et aux premiers temps de la photographie.

John Boyle-Singfield, «l'artiste le plus en phase avec le monde contemporain dans les outils qu'il utilise», note Galland, reviendra avec ses grands formats carrés, créés en appliquant des filtres de l'application Instagram sur du blanc, qu'il était venu présenter à VU en 2014.

Finalement, Steve Giasson, «cultivé, éloquent, prolixe dans sa manière de travailler, qui va dans l'autoréférentiel ou dans les références à l'histoire de l'art avec un à propos impeccable», selon le commissaire, rééditera le premier magazine paru à Québec, qui était conçu et imprimé par son grand-père.

La Foire en art actuel se tiendra du 24 au 27 novembre à l'OEil de poisson et à VU, dans la coopérative Méduse. 

Info : foireartactuel.com

Jacinthe Loranger: nature morte et aspics

Exposition On se revoit dans l'oubli de Jacinthe... (Hubert Gaudreau) - image 4.0

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Exposition On se revoit dans l'oubli de Jacinthe Loranger à Engramme

Hubert Gaudreau

Jacinthe Loranger a trouvé une manière de sublimer la technique du papier mâché - la «matière molle», comme elle l'appelle - et de l'amalgamer avec des aspects de la peinture baroque, des vanités, des natures mortes, des peintures animalières... et de l'esthétique culinaire des années 50. Oui, ce sont bien des hot dogs, un chien saucisse déguisé en banane et une banane lubrique près d'un coquillage que l'on distingue dans ce triptyque placé au mur. «J'aime prendre les classiques avec humour, jouer avec le côté poétique, kitsch et humoristique», constate la jeune femme. Elle explore également ce qui peut être attirant et répulsif en même temps, utilisant notamment des photos d'animaux écrasés sur les routes pour créer des bas reliefs et l'imposante installation d'un chevreuil dévoré par les mouches et les corbeaux. «Lorsqu'on rend ça esthétique, ça nous fait regarder de plus près ce qui nous révulse», indique-t-elle. On pourra aussi voir le travail de l'artiste qui vit et travaille à Montréal près de celui d'Isabelle Demers, d'Amélie Laurence Fortin et de Fanny Mesnard à L'Espace Parenthèses pendant la Manif d'art. On se revoit dans l'oubli est présenté chez Engramme, 510, côte d'Abraham, jusqu'au 4 décembre.

Tim Moore: la course identitaire

Tim Moore... (Le Soleil, Erick Labbé) - image 6.0

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Tim Moore

Le Soleil, Erick Labbé

Tim Moore utilise l'imagerie des courses de chevaux pour aborder les relations interraciales en Saskatchewan, où les Métis, les Autochtones et les Blancs cohabitent non sans heurts. «En jonglant avec mes idées et mon héritage familial, je m'amuse avec des scénarios qui peuvent devenir complètement ridicules. Je me suis dit, tout ce qui arrive ici est dans un monde blanc [sur une page blanche], donc tout peut arriver», explique l'artiste. Dans ses collages cohabitent des dessins réalistes, de la photographie, des formes géométriques, des objets, qu'ils superposent. «Je fais souvent plus de découpage que je ne devrais, donc je dissèque et je dissèque constamment jusqu'à ce que je rassemble tous les morceaux», indique-t-il. Il réutilise la même silhouette de cheval pour lui donner différentes identités ou pour exprimer ses propres luttes intérieures par rapport à l'art. Le pistolet qui donne le départ des courses, une fois placé dans une main et posé sur un panneau orange et triangulaire, devient un avertissement alimenté par tous les faits divers comprenant une arme à feu, un Blanc, un Métis, un malentendu. Plusieurs phrases alimentent la réflexion et injectent un humour incisif à ses collages identitaires. Race Day/Jour de course est présenté à la Galerie 3 (247, rue Saint-Vallier Est, Québec, jusqu'au 27 novembre.

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