Rita Letendre: peindre pour exprimer l'univers

«La couleur peut chanter et danser, si on... (Photothèque Le Soleil, Jocelyn Bernier)

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«La couleur peut chanter et danser, si on a les nuances exactes», nous disait Rita Letendre à l'occasion d'une exposition à Québec en 2012.

Photothèque Le Soleil, Jocelyn Bernier

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(Québec) Rita Letendre est devenue mercredi la dixième femme à obtenir le prix Paul-Émile Borduas, remis depuis 1977 pour souligner une carrière exceptionnelle en arts visuels. Un honneur qu'elle accueille en pensant surtout à Borduas, qui l'a fait plonger dans l'abstraction.

«Ça me fait un plaisir absolument énorme, parce que Borduas a vraiment marqué le début de ma carrière. Je faisais de la peinture figurative, comme tout le monde, et il m'a fait réaliser qu'on pouvait peindre notre vision de l'univers, son âme, libéré des formes», indique Mme Letendre en entrevue téléphonique. 

Née à Drummondville, Rita Letendre a commencé à fréquenter les automatismes peu après la signature du Refus global, alors qu'elle fréquentait l'École des beaux-arts de Montréal. «Je ne suis pas restée longtemps à l'École, j'ai plutôt travaillé seule», note celle qui a suivi sa vocation, malgré les difficultés d'être femme et peintre dans les années 50 au Québec.

«Je suis un peu batailleuse, donc par le fait même j'affirme mes idées fermement. Nous n'étions pas tellement de femmes dans le milieu. Mais pour moi, ce qui importait, c'était la peinture», souligne-t-elle.

Celle qui vient de célébrer son 88e anniversaire ne sort plus beaucoup de sa maison de Toronto. C'est son fils unique, Jacques, qui est allé recevoir le prix en son nom à l'hôtel du Parlement. Elle ne peut malheureusement plus peindre. «Mes yeux me faussent compagnie; j'en suis extrêmement malheureuse. Mais on ne sait jamais, ils vont peut-être trouver un remède», indique l'artiste, toujours optimiste.

Couleurs et lumière

Lorsqu'on lui demande comment elle voudrait que les gens se souviennent d'elle, elle répond sans hésitation : «Comme étant un peintre qui exprime l'univers.»

Chose certaine, on se souviendra certainement de la manière dont ses tableaux dansent dans la lumière. Ils murmurent, ils pleurent, ils vivent dans les éclats orangés et les verts vifs, les rouges profonds et les bleus obsédants. «La couleur peut chanter et danser, si on a les nuances exactes», nous disait l'artiste à l'occasion d'une exposition à Québec en 2012. 

Longtemps, ses oeuvres ont été faites de minuscules pointes, qu'elle a fait vibrer de plus en plus jusqu'à obtenir de grandes masses en fusion et en affrontement perpétuels.

Si elle a beaucoup voyagé, en Europe, en Asie et sur les routes américaines, Rita Letendre est toujours revenue au Canada, «comme les oiseaux migrateurs».

Elle est représentée à Québec  par la galerie Michel Guimont et, à Montréal, par la galerie Simon Blais. Ses oeuvres font partie de nombreuses collections privées et publiques.

Le jury du prix Paul-Émile Bordas, décerné par le gouvernement du Québec, était formé d'Isabelle Hayeur (présidente), François Morelli, Jean-Philippe Roy, Anne-Marie Saint-Jean Aubre et Marc Séguin.

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