Symposium de Baie-Saint-Paul: sur la route et au-delà

Dans l'atelier couvert de Samuel Breton, qui travaille... (Fournie par Samuel Breton)

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Dans l'atelier couvert de Samuel Breton, qui travaille en animation image par image, on peut se faire raconter l'histoire de l'Eskimo de Sorel.

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(Québec) Les visiteurs sont choyés cette année au Symposium de Baie-Saint-Paul. Les 12 artistes rassemblés autour du thème Mobilités rivalisent d'énergie et d'inventivité pour présenter leur pratique articulée et bien ancrée dans la réalité, même si elles s'ouvrent sur de savoureux délires poétiques.

Dans l'atelier couvert de Samuel Breton, qui travaille en animation image par image, on peut se faire raconter l'histoire de l'Eskimo de Sorel, une manière inventive de démystifier le faux Inuit de Nanook of the North et la valeur identi­taire des bottes Sorel. L'artiste a carrément plongé dans son cahier à dessin, entremêlant fiction et archives pour mettre en lumière l'orgueil des Blancs. Une démarche, un résultat et un récit fort intéressant.

Eveline Boulva... (collaboration spéciale Josianne Desloges) - image 2.0

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Eveline Boulva

collaboration spéciale Josianne Desloges

Eveline Boulva, qui travaille depuis longtemps à partir de photos prises à l'étranger, s'est intéressée à la grande région de Québec, plus particulièrement au hideux boulevard Sainte-Anne. «Je le déteste vraiment! Alors, j'ai commencé à lire sur l'historique, sur comment ils ont détruit tous les marais pour faire le boulevard le long du Saint-Laurent», explique-t-elle.

Elle travaille sur deux clichés pris à partir d'un avion; une vue large du début du boulevard près des chutes Montmorency et un plan plus rapproché du centre commercial désaffecté. Elle désagrège ensuite l'image à l'aide d'une découpeuse, pour créer une sorte de pochoir. «Je voulais créer un effet de dislocation, dans l'idée que le boulevard est comme une grande cicatrice, une rupture dans le territoire», note-t-elle.

Geneviève Chevalier accueille les oiseaux venus du Nord avec son appareil-photo. En s'inspirant des techniques des scienti­fiques qui réalisent des inventaires d'oiseaux et en jouant avec le langage muséal (cartels, présentoir, etc.), elle crée une installation qui mélange science et fantaisie. «Je suis en train aussi d'accumuler plein d'anec­dotes que les gens me racontent. Ils voient des oiseaux qu'ils ne voient pas avant, ils sont témoins des transformations», raconte l'artiste.

À notre passage, plusieurs sculptures cinétiques étaient en préparation dans l'atelier de Camille Bernard-Gravel. «Bientôt, je vais créer une grande structure pour les placer, où on va pouvoir circuler et où tout va s'influencer», indique-t-elle. Comme un écosystème, où la trajectoire de l'eau sur une roche dépendra du passage des gens et où des tiges bien ordonnées seront entraînées dans d'étonnantes chorégraphies par des électroaimants. «C'est une réflexion sur la théorie du chaos, ou comment un changement minime peut engendrer de grands bouleversements», souligne la jeune femme, qui créera aussi un peu de magie avec des samares faites de papier miroir.

Patrick Beaulieu... (Collaboration spéciale Josianne Desloges) - image 3.0

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Patrick Beaulieu

Collaboration spéciale Josianne Desloges

Patrick Beaulieu s'est lancé dans de courtes expéditions performa­tives à la recherche de lieux irréels, dérivés de lieux disparus ou inspirés de l'histoire de la région, à bord d'un vieux Dodge qu'il a baptisé El Perdido. «Une caméra, au-dessus du camion, capte les mouvements des gens qui m'indiquent le chemin. Ça crée une chorégraphie de la direction», illustre-t-il.

La Marseillaise Anne-Sophie Turion créera une marche sonore... (Collaboration spéciale Josianne Desloges) - image 4.0

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La Marseillaise Anne-Sophie Turion créera une marche sonore en collaboration avec les résidents de Baie-Saint-Paul et la station de radio du coin.

Collaboration spéciale Josianne Desloges

La question du tourisme est aussi abordée par Anne-Sophie Turion, qui a arpenté la rue Saint-Adolphe de nuit, dont elle exploitera le potentiel cinématographique. «Il s'est passé un truc assez magique. Tout le monde écoutait la même émission en même temps, avec les fenêtres ouvertes. Il y avait un effet sonore assez étrange», indique celle qui créera une marche sonore en collaboration avec les résidents et la station de radio du coin. La Marseillaise a aussi apposé des revêtements des plaques commémoratives du centre-ville.

Thibault Laget-ro... (Collaboration spéciale Josianne Desloges) - image 5.0

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Thibault Laget-ro

Collaboration spéciale Josianne Desloges

Le peintre Thibault Laget-ro travaille sur un tableau où l'agencement des couleurs vives, dont un ciel orange saumon, détourne notre attention de la foule mixte qu'il a campée dans le décor de la rue Saint-Jean-Baptiste à Baie-Saint-Paul. «Je ne voulais pas peindre de manière dramatique parce que le sujet est dramatique. J'utilise toutes les couleurs qui sont à ma disposition sans leur donner de valeur ou de destination», indique-t-il.

Les familles de réfugiés y déambulent entre les touristes et les habitants, les enseignes des galeries d'art annoncent la vente de bouées et de gilets de sauvetage; des articles de première nécessité qu'on trouve maintenant dans les boutiques-souvenirs des pays qui bordent la Syrie.

Le road trip infini de Nicole Bauberger, qui a peint des vues des grandes routes canadiennes à tous les 50 kilomètres, suscite l'attention de nombreux visiteurs. «On veut voir la route comme notre principal artefact culturel. Ça va laisser une marque sur le territoire pour très longtemps», croit la citoyenne du Yukon, où la route, souvent unique, relie chaque village au reste du monde. «Il y a quelque chose d'intéressant dans le fait que la route apparaît et disparaît dans les tableaux, selon les détours. Ça devient poétique», observe celle qui dessinera aussi 100 robes pour Baie-Saint-Paul, en invitant le public à l'imiter.

Momar Seck... (Collaboration spéciale Josianne Desloges) - image 6.0

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Momar Seck

Collaboration spéciale Josianne Desloges

Momar Seck et Michèle Mackasey ont aussi invité les visiteurs à s'impliquer dans leurs installations. Lui en leur faisant peindre une multitude de petites embarcations qui seront placées sur de plus grandes - ce qui montre les multiples vies possibles d'un objet -, elle en leur demandant d'écrire des souhaits et de réaliser des dessins pour répondre aux témoignages des sans-abri qu'elle rencontre à Lauberivière. De petites maisons suspendues illumineront bientôt une plus grande, dans son atelier temporaire.

Guillaume Adjutor Provost se concentre sur une série de dessins inspirés par des cartes QSL, que les camionneurs produisaient et s'échangeaient. Les systèmes de lignes inspirent à l'artiste un dessin par jour, «qui ressemble à des jardins ou des herbes sauvages», souligne-t-il.

Sur la table de travail de Frédéric Cordier, on voit un port, avec des conteneurs, qui lui permet de s'éclater dans les textures et les motifs, noir sur blanc. L'artiste qui soigne habituellement l'impression de ses gravures à l'extrême devra composer avec une part d'aléatoire, puisqu'il devra imprimer manuellement, de manière artisanale, son immense format hors norme.

Le Symposium se poursuit du mercredi au dimanche jusqu'au 28 août. Info: symposiumbsp.com

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