Symposium de Baie-Saint-Paul: art en mouvement

Douze artistes de Québec et d'ailleurs sont à l'oeuvre tout le mois d'août au... (Infographie Le Soleil)

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(Québec) Douze artistes de Québec et d'ailleurs sont à l'oeuvre tout le mois d'août au 34e Symposium international d'art contemporain de Baie-Saint-Paul. Nous leur avons laissé la parole pour présenter leurs pratiques, leurs influences et leurs projets, regroupés sous le thème Mobilités.

Destinations imaginaires, vues aériennes et routières, paysages portuaires, écosystèmes, migrations... les 12 artistes qui travaillent devant public pendant tout le mois d'août au Symposium de Baie-Saint-Paul réfléchissent aux multiples déclinaisons de la mobilité. Inspirée par le roman Six degrés de liberté de Nicolas Dickner, la commissaire Marie Perrault a ouvert la porte aux voyages artistiques les plus divers.

Marie Perrault... (Louis-Charles Dumais) - image 2.0

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Marie Perrault

Louis-Charles Dumais

«Certains travaillent sur le transport des objets et la circulation des marchandises, d'autres, sur les voyages ou les communautés nomades et d'autres encore, sur les réseaux, les structures et les infra­structures qui permettent des déplacements», indique Mme Perrault, qui en est à la deuxième année d'un mandat qui en compte trois.

Les installations, l'horaire, le concept demeurent les mêmes que les années précédentes, mais la commissaire s'est appliquée à mieux arrimer les activités parallèles du Symposium à la thématique choisie. Des oeuvres du président d'honneur François Morelli, qui mettent notamment en évidence des déplacements et des chapeaux, «ces petits abris qu'on transporte avec soi», note Mme Perrault, sont aussi exposées à l'entrée.

On dit que les voyages forment la jeunesse, et la moyenne d'âge des artistes, plus basse que les années précédentes, tend à confirmer l'adage. «Ils ont pour la plupart entre 5 ans et 10 ans de pratique», souligne la commissaire. Sept artistes viennent du Québec (dont trois de la ville de Québec), deux d'ailleurs au Canada, deux de France et un de Dakar (voir autres textes).

Le choc des rencontres

Marc Séguin, qui agit comme porte-parole du Symposium, y a participé en 2002 alors qu'il entrait dans la trentaine. «Je n'avais pas compris qu'il y avait un lien direct avec le public et j'étais pétrifié à l'idée de parler aux gens. Mais ça m'a donné un feed-back sur ce que je faisais et ça m'a fait comprendre que ça faisait partie du travail d'artiste de parler de son travail. Maintenant, ça prend une grande place dans ma vie», raconte-t-il.

S'il fait diverses apparitions dans les médias pour parler de l'évènement, il souhaite surtout profiter de cette fonction pour expliquer aux artistes l'opportunité qui s'offre à eux et aussi de prévenir le choc. «Ils devront défendre leur travail toute leur vie et le Symposium est une belle place pour se faire les dents. La fourchette de visiteurs va du gars qui entre par hasard en cherchant les toilettes aux spécialistes des musées», plaide-t-il.

Les artistes habitués à créer seuls, en atelier, doivent apprendre à entrer et sortir de leur bulle pour faire avancer leur projet, tout en répondant aux questions des visiteurs cinq après-midi par semaine. Un brouhaha et une pluralité de commentaires et de contacts qui en secouent plus d'un. «Mais voir que des gens se déplacent pour avoir accès à des démarches et connaître de nouveaux artistes, c'est aussi très valorisant et encourageant», souligne Marc Séguin.

Vous voulez y aller?

  • Quoi: 34e Symposium de Baie-Saint-Paul
  • Quand: du mercredi au dimanche, de 12h à 17h, jusqu'au 28 août
  • Où: aréna municipal au 11, rue Forget, Baie-Saint-Paul
  • Entrée: 3 $, gratuit pour les 12 ans et moins
  • Info: symposiumbsp.com et 418 435-3681
À voir au Symposium

  • Les samedis à 16h30: conférences de Nicolas Dickner (6 août), Pierre Bourgault (13) et Marie-Christiane Mathieu (27)
  • Les mercredis à 20h30 au parc du Presbytère: projections en plein air présentées par Les Filmanthropes (Pina le 10 août, Factory Girl le 17 et Endorphine le 24)
  • Les jeudis à 16h30: les apéros du sympo, où trois artistes du Symposium discutent de mobilité, suivi de Virginie Bédard le 11 août, Downtown Trio le 18 et Gabrielle Shonk le 25
  • Dimanche 28 août à 15h: visite commentée et performance d'Organ Mood, qui mélange arts visuels et musique
* Sauf indication contraire, les activités se déroulent à l'aréna municipal.

Anne-Sophie Turion (Pantin et Marseille, France)

Anne-Sophie Turion... (Anne-Sophie Turion) - image 4.0

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Anne-Sophie Turion

Anne-Sophie Turion

On dirait le Sud, karaoké, séries d'interventions dans... (Gabriel Buret) - image 4.1

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On dirait le Sud, karaoké, séries d'interventions dans l'espace public, 2015-2016

Gabriel Buret

1. Comment décririez-vous votre pratique?

J'ai suivi une formation en scénographie, ce qui m'a amenée à accorder une place centrale à l'espace: les contextes et les lieux (leur architecture, leurs histoires) sont bien souvent les points de départ de mes projets. Mes propositions se créent donc souvent in situ. Elles peuvent prendre des formes variées: performance, interventions plastiques, parcours sonores...

2. Quelles oeuvres ou figures de l'histoire de l'art (ou de l'art actuel) vous inspirent?

C'est selon les projets. Le panthéon de mes références artistiques est très changeant, et aussi très hétéroclite. Pour le projet que je mène pour le Symposium, je m'inspire aussi bien en regardant des dessins de Glenn Baxter que des oeuvres de Roman Signer ou de Jordi Colomer, des photographies de Jeff Wall, des peintures de Friedrich, des films de Clint Eastwood... Par ailleurs, je viens de découvrir le travail d'Ulla Von Banderburg grâce à une exposition à la Fonderie Darling à Montréal. Son oeuvre m'a beaucoup marquée.

3. Comment aborderez-vous le thème Mobilités lors du Symposium?

La question de la mobilité amène celle de la mémoire des lieux: comment se souvenir des espaces traversés et laissés derrière soi? La fabrication des souvenirs est, par exemple, au coeur de l'expérience touristique (aujourd'hui, elle est même quasiment simultanée à l'expérience elle-même: selfies, photos, vidéo, etc.). Je n'ai jamais été à Baie-Saint-Paul. Le Symposium constitue donc pour moi un prétexte idéal pour interroger l'expérience touristique à travers notamment la relation qu'elle induit avec le paysage.

Guillaume  Adjutor Provost (Montréal, Québec)

 

Guillaume Adjutor Provost... (Maude Veilleux) - image 6.0

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Guillaume Adjutor Provost

Maude Veilleux

Bonne fortune, à la galerie Clark en 2016... (Paul Litherland) - image 6.1

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Bonne fortune, à la galerie Clark en 2016

Paul Litherland

1. Comment décririez-vous votre pratique?

J'ai une pratique interdisciplinaire des arts visuels qui s'exprime à travers les médiums de l'installation, du dessin, de la photographie et de la performance. Au-delà des médiums, je souhaite déterminer mes conditions de création, qui laisse une place centrale à la notion de communauté et de collaboration.

2. Quelles oeuvres ou figures de l'histoire de l'art (ou de l'art actuel) vous inspirent?

Dernièrement, je redécouvre les oeuvres de Kenojuak Ashevak et celles de Shuvinai Ashoona, des artistes qui ont toutes deux produit des oeuvres puissantes et nécessaires.   

3. Comment abordez-vous le thème Mobilités lors du Symposium?

Le projet prend comme point de départ une collection de cartes QSL issues de la culture des camionneurs dans les années 70-80. Similaires aux cartes postales, les cartes QSL étaient la confirmation écrite d'une transmission entre deux opérateurs de radio amateurs. Sur celles-ci, on retrouve habituellement les coordonnées de la fréquence d'émission ainsi qu'une illustration accompagnée du nom ou du pseudonyme de l'opérateur. Une série de dessins psychédéliques seront produits à partir des composantes des cartes QSL.

Patrick Beaulieu (Orford, Québec)

Patrick Beaulieu... (Patrick Beaulieu) - image 8.0

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Patrick Beaulieu

Patrick Beaulieu

Monarca mobile, 2010, photographie numérique... - image 8.1

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Monarca mobile, 2010, photographie numérique

1. Comment décririez-vous votre pratique?

Depuis une dizaine d'années, ma pratique est intrinsèquement liée à l'expérience d'excursions performatives à travers l'Amérique du Nord, l'Europe et l'Asie. J'effectue des parcours, des trajectoires à travers lesquels je m'abandonne à des forces qui me dépassent (migrations humaines et animales, phénomènes météorologiques, spirituels...).

2. Quelles oeuvres ou figures de l'histoire de l'art (ou de l'art actuel) vous inspirent?

La poésie de la vie (empirique, visuelle et littéraire) m'inspire tout comme le travail des grands arpenteurs des courants secrets du monde comme Bas Jan Ader, Hamish Fulton et Francis Alÿs.

3. Comment aborderez-vous le thème Mobilités lors du Symposium?

Dans le contexte du Symposium, j'entame le projet Nulle Part en me lançant dans une série d'excursions en caravane à la recherche de lieux irréels. Avec la collaboration des gens que je croiserai en chemin, je chercherai à atteindre des lieux fictifs que je pourrais bien finir par découvrir.

Eveline Boulva (Québec, Québec)

Eveline Boulva... (Luc Renaud) - image 10.0

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Eveline Boulva

Luc Renaud

Incursions... En train (scène 1), 2013, aquarelle, gouache... - image 10.1

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Incursions... En train (scène 1), 2013, aquarelle, gouache et crayon sur papier

1. Comment décririez-vous votre pratique?

Les thèmes du territoire et du paysage sont au centre de ma pratique. De façon générale, les déplacements et les voyages s'inscrivent comme des moments essentiels pour entamer la création. Il s'agit alors d'observer le territoire, d'en faire l'expérience, pour ensuite en analyser et en comprendre le caractère spécifique. Par la suite, je tente de traduire et d'exprimer, sous forme de tableaux et de dessins, l'hétérogénéité intrinsèque et les spécificités des espaces parcourus et perçus.

2. Quelles oeuvres figures de l'histoire de l'art (ou de l'art actuel) vous inspirent?

Julie Mehretu, Didier Rittener et Claire Trotignon.

3. Comment abordez-vous le thème Mobilités lors du Symposium?

Le projet prendra la forme d'un grand diptyque qui sera réalisé en dessin. Le thème de la mobilité s'y active en deux temps distincts.

Tout d'abord, une documentation photographique a été effectuée au début de l'été à l'occasion d'un vol d'avion au-dessus de la région de Québec. Il m'a permis de capter une large étendue territoriale, dont certaines images serviront de base pour la création des deux dessins. Le déplacement en avion a été privilégié, plutôt que tout autre mode de transport, de façon à obtenir des vues en plongée et de me permettre d'observer de façon approfondie les caractéristiques géographiques et l'organisation du territoire.

Ensuite, chaque dessin présentera une vue distincte d'un même espace géographique - en l'occurrence la Côte-de-Beaupré - selon des échelles et des directions différentes. Ces deux dessins agiront en dialogue, en déployant deux perspectives sur cette portion spécifique du littoral fluvial.

Geneviève Chevalier (Eastman, Québec)

Geneviève Chevalier... (Stéphane Gregory) - image 12.0

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Geneviève Chevalier

Stéphane Gregory

... & l'enchantement, oeuvre du projet Mon Boisé,... - image 12.1

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... & l'enchantement, oeuvre du projet Mon Boisé, phase II, 2014-2015, impression à jet d'encre sur papier

1. Comment décririez-vous votre pratique?

Ma pratique est d'abord conceptuelle et contextuelle. Tournée vers des sites qui peuvent être de nature géographique, institutionnelle ou encore discursive - tels que des enjeux actuels d'ordre écologique -, mon approche se déroule tantôt dans l'espace de l'exposition, tantôt à travers la recherche et les sorties sur le terrain. Réfléchissant à la nature de l'exposition, je m'approprie l'ensemble des moyens, déterminants, supports et paratextes qui composent ce dispositif souvent transparent afin de le rendre plus visible.

2. Quelles sont les oeuvres ou les figures de l'histoire de l'art (ou de l'art actuel) qui vous inspirent?

Je suis intéressée par le travail d'artistes qui ont une approche située, c'est-à-dire critique, en lien avec le territoire et les enjeux qui l'animent. Je pense par exemple à Center for Land Use Interpretation, ou encore à un artiste comme Mark Dion, qui vient de la côte est des États-Unis et dont le travail est nourri par une réflexion autour du musée, des collections muséales et des objets «naturels» que ces collections renferment. Dion peut mener parfois des excavations, des fouilles, des collectes, dont les résultats sont assemblés au sein d'installations.

3. Comment comptez-vous aborder le thème Mobilités lors du Symposium?

À travers la figure de l'oiseau, je compte réaliser au Symposium un projet d'installation en forme de collection autour de la question des effets des changements climatiques sur la trajectoire de migration et l'aire de répartition des oiseaux. C'est donc principalement de leur mobilité dont il sera question.

La collection sera assemblée d'abord à partir de données récoltées sur les sites explorés (le Sentier des Caps, L'Isle-aux-Coudres, Port-au-Saumon, le Cap-Tourmente, etc.) par l'entremise de mon GPS et de mon appareil photo/vidéo. Elle sera aussi composée de cartes, de guides, de dessins et d'illustrations remixées pour l'occasion. Le projet comportera également un volet participatif, qui prendra notamment la forme d'une activité d'ornithologie, organisée en collaboration avec le Club des ornithologues de Québec (COQ).

Camille Bernard Gravel (Québec, Québec)

Camille Bernard Gravel... (Stéphane Bourgeois) - image 14.0

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Camille Bernard Gravel

Stéphane Bourgeois

La machine à pluie, Banc d'essai, Galerie des... (Michel Boucher) - image 14.1

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La machine à pluie, Banc d'essai, Galerie des arts visuels, Université Laval

Michel Boucher

1. Comment décrivez-vous votre pratique?

Les phénomènes naturels que j'observe m'inspirent diverses installations, sculptures, vidéos et oeuvres sonores. Mon travail met en perpétuelle confrontation/cohabitation les technologies inventées par l'homme et différents phénomènes naturels liés à la chaleur, la lumière, la pluie, le vent, etc. Autant dans des espaces intérieurs qu'extérieurs, je m'emploie tantôt à mettre en valeur ces phénomènes, tantôt à les interpréter et les reproduire à ma façon, de manière à en tirer une poésie nouvelle.

2. Quelles oeuvres ou figures de l'histoire de l'art (ou de l'art actuel) vous inspirent?

Je préfère ne pas répondre à cette question pour l'instant.

3. Comment aborderez-vous le thème Mobilités lors du Symposium?

Le travail que je réalise au symposium porte un regard sur la mobilité observable à l'intérieur des différents systèmes régissant le mouvement des végétaux et la formation des reliefs rocheux. Propagation, cohabitation, mouvements de masse, ordre et systèmes chaotiques sont des concepts que j'explorerai pendant les prochaines semaines. J'explorerai la synergie qui se crée entre les végétaux, les reliefs rocheux ainsi que les forces (phénomènes naturels) qui agissent sur ces éléments naturels.

Frédéric Cordier (Lausanne, Suisse, et Montréal, Québec)

Frédéric Cordier... (Andreas Zimmermann) - image 16.0

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Frédéric Cordier

Andreas Zimmermann

Détail de l'installation Ink, 2014, linogravure ... (Ivan Binet) - image 16.1

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Détail de l'installation Ink, 2014, linogravure

Ivan Binet

1. Comment décririez-vous votre pratique personnelle?

Traduire en motifs noirs et blancs géométriques ou organiques des textures et éléments industriels en créant un dialogue avec l'architecture et le paysage. Mon travail peut prendre différentes formes : installation, papier peint, dessin, peinture géométrique et linogravure.

2. Quelles sont les oeuvres ou les figures de l'histoire de l'art (ou de l'art actuel) qui vous inspirent?

Étudiant, j'ai été influencé par des artistes suisses qui entretiennent une tradition picturale géométrique et optique. En ce moment, ce qui m'inspire, c'est l'industrie au Canada et son implantation dans des milieux naturels. J'ai aussi une fascination pour l'art religieux au Moyen-Orient, lequel allie architecture et motifs splendides.

3. Comment comptez-vous aborder le thème Mobilités lors du Symposium?

J'y réaliserai une gravure géante à l'aide de motifs et de textures représentant une vue portuaire intégrant des conteneurs. Les conteneurs sont constamment en mouvement pour desservir notre monde globalisé en marchandises de toutes sortes. Le conteneur incarne l'unité modale mobile de l'économie moderne. Conçu en fonction d'un transit facile, il symbolise le flux constant de marchandises créé par les échanges commerciaux internationaux.

Michèle Mackasey (Saskatoon, Saskatchewan)

Michèle Mackasey... (Yvan LeBel) - image 18.0

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Michèle Mackasey

Yvan LeBel

Wish-Home Neighbourhood (en collaboration avec les résidents du... - image 18.1

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Wish-Home Neighbourhood (en collaboration avec les résidents du YWCA à Saskatoon), 2013

1. Comment décririez-vous votre pratique?

En 2012, ma série de tableaux grand format Face à nous contestait la stigmatisation sociale de la maternité monoparentale dans la culture canadienne et nord-américaine. Ce travail pictural visait à fournir une narration visuelle: un lieu de représentation pour les mères monoparentales et leurs enfants, leur donnant une occasion de voir leurs vies vues et entendues.

En travaillant dans des projets communautaires et lors de résidences, je propose une stratégie de collaboration inclusive permettant de réaliser une oeuvre où l'inspiration engage une parole collective, unifie le message et le rend plus fort. Ces projets me permettent de développer de nouvelles créations à même une exploration personnelle de thèmes et de matériaux variés.

2. Quelles oeuvres ou figures de l'histoire de l'art (ou de l'art actuel) vous inspirent?

Pendant ma jeunesse, l'artiste Emily Carr m'a influencée. Aujourd'hui, les influences sur ma pratique sont très vastes.

3. Comment abordez-vous le thème Mobilités lors du Symposium?

Pour les personnes sans abri, la mobilité peut avoir un aspect négatif, notamment lors d'un déplacement imposé ou de la perte de logis. L'expérience de vivre sans abri provoque un stress énorme tant pour l'individu que pour sa famille. Vivre dans un hébergement d'urgence n'offre qu'un logement temporaire - un répit souvent que de quelques jours ou quelques semaines. C'est le manque de stabilité de ceux qui vivent en transition qui force la vie en mobilité. (traduit de l'anglais)

Momar Seck (Genève, Suisse, et Dakar, Sénégal)

Momar Seck... (Alain Dubouloz) - image 20.0

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Momar Seck

Alain Dubouloz

Planes, 2015, installation... (Alain Dubouloz) - image 20.1

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Planes, 2015, installation

Alain Dubouloz

1. Comment décririez-vous votre pratique?

Je me retrouve comme dans un rituel nécessaire, où mes sens et mes pensées deviennent uniques, où le monde extérieur est partie prenante de ma création. Après avoir ouvert des sacs et versé les contenus composés de multiples objets (vieilles coupures de journaux, chutes de tissus, rejets de la consommation locale de textile, de fer, de sacs en plastique, de boîtes de conserve), mon voyage à travers le temps et les histoires liées aux objets et matériaux commence: je m'active, je brise, j'écrase, je compresse, je colle, je déchire, j'attache, je cloue et j'assemble.

2. Quelles oeuvres figures de l'histoire de l'art (ou de l'art actuel) vous inspirent?

J'ai toujours été fasciné par le travail de l'artiste sénégalais Djibril André Diop, sculpteur sur métal, de l'artiste nigérian Bruce Onobrakpeya, du Malien Abdoulaye Konaté, du Sénégalais Iba Ndiaye, ainsi que des accumulations de l'artiste français Armand et de l'oeuvre de l'artiste espagnol Antoni Tapiés.

3. Comment abordez-vous le thème Mobilités lors du Symposium?

Je cherche à plonger le spectateur dans la réalité et la matérialité de la vie dont les composantes ou débris évoquent des souvenirs et des réalités quotidiennes. Je choisis la barque pour évoquer le déplacement et les flux migratoires par les océans. Je me plais à faire ressortir le caractère ludique et récréatif de la réalisation commune en invitant le public à participer.

L'installation mettra en évidence la variété de matériaux de récupération et des couleurs afin de créer des vibrations, symbole du mouvement et de la mobilité.

Nicole Bauberger (Whitehorse, Yukon)

Nicolas Bauberger... (Nicole Bauberger) - image 22.0

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Nicolas Bauberger

Nicole Bauberger

Get There From Here, 2015, huile sur toile... (Amanda Graham) - image 22.1

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Get There From Here, 2015, huile sur toile

Amanda Graham

1. Comment décririez-vous votre pratique?

Ma pratique artistique est surtout axée sur une approche par projet qui dépend de protocoles et d'objectifs choisis. J'ai développé une compétence fine de la peinture à l'huile en travaillant comme apprentie dans les années 90 et celle-ci est à la base de mon travail artistique, mais j'utilise également l'encaustique, l'acrylique, l'argile, des sachets de thé et des marionnettes, et puise aux ressources de la recherche et de l'écriture, ou des chansons au ukulele. (traduit de l'anglais)

2. Quelles oeuvres ou figures de l'histoire de l'art (ou de l'art actuel) vous inspirent?

J'admire Artemesia Gentileschi, une artiste peintre italienne de l'époque caravagesque. À partir de l'étude de ses oeuvres, j'ai réalisé une exposition pour des galeries et des centres d'exposition. J'admire aussi Annie Smith, une artiste autochtone du Yukon qui travaille avec la couture traditionnelle. J'apprends la couture avec elle. Elle est très généreuse pour transmettre son savoir-faire, je crois d'ailleurs que les femmes qui pratiquent et enseignent cette forme d'art sont des héroïnes pour la conservation de leur culture et qu'elles ont beaucoup à nous enseigner.

3. Comment aborderez-vous le thème Mobilités lors du Symposium?

J'expose quelques tableaux que j'ai réalisés aux abords de routes, à tous les 50 km, en traversant le Canada, de St. John's à Terre-Neuve, à Victoria en Colombie-Britanique jusqu'à Inuvik dans les Territoires du Nord-Ouest. Dans le même format, 1 pied sur 1 pied, je peins des routes autour de Baie-Saint-Paul.

Au milieu du mois, mon approche changera un peu et je vais peindre 100 petits tableaux de robes inspirées par mon expérience de séjour à Baie-Saint-Paul. J'ai fait 100 robes pour Whitehorse plusieurs fois et des tableaux de robes à chacune des destinations où j'ai séjourné. Ainsi, je voyage et offre au public de l'endroit un reflet de leur monde.

Samuel Breton (Québec, Québec)

Samuel Breton... (Christian Baron) - image 24.0

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Samuel Breton

Christian Baron

Ouchanka. Andrei Roublev Breton, 2015, arrêt sur image,... - image 24.1

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Ouchanka. Andrei Roublev Breton, 2015, arrêt sur image, vidéo d'animation en pixellisation

1. Comment décririez-vous votre pratique?

Ma pratique artistique est multidisciplinaire, puisqu'elle s'exprime autant par le dessin que par la sérigraphie, bien qu'elle trouve une certaine finalité dans la vidéo d'animation. Mes sujets de création ont pour source l'objet identitaire - la botte Sorel en est un exemple - qui transcende sa fonction usuelle au point d'évoquer une culture et des souvenirs collectifs. Je joue avec ces sujets de manière à ce qu'ils expriment ce qui est de l'ordre du concept, de la référence, de l'histoire comme de l'enfance.

2. Quelles oeuvres ou figures de l'histoire de l'art (ou de l'art actuel) vous inspirent?

Le cinéaste d'animation Norman McLaren est une référence technique incontournable pour mon travail. Le film Voisins est un exemple exceptionnel de la technique d'animation par pixilation que je lui emprunte. De même, le Sud-Africain William Kentridge est également une référence lorsqu'il est question de vidéo filmée image par image où l'artiste se met en scène dans son oeuvre.

3. Comment abordez-vous le thème Mobilités lors du Symposium?

Mon projet intitulé Eskimo de Sorel témoigne de la mobilité de l'esprit artistique lorsqu'il est en cours de création. Ainsi, entre la découverte de l'objet botte - qui, en soi, représente la mobilité hivernale de l'humain - et l'exploration du propos colonialiste qu'incarne le modèle dit «Eskimo» de cette même chaussure montante, il se trace un cheminement fait de liens mouvants.

Thibault Laget-ro (Grosrouvre, France)

Thibault Laget-ro... (Thibault Laget-ro) - image 26.0

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Thibault Laget-ro

Thibault Laget-ro

Arrivée (détail), 2015, acrylique sur toile... - image 26.1

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Arrivée (détail), 2015, acrylique sur toile

1. Comment décririez-vous votre pratique?

Ma pratique est d'abord une réflexion sur la liberté et la perception de celle-ci. Je peins, principalement, mais développe d'autres projets de nature plus conceptuelle qui tournent souvent autour de l'expérience de liberté.

2. Quelles oeuvres ou figures de l'histoire de l'art (ou de l'art actuel) vous inspirent?

C'est un portrait d'Ambroise Vollard fait par Picasso qui a déclenché mon urgence de peindre. J'aime l'oeuvre intitulée Him de Maurizio Cattelan pour la surprise qu'elle provoque et les réflexions sur l'art que suscite Sol LeWitt... En réalité, je crois que je suis nourri de beaucoup trop d'artistes pour ne pouvoir en citer que quelques-uns.

3. Comment abordez-vous le thème Mobilités lors du Symposium?

Je présente au Symposium deux projets. Le premier est une peinture de 3,20 m x 1,30 m représentant une rue de Baie-Saint-Paul où une famille de migrants déambule parmi les touristes et les habitants de la ville. Le second est une expérience de liberté qui prend la forme d'un passeport dans lequel un protocole est énoncé et qui s'échange une fois l'expérience réalisée. L'intention est la suivante: si la définition de la liberté est souvent commune au groupe, l'expérience de la liberté est différente pour chacun. Le passeport de... invite à retrouver ce profond moment liberté unique et propre à chacun.

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