André Montmorency, le peintre, a marqué New Carlisle

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André Montmorency a marqué la scène culturelle pendant près de 60 ans.

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<p>Gilles Gagné</p>
Gilles Gagné

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Le Soleil

(New Carlisle) Les Gaspésiens gardent un bon souvenir d'André Montmorency, qui avait établi ses pénates en 2003 et 2004 dans la péninsule, à New Carlisle. Il y avait ouvert un atelier et une galerie où il vendait ses toiles.

Avant d'acheter cette maison de New Carlisle, il fréquentait depuis des années ce coin de la Baie-des-Chaleurs parce qu'il séjournait au centre de thalassothérapie de Paspébiac, l'Auberge du parc. La propriétaire, Jeannette Lemarquand, a été peinée par le départ de l'artiste, qui disait clairement en 2005 être tombé en amour en Gaspésie à cet endroit.

«Il était jovial, sympathique, aimable, bon vivant et il était très généreux. Il invitait plein de monde chez lui. Il a eu une première année euphorique, mais ça a mal été la deuxième année. Il n'était pas un administrateur. Il a trop dépensé. Il n'y avait plus rien qui entrait dans la maison [tellement c'était encombré]. Je lui ai dit : "Ça ne me regarde pas mais vous m'inquiétez; l'argent ne tombe pas du ciel"», se souvient Mme Lemarquand.

Gaétan Pelletier, de Bonaventure, était animateur du matin à Radio CHNC de New Carlisle en 2003 et 2004.

«Il venait faire une ou deux interventions le matin. Il faisait de la critique littéraire et d'émissions de télévision. Le vendredi, on animait le midi une émission d'une heure à 90 minutes; ça dépendait des invités. J'ai eu la chance d'interviewer, et souvent simplement d'assister à des conversations entre André et Denise Filiatrault, Donald Pilon, Michel Tremblay, Linda Sorgini, Nicole Leblanc, des gens qui avaient travaillé avec lui. Il avait le don de tenir des conversations intimes avec eux. Ils oubliaient le micro. Il n'était pas facile à calmer, à ramener mais ça donnait des moments très drôles», précise M. Pelletier.

«Je l'ai vu peindre beaucoup. J'allais le retrouver chez lui le jeudi soir, en prévision de l'émission du vendredi. Il cuisinait beaucoup. Il essayait toutes sortes de choses. C'était un homme effervescent», résume Gaétan Pelletier.

Geneviève Saint-Hilaire, de New Carlisle, se souvient d'avoir assisté au vernissage de Pablo von Momo à l'automne 2003.

«Friponneau, c'était mon kick quand j'étais petite, dans La ribouldingue. C'était un événement, le vernissage. Son style était coloré, je dirais même criard. Une des toiles de Friponneau a côtoyé la reine d'Angleterre. La municipalité de New Carlisle avait reçu une oeuvre de grande taille, aux couleurs très vives, de Momo et l'avait placée dans la salle du conseil, à côté du gros portrait de la reine. C'était extraordinaire. C'était assez remarquable», évoque Mme Saint-Hilaire.

Jeannette Lemarquand ne peut s'empêcher d'avoir le coeur gros en pensant aux derniers mois d'André Montmorency, fauché, à New Carlisle.

«Sa soeur n'administrait plus ses affaires, il avait trop dépensé et il avait fait confiance à deux personnes qui n'avaient pas ce qu'il fallait pour s'occuper de son argent. S'il avait signé ses oeuvres avec son vrai nom, André Montmorency au lieu de "Momo", il en aurait vendu plus et à un meilleur prix. Il craignait d'être seul en fin de vie. Il m'avait dit : "Quand mon tour va venir, je serai seul". J'espère que ce n'était pas le cas», dit Mme Lemarquand.

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