L'art contemporain dans tous ses états

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Vue de la première salle de l'exposition De Ferron à BGL

Le Soleil, Patrice Laroche

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(Québec) La nouvelle exposition permanente sur l'art contemporain québécois est maintenant ouverte. Parcours en cinq salles, De Ferron à BGL rend hommage à la pluralité des influences et des démarches, déjoue la chronologie et s'amuse avec le design inspirant du nouveau pavillon Lassonde.

La conservatrice Eve-Lyne Beaudry a sélectionné 85 oeuvres parmi les 9000 que contient la collection d'art contemporain du Musée national. Méchant casse-tête, résolu en partie par le choix de ne présenter qu'une oeuvre par artiste (ou collectif), ce qui crée un autre défi de taille, celui d'agencer des oeuvres de styles, d'esthétique et de médiums variés dans un même espace. Heureusement, l'espace en question, au 2e niveau du pavillon Lassonde, est un terrain de choix.

L'exposition s'ouvre sur des oeuvres des années 60, période effervescente riche en explorations, et se ferme sur les années 1990-2000, autre période d'amalgame et de citations. Entre les deux, on traverse un condensé de ce que la peinture, la sculpture, la photographie et l'art vidéo ont eu à offrir dans le dernier demi-siècle.

Évidemment, le portrait est incomplet et éclectique. Mais on donne les clés qu'il faut au visiteur pour combler les trous, aiguiser son regard et être ensuite mieux préparé à affronter ce qui est présenté dans les galeries d'art actuel et les centres d'artistes.

Kitchenombi No.4 de Marcel Barbeau... (Le Soleil, Patrice Laroche) - image 2.0

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Kitchenombi No.4 de Marcel Barbeau

Le Soleil, Patrice Laroche

La première salle permet entre autres d'apprécier Kitchenombi No 4 de Marcel Barbeau, peinture performative qui n'avait pas été présentée depuis 1980, et Station III : Hommage aux plasticiens, réalisé dans les années 80 et soustrait aux regards depuis 1988. L'immense triangle fait de ballots de matériaux récupérés et peints règne sur les toiles de Ferron, Letendre, Tousignant et Molinari.

«On ne voulait pas segmenter par courant. On les a tous mis en relation dans la même salle pour que les gens voient que tout ça s'est fait simultanément. Les artistes se connaissaient et n'étaient pas nécessairement en guerre esthétique», indique Mme Beaudry.

Lustre de Claudie Gagnon... (Le Soleil, Patrice Laroche) - image 3.0

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Lustre de Claudie Gagnon

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On découvre ensuite la galerie des sculptures, qui se déploient au sol, au plafond et sur les murs, et qui se prolonge même à l'extérieur, sur l'un des toits du nouveau pavillon. Le visiteur peut s'amuser à faire des liens de couleurs et de formes entre Chenille verte de COZIC et La pince verte de Serge Tousignant, en se laissant émerveiller par l'aspect surréaliste du lit ailé de François Morelli et par le kitsch majestueux de Lustre de Claudie Gagnon.

On traverse des oeuvres hybrides incluant des objets quotidiens - bâtons de hockey, pages de dictionnaire - pour atteindre l'espace consacré à la photographie et à l'art vidéo, disciplines où plusieurs femmes (dont Raymonde April, Geneviève Cadieux, Jocelyne Alloucherie) ont fait leur marque dans les années 80 et 90. Une salle de projection munie d'une mezzanine permet de sortir la vidéo des coins sombres et de placer des oeuvres en hauteur. On peut y visionner la touchante Les Eux, de Jacynthe Carrier, et avoir une vue en plongée de la photographie de l'oeuvre de land art réalisée par Bill Vazan sur les plaines d'Abraham en 1979. «Ça demeure, encore aujourd'hui, une des plus ambitieuses qui a été faite au Canada», note la conservatrice.

Une partie de l'installation de Valérie Blass... (Le Soleil, Patrice Laroche) - image 4.0

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Une partie de l'installation de Valérie Blass

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On entre finalement dans la dernière salle, où trônent la voiture en bois de BGL et la girafe triste de Trevor Gould. «Les artistes vont dans de multiples directions, le monochrome, l'abstraction, le paysage, la nature morte sont réinterprétés, amalgamés. L'humour, mais aussi l'engagement sont très présents», indique Mme Beaudry. Alors que Valérie Blass se joue de la manière dont on se comporte au musée, Nadia Myre déploie les blessures et les cicatrices de centaines de personnes sur de petites toiles couleur chair. 

De Ferron à BGL. Art contemporain du Québec sera présentée pour les cinq prochaines années au MNBAQ.

Pour les tout-petits

Dans ma maison... occupe la nouvelle galerie famille... (Le Soleil, Patrice Laroche) - image 6.0

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Dans ma maison... occupe la nouvelle galerie famille du MNBAQ.

Le Soleil, Patrice Laroche

Les enfants ont maintenant leur espace permanent au Musée national des beaux-arts, dans le pavillon central. Ils peuvent s'y amuser, y lire et observer des oeuvres d'art dans le décor douillet de Dans ma maison, un projet des Incomplètes qui a déjà voyagé dans les bibliothèques et qui est bonifié. Trois univers leur sont proposés. Dans Fleuve, des vagues argentées et un ciel immense enveloppent Sans titre, de la série «Etitnedi» de Joanne Tremblay. Jardin est un plongeon dans les fleurs pour découvrir La Centenaire, de Max Wyse. Archipel place l'oeuvre Paysage rouge de Catherine Bolduc entre les stalagmites et les montagnes velues. Des voix d'enfants nous décrivent ces installations dans le passage Riopelle dans une oeuvre sonore signée Fred Lebrasseur.

Art public en trois temps

Une cosmologie sans genèse de Ludovic Boney... (Le Soleil, Patrice Laroche) - image 8.0

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Une cosmologie sans genèse de Ludovic Boney

Le Soleil, Patrice Laroche

Trois oeuvres d'art public ont été inaugurées en même temps que le nouveau pavillon. Une cosmologie sans genèse, immense sculpture de Ludovic Boney, trône dans la nouvelle cour intérieure, à l'entrée du pavillon Lassonde. Trois mâts placés en tipi supportent une grande sphère incomplète, formée de 800 cônes d'aluminium, qui implose ou qui explose. La nouvelle place du Musée accueille Interlude de Michel de Broin, où une fausse télévision présente un vrai feu. Finalement, sur le toit-jardin du 3e niveau se dévoile Le jardin du sculpteur de Patrick Coutu, des tours faites d'un agglomérat de cubes de bronze, comme des cactus de pixels.

Flots d'énergie signés Altmejd

Détail de The Flux and the Puddle de... (Le Soleil, Patrice Laroche) - image 10.0

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Détail de The Flux and the Puddle de David Atlmejd.

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Un peu sonnés par leur visite du nouveau pavillon Lassonde, les visiteurs se rendent tout de même parfois jusqu'au pavillon central, où ils s'écroulent par K.O. en découvrant l'oeuvre The Flux and the Puddle, de David Altmejd. Le grand prisme transparent, traversé par une multitude de matières en métamorphose, entre parfaitement dans la salle 1, qui a été couverte de miroirs brisés par endroits par l'artiste. Loups-garous, géants, culturistes, fruits, fourmis et substances indéfinies y forment un cosmos impossible à saisir d'un coup. Heureusement, la pièce de la collection Giverny Capital a été prêtée au MNBAQ pour 10 ans.

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