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Le jour où l'agrandissement du Musée des beaux-arts du Québec a failli avorter

Le projet d'expansion du Musée national des beaux-arts... (Le Soleil, Caroline Grégoire)

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Le projet d'expansion du Musée national des beaux-arts du Québec a doublé les espaces d'exposition en les faisant passer à 8700 mètres carrés.

Le Soleil, Caroline Grégoire

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(Québec) Agnès Maltais se souvient «comme si c'était hier» du jour où elle s'est plantée devant le pupitre en Chambre de la première ministre Pauline Marois pour lui demander de sauver l'agrandissement du Musée national des beaux-arts du Québec (MNBAQ).

C'était le 22 novembre 2012. Son chef de cabinet, Pierre Châteauvert, venait de la faire sortir d'urgence juste avant la période des questions. Il sortait d'un déjeuner mouvementé au restaurant Louis-Hébert avec l'idéateur du nouveau pavillon, John R. Porter, horrifié par la possibilité que le projet déraille. 

«J'ai fermé le téléphone et je me suis rendu au pupitre de Pauline, qui était déjà assise à siège», se rappelle la députée de Taschereau, alors ministre responsable de la capitale nationale. «Je lui ai dit : "Il faut que je te parle tout de suite". Il y avait du monde autour. Ils sont partis tellement ça avait l'air sérieux.»

La veille, M. Porter a participé à une rencontre avec la sous-ministre à la Culture et le chef de cabinet du ministre en titre, Maka Kotto. La facture du projet était passée de 90 millions à 103 millions $. Une rallonge de 13 millions $ à la participation de Québec était nécessaire à l'agrandissement. Mais la réponse est non, à moins qu'Ottawa assume la moitié de la note. Une avenue jugée impossible.

«Je me souviendrai toujours de cette réunion au Ministère, indique M. Porter au Soleil. On s'est fait dire par la sous-ministre que, sans l'argent du fédéral, on pouvait oublier le projet. Ce que je trouvais absurde. Il y avait vraiment péril en la demeure. Si on laissait les choses trop traîner, il y avait un risque que ça dérape.» 

Engagement du fédéral

Le fédéral avait déjà promis 34 millions $. La Ville de Québec 5 millions $. Une campagne de mécénat permettrait d'aller chercher 25 millions $. 

«À l'époque, c'est le gouvernement du PQ qui arrive au pouvoir, on a un ministère de la Culture qui n'a pas une sensibilité très forte par rapport à Québec - c'était surtout des gens de Montréal - et il y a une volonté de contrôler les coûts», explique M. Porter. 

L'ex-chef de cabinet Châteauvert se souvient que tout le monde au gouvernement grattait les fonds de tiroirs. Des échanges avaient déjà eu lieu sur les difficultés à financer davantage le pavillon Pierre-Lassonde. Il se souvient d'avoir reçu l'appel d'un John Porter «hors de lui». Le lendemain matin, «il m'annonce qu'il met fin au projet», affirme M. Châteauvert. Après leur rencontre, le chef de cabinet avise sa patronne, Mme Maltais.

L'ex-ministre de la capitale digère mal que ni elle ni l'un de ses conseillers n'aient été à la réunion en question. «J'ai dit : "Pauline, le sais-tu, ils ne veulent pas rallonger l'argent pour le musée?" se remémore Mme Maltais. "La décision est prise, pour eux autres. Je te pose juste une question : veux-tu léguer un trou, ou si tu veux léguer un musée?" Elle m'a regardée et m'a dit : "un musée, Agnès". Je lui ai demandé si je pouvais faire les téléphones nécessaires. Elle m'a dit : "oui, et tout de suite."»

Projet révisé

Le projet d'expansion du MNBAQ double les espaces d'exposition en les faisant passer à 8700 mètres carrés. M. Porter note que, lorsqu'il était directeur général du musée, «le développement des collections est passé de 20 000 à 34 000 oeuvres». À différentes reprises, le projet a dû être révisé afin d'en limiter les coûts tout en préservant le concept de la firme OMA, retenu après un concours international d'architecture. Il y a aussi eu de l'opposition à la destruction du couvent des Dominicains, se souvient M. Porter, même s'il n'avait «pas de grande valeur patrimoniale». Si le pavillon n'avait pas levé de terre, l'Industrielle Alliance avait un projet immobilier prévu sur le site. 

Le nouveau pavillon sera ouvert officiellement au public à partir de la Saint-Jean-Baptiste. «Une fois que c'est fait, ça a un caractère d'évidence, affirme M. Porter. Mais le travail pour y arriver, c'est un gros gros travail de conviction. [...] C'est l'aboutissement d'un rêve. Ça a été un parcours très costaud.»

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