Les oies-tempêtes de Riopelle au cap Tourmente

Oies, à gauche et, sans titre, à droite,... (Le Soleil, Caroline Grégoire)

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Oies, à gauche et, sans titre, à droite, deux oeuvres de Jean-Paul Riopelle parmi celles exposées à la Maison Hamel-Bruneau, dans Sillery, à l'occasion de l'exposition Riopelle au cap Tourmente.

Le Soleil, Caroline Grégoire

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Josianne Desloges
Josianne Desloges

Collaboration spéciale

Le Soleil

(Québec) On pourra s'immerger dans les tourbillons d'oies blanches de Jean-Paul Riopelle tout l'été et tout l'automne à la Maison Hamel-Bruneau. On y présente les 13 lithographies de l'album Cap Tourmente, imprimé en 1983 en France, ainsi qu'une vingtaine d'explorations mixtes, produites à partir des macules et des chutes d'impression.

Les 13 oeuvres qui composent la série sont exposées toutes ensemble pour la première fois au Québec, selon la Maison Hamel-Bruneau. À l'origine, elles ont été rassemblées dans un coffret décliné à 75 exemplaires. «Ce serait impossible de tout retracer», note Yseult Riopelle, fille et archiviste infatigable de l'artiste. Le coffret exposé à Québec vient de la Galerie Simon Blais, à Montréal. Des collectionneurs privés ont fourni la plupart des autres oeuvres exposées.

Le visiteur navigue dans une séquence de création de Riopelle qui s'étend sur quelques années seulement. Le même sujet, les oies, les mêmes formes et les mêmes gestes s'y déclinent à l'infini. On y trouve du doré, des traces d'aérosol, de larges traits blancs, des silhouettes noires, des becs rouges. On sent une magnifique frénésie dans ce cafouillis de plumes et de chair.

On le sait, les oies habitaient l'imaginaire du géant. On distingue son autoportrait hirsute dans plusieurs oeuvres. Les oies amalgamées composent des silhouettes humaines, des constellations, des monstres à plusieurs têtes, des diables, des archipels ailés. 

«Il les a côtoyées [les oies] depuis 1976, à la chasse ou en promenade au cap Tourmente et surtout à l'île aux Oies. Il était [établi] à Paris, mais revenait au Québec pour la chasse chaque automne», rappelle Yseult Riopelle.

Créer dans le chaos

Au moment de la création de la série Cap Tourmente, sa soeur et elle suivaient l'évolution du travail dans l'atelier, dont l'accès leur était interdit lorsque l'artiste était à l'oeuvre. À l'entrée de la Maison Hamel-Bruneau et dans la publication qui accompagne l'exposition, on trouve des photographies de ce capharnaüm, où tout devenait outil, ajout potentiel, oeuvre en devenir. Riopelle travaillait ses oeuvres au sol ou punaisées sur les murs.

«Il avait quand même beaucoup de problèmes de santé, des problèmes de genoux à partir de 1979. Il continue à faire de grands formats en combinant plusieurs oeuvres, ce qui lui permet de faire de grandes murales, mais par petites sections», explique Mme Riopelle.

En conjuguant huit lithographies, il crée un nouveau paysage, une immense fenêtre sur un autre monde. Les oeuvres dérivées de la série Source «sont parfois en rehaut [un ensemble de marques de pigments clairs servant à éclaircir] ou en collage, parfois les deux à la fois», note-t-elle. Ces explorations sont plus sauvages, mais tout aussi intéressantes que les lithographies, créées de concert avec René Le Moigne de l'imprimerie Arte. «C'était un échange, ils combinaient leurs techniques, Jean-Paul n'arrivait pas avec quelque chose de fini. Ils travaillaient ensemble, surtout pour le choix des couleurs, d'où la profusion d'essais.»

Dans le triptyque Nyctales boréales, on voit la série des Hiboux, de 1970, découpée et collée pour former une frise. L'emblème des cigarettes Gauloises, tourné à l'envers, devient un oiseau noir qui sera repris dans plusieurs oeuvres. On trouve de tout : des bouchons de tubes de peinture, des bouchons de cannettes de peinture en aérosol, des fragments de Suites, de 1972, qui apportent une touche plus sombre aux ébats blancs. 

Du 14 juin au 18 décembre, à la Maison Hamel-Bruneau (2608, chemin Saint-Louis). Info : www.maisonsdupatrimoine.com

Poèmes de chasse

Pérégrinations en forêt, bêtes, territoire, proie et chasseurs, tumultes d'émotions... Les angles sont nombreux pour rassembler des oeuvres d'art contemporain autour du thème de la chasse. C'est du moins le mandat que s'est donné le Musée du Bas-Saint-Laurent en créant l'exposition Chasseurs, qui s'arrêtera cet été à la Villa Bagatelle. «La chasse elle-même n'est pas représentée. Les quatre grandes thématiques sont l'idée du voyage, le fait d'être à l'affût, la forêt et les bêtes qu'on y retrouve et l'idée d'être en proie, c'est-à-dire d'être pourchassé par quelque chose», indique Rebecca Hamilton, commissaire de l'exposition. On y verra entre autres une cible de Claude Tousignant, la sculpture Orignal (photo) de Louis Archambault, une estampe de René Derouin et une sculpture de Riopelle, toutes des oeuvres tirées de la collection du  Musée. Du 29 juin au 4 septembre à la Villa Bagatelle, 1563, chemin Saint-Louis, à Québec.

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