Le musée Tate Modern élargit ses horizons

L'expansion du Tate Modern de Londres prend la... (AFP, Daniel Leal-Olivas)

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L'expansion du Tate Modern de Londres prend la forme d'une pyramide étêtée aux angles brisés fidèle à l'architecture industrielle de l'ancien bâtiment auquel elle est accolée.

AFP, Daniel Leal-Olivas

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Ouerdya Ait Abdelmalek
Agence France-Presse
Londres

À l'étroit après seulement 16 ans d'existence, le musée Tate Modern de Londres s'est doté d'une extension pyramidale qui lui permettra de redéployer ses collections et d'offrir davantage d'espace à ses millions de visiteurs.

Plus de cinq millions de personnes se bousculent chaque année dans l'ancienne centrale électrique où s'est installé en 2000 le musée d'art moderne, dominant de sa silhouette de briques claires la rive sud de la Tamise, face à la cathédrale Saint-Paul.

C'est plus de deux fois la jauge initialement prévue, qui était de deux millions de visiteurs. D'où la décision très rapide de s'agrandir.

Le cabinet d'architectes suisse Herzog et de Meuron, qui s'était chargé de la reconversion de l'ancienne centrale électrique désaffectée, a été de nouveau choisi pour ce projet qui a coûté 260 millions de livres (471 millions $).

Le résultat : une pyramide étêtée et aux angles brisés, de briques revêtue, fidèle à l'architecture industrielle de l'ancien bâtiment auquel elle est accolée.

L'inauguration publique du bâtiment aura lieu à partir de vendredi, avec une fin de semaine de festivités, dont une chorale de 500 chanteurs dirigée par l'artiste britannique Peter Liversidge.

Dépouillement industriel

À l'intérieur, les visiteurs découvriront le même dépouillement industriel : béton brut, bois brut, rampes en métal peintes de noir.

Si le rez-de-chaussée, situé dans les anciens réservoirs de la centrale, est sombre comme une grotte, aux étages supérieurs, les briques qui recouvrent le bâtiment sont disjointes et laissent filtrer la lumière comme des moucharabieh. De grandes fenêtres laissent aussi généreusement entrer le jour dans les espaces destinés à la déambulation et au repos, nombreux.

C'était l'une des priorités affichées par les commanditaires : permettre aux visiteurs de se poser davantage, voire d'engager la conversation avec leur voisin. D'où des bancs et des chaises nichés dans des alcôves, devant les ascenseurs ou face aux baies vitrées qui ouvrent sur la terrasse panoramique du 10e et dernier niveau du bâtiment.

«Nous voulions fournir de grands espaces pour les performances et installations des artistes mais aussi des espaces plus intimes», explique le directeur des musées Tate Nicholas Serota.

800 oeuvres, 300 artistes

Avec son extension baptisée Switch House, posée comme une tour garde, la Tate Modern gagne 60 % de surface, ce qui lui permet de présenter désormais 800 oeuvres et 300 artistes. Avec un coup de projecteur particulier sur des pays jusque-là ignorés.

«Nous avons travaillé dur ces dernières années pour transformer notre collection internationale afin de refléter le fait que le grand art est produit partout dans le monde», a souligné Frances Morris, directrice de la Tate Modern, admettant un biais favorisant jusque-là l'art américain et d'Europe occidentale.

Parmi les artistes mis en valeur, l'Ukrainien Boris Mikhailov, le Japonais Yayoi Kusama, le Brésilien Ricardo Basbaum, le Franco-algérien Kader Attia.

Davantage d'oeuvres de femmes

La Tate Modern a aussi décidé d'acheter et de montrer davantage d'oeuvres de femmes, que ce soit la Roumaine Ana Lupas, l'Italienne Marisa Merz ou l'Américaine Joan Jonas.

La première exposition temporaire accueillie dans le nouveau bâtiment sera d'ailleurs consacrée à l'artiste américaine Georgia O'Keeffe dont l'oeuvre a trop souvent été minorée et réduite à des peintures de fleurs, a expliqué à l'AFP le directeur des expositions de la Tate Modern Achim Bochardt-Hume.

Au rez-de-chaussée de la Switch House, le visiteur est accueilli par des installations et des performances en mouvement.

Au-dessus, les niveaux 2, 3 et 4 accueillent des espaces thématiques illustrant la relation entre objets et architecture, artistes et spectateurs, travail artistique et environnement urbain.

Les autres étages sont occupés par des salles de conférence, les bureaux du personnel, des boutiques, des restaurants, un café et la fameuse terrasse panoramique.

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