Christo livre une imposante sculpture de barils de pétrole

Christo devant son imposante sculpture de barils de pétrole... (AFP, Valéry Haché)

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Christo devant son imposante sculpture de barils de pétrole

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Catherine Marciano
Agence France-Presse
Saint-Paul-de-Vence

Mille barils de pétrole empilés écrasent la cour de la Fondation Maeght, habituellement peuplée de frêles silhouettes de Giacometti : Christo, 80 ans, a investi ce temple de l'art sur la Côte d'Azur française avec une gourmandise juvénile.

S'il ne commente pas directement cette oeuvre éphémère visible jusqu'à fin novembre, l'artiste semble heureux de déambuler dans l'exposition peuplée de ses croquis et maquettes de projets déclinant depuis un demi-siècle le baril comme unité de construction. «C'est l'ensemble du voyage de plusieurs décennies sur un même projet qui constitue l'oeuvre d'art», explique-t-il à l'AFP.

De fait, Christo a commencé à s'intéresser aux formes cylindriques en réalisant à la fin des années 50 des petites sculptures avec des canettes, peintes ou emballées. En 1962, l'artiste né en Bulgarie et qui avait fui le carcan de son pays communiste, barra une rue de Paris avec un mur de bidons, sa réponse au Mur de Berlin.

L'installation de Saint-Paul-de-Vence -haute de 9 mètres, longue de 17 et large de 9- avait été évoquée dès 1967 à la suite d'une demande de la Fondation Maeght, comme en attestent deux travaux préparatoires de la collection ensuite «totalement oubliés» par Christo.

«Presque 50 ans plus tard, ils m'ont montré les dessins et l'idée a germé de finalement faire ce mastaba de barils dans la cour Giacometti».

Le mastaba désignait un édifice de terre né en Mésopotamie il y a 7000 ans, avant de devenir un bâtiment funéraire pour les Egyptiens, explique-t-il. Son choix est avant tout esthétique.

Deux murs verticaux et deux parois diagonales «c'est une forme en tension, prête à exploser», avance Olivier Kaeppelin, directeur de la Fondation Maeght.

Les barils bleus et rouges de Christo semblent former des marches arrondies montant vers le ciel sur les plans inclinés. Les deux murs verticaux sont plus chamarrés avec l'aperçu des couvercles ronds des barils, aux couleurs chaudes jaune-orange.

«Cette exposition éclate de joie et de jeunesse», estime Adrien Maeght, fils de Marguerite et Aimé Maeght, à l'origine de la fondation d'art inaugurée en 1964.

Projet monumental à Abou Dhabi

La sculpture apparaît toutefois comme une étape sur la route d'un projet plus démesuré. Des photos montrent Christo et son épouse Jeanne-Claude dans les dunes de sable, à 160 km d'Abou Dhabi, entre 1979 et 1982, début de leur réflexion commune sur un mastaba permanent 400 fois plus gros que la version exposée à la Fondation Maeght : 150 mètres de haut, 300 mètres de large, 225 mètres de profondeur.

«Quand le mastaba d'Abou Dhabi se fera, ce sera la plus grande sculpture au monde, plus haute que la pyramide de Khéops», décrit Christo. «Je reviens tout juste d'Abou Dhabi», répète-t-il, sûr de son fait, mais mystérieux sur l'avancement réel du projet.

Si Christo a autofinancé toute sa vie ses projets en vendant des dessins préparatoires (jusqu'à 292 000 $CAN l'esquisse aujourd'hui), le «mastaba d'Abou Dhabi» de 400 000 barils doit être payé par les Émirats arabes.

L'auteur du spectaculaire «emballage» du Reichstag de Berlin (1995) et du Pont-Neuf à Paris (1985) n'a pas concrétisé non plus son projet éphémère «Over the River» (Au-dessus de la rivière), qui prévoit de recouvrir de toile quelque 10 kilomètres d'une rivière de l'Ouest américain.

L'artiste, qui travaillait en tandem avec son épouse décédée en 2009, a toujours lancé de multiples projets concomitamment. Car «en 50 ans, seulement 22 projets monumentaux ont abouti et 37 autres n'ont jamais eu d'autorisation».

«Pur hasard», Christo sera également à l'honneur cet été en Italie avec l'aboutissement de son projet «Floating Piers» (Pontons flottants), qui permettra de marcher pendant 3 kilomètres sur l'eau du lac d'Iséo (nord), du 18 juin au 3 juillet. Il n'avait pas réalisé d'installation depuis 2005.

Christo vit à New York depuis 1964. Il passe ses journées, debout dans son atelier sans chaise, à faire des dessins préparatoires pour deux projets en attente.

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