L'insurrection végétale de Giorgia Volpe

Vue d'une partie de l'installation de Giorgia Volpe... (Giorgia Volpe)

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Vue d'une partie de l'installation de Giorgia Volpe au Musée québécois de l'agriculture et de l'alimentation (anciennement Musée François-Pilote), à La Pocatière

Giorgia Volpe

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Josianne Desloges
Josianne Desloges

Collaboration spéciale

Le Soleil

(Québec) On aura plusieurs occasions d'être en contact avec l'univers riche et foisonnant de Giorgia Volpe dans les prochaines semaines. L'artiste a tressé le ruban d'inauguration du nouveau pavillon Lassonde du Musée national des beaux-arts du Québec, une exposition bilan qui lui est consacrée s'installera au Musée du Bas-Saint-Laurent cette semaine, et elle fera partie des créateurs des Passages insolites à Québec cet été. Présentement, elle sème toutefois un peu d'inusité à La Pocatière.

«C'est fou cette année, on dirait que toute l'année se concentre au mois de juin», constate la lumineuse artiste. Depuis 15 ans, celle-ci ne cesse de tisser des liens entre communauté, culture et territoire dans des oeuvres dessinées, textiles, installatives, performatives... Avec elle, l'art visuel est polymorphe et en constante transformation. 

Elle est présentement en résidence au centre Vrille, à La Pocatière, tout comme l'artiste française Annick Picchio, avec qui elle a longtemps entretenu une correspondance. «Depuis plusieurs années, je mets en parallèle la biologie, l'organicité et les végétaux avec les réseaux et les déplacements des êtres humains», résume Giorgia Volpe, alors que Picchio s'intéresse à l'herbier, à l'archive et à l'art cartographique. Leurs explorations ont été rassemblées sous le titre Correspondance II : fabulations et insurrections végétales et après la résidence, l'exposition se poursuivra tout l'été. 

Deux cueillettes

Pour mener à bien ses insurrections, Giorgia Volpe a effectué deux cueillettes. La première dans la vaste collection d'objets du Musée québécois de l'agriculture et de l'alimentation (anciennement Musée François-Pilote), dont l'exposition qui se déploie sur trois étages permet de mieux connaître l'histoire des sciences, de la technologie et de l'agriculture au Québec. La seconde en pleine nature, dans la montagne et sur les berges du fleuve, afin de dénicher du lin, des poix à soupe, mauvaises herbes, du bois de grève, des algues du Saint-Laurent, des coraux...

Elle a ensuite mis les objets et les végétaux (mêlés à des cheveux...) en scène dans une bibliothèque transformée en théâtre d'ombres et en cabinet de curiosités. «Chaque tablette est nommée selon une collection du musée. Ça donne des titres comme Pomme de terre française, Mérite de défricheur ou Terre et foyer qui seront photographiés et mis en valeur dans l'expo», indique Giorgia, qui a aussi réalisé une animation image par image. L'endos de la bibliothèque est recouvert d'un drap noir, et on peut y voir l'ombre des objets, des racines et des branches tracer des formes inquiétantes.

L'artiste a aussi investi la roulotte de Vrille, qui avait jusqu'alors servi d'atelier, pour en faire une installation. «Une lumière rose fuchsia va envahir l'intérieur de la roulotte qui, le soir, va devenir une lanterne. Si on approche, on verra que l'intérieur est transformé en serre», explique-t-elle. Pour ce faire, elle a obtenu l'aide d'INNO 3B, une entreprise locale qui fait pousser des végétaux, comme les laitues et les herbes, dans des milieux hostiles. «La roulotte est aussi une insurrection, parce qu'elle est placée dans un stationnement de centre d'achat. Près du Home Hardware [jusqu'au 16 juin]», note-t-elle. Le stationnement devient ainsi le lieu de la rencontre entre le scientifique et l'organique, le naturel et l'artificiel, dans un objet à caractère social : une roulotte kitsch des années 70.

Correspondance II : fabulations et insurrections végétales sera présenté du 11 juin au 11 septembre à la salle Vrille art actuel du Musée québécois de l'agriculture et de l'alimentation, situé tout près du Collège de Sainte-Anne-de-la-Pocatière. Info : www.vrille.ca

Au centre, Exercice de mémoire, encadrée par Refaire... (Giorgia Volpe) - image 2.0

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Au centre, Exercice de mémoire, encadrée par Refaire surface I et II, présentées à Halifax

Giorgia Volpe

Vue de l'exposition Tisser l'existant de Giorgia Volpe... (Giorgia Volpe) - image 2.1

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Vue de l'exposition Tisser l'existant de Giorgia Volpe lors de sa présentation à Halifax. En vert, Jardins nomades, un objet performatif (robe) créé avec des rubans de nylon.

Giorgia Volpe

Une expo itinérante qui tisse des liens

L'art de Giorgia Volpe voyage grâce à l'exposition Tisser l'existant / Weaving the Existing, le  bilan de 15 ans de pratique orchestré par le commissaire Carl Johnson. 

«Il a choisi des oeuvres qui n'étaient jamais sorties de l'atelier», indique Giorgia Volpe. «J'ouvrais les tiroirs et ça sortait, ça sortait, on aurait dit qu'elle avait 50 ans de pratique derrière elle», raconte Carl Johnson.

Après avoir investi à maintes reprises le quartier Saint-Roch et avoir participé à la Biennale de sculpture de Saint-Jean-Port-Joli et au Symposium de Baie-Saint-Paul, l'artiste originaire de São Paulo établie à Québec depuis 1998 travaillait pour la première fois avec un commissaire pour un solo.

«Je suis plus connue pour mes oeuvres publiques et performatives, mais, en fait, j'ai commencé en faisant du dessin, de la gravure et de la photo», note l'artiste. L'aspect polymorphe de sa production a été mis en valeur par des objets, des sculptures, des oeuvres vidéo, des archives de performances et des oeuvres papier. 

Le titre fait référence au tissage et au tissu social, deux récurrences dans son travail, et à «l'existant», «qui est tout ce qui nous enveloppe, nous entoure, autant au niveau matériel qu'au niveau philosophique», explique l'artiste. «Les réseaux, la matière, l'art relationnel et les objets trouvés sont très présents», souligne le commissaire, qui s'est donné pour mission d'établir des dialogues entre les oeuvres, pour qu'aucune d'elles ne reste orpheline.

À l'image des créations de Giorgia, l'exposition se transforme selon les lieux, même si le corpus demeure le même. Produite par la Foreman Art Gallery de l'Université Bishop's, où elle a d'abord été présentée cet hiver, Tisser l'existant s'est ensuite installée à la Mount Saint Vincent University Art Gallery, à Halifax, ce printemps. On pourra la visiter à Rivière-du-Loup, au Musée du Bas-Saint-Laurent, du 9 juin au 7 janvier prochains.

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