Doyon-Rivest à la Galerie 3: cultiver l'ambiguïté

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    "Borduas vient souper" de Doyon-Rivest

    Le Soleil, Yan Doublet

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    "Étude théologique" de Doyon-Rivest

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  • Calder Street View (Le Soleil, Yan Doublet)

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    Calder Street View

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  • Golden Klimt Shower (Le Soleil, Yan Doublet)

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    Golden Klimt Shower

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    "Nu (détail)" de Doyon-Rivest

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    "Motherwheel-o-tron" de Doyon-Rivest

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    "Florilège overload 1-2-3" de Doyon-Rivest

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  • «Ouananiche Kapoor» de Doyon-Rivest (Le Soleil, Yan Doublet)

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    «Ouananiche Kapoor» de Doyon-Rivest

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  • Mathieu Doyon et Simon Rivest près de «Intermède» et «Indulgence» (Le Soleil, Yan Doublet)

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    Mathieu Doyon et Simon Rivest près de «Intermède» et «Indulgence»

    Le Soleil, Yan Doublet

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    "Miro plane" de Doyon-Rivest

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  • «3 rondes-bosses sur podium jaune» de Doyon-Rivest (Le Soleil, Yan Doublet)

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    «3 rondes-bosses sur podium jaune» de Doyon-Rivest

    Le Soleil, Yan Doublet

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Josianne Desloges
Josianne Desloges

Collaboration spéciale

Le Soleil

(Québec) Avec l'exposition Un certain nombre de choses dont vous ignoriez l'existence, le duo Doyon-Rivest transforme la Galerie 3 en une zone où ambiguïté, humour, questions sociétales, archives personnelles et histoire de l'art se renvoient la balle.

Trois corpus cohabitent dans l'espace. Il y a d'abord Florilège overload 1, 2 et 3, deux photographies de têtes et une de main, en noir et blanc, sur lesquelles sont apposées des applats aux motifs floraux colorés. «Il y a une forme de divertissement dont on est gavé et qui nous sort par les oreilles», explique Simon Rivest. Le motif est séduisant, ludique, mais les formes dégoulinantes peuvent aussi faire penser à des blobs ou à une matière collante et indéfinie.

La majeure partie du corpus est consacrée à des oeuvres uniques, où des formes de vinyle - habituellement utilisé pour faire du lettrage commercial - ont été découpées puis collées sur des photographies agrandies. Les clichés proviennent d'une boîte d'archives familiales de Mathieu Doyon.

On y voit entre autres la cour arrière de sa maison d'enfance, à Sainte-Foy. Le photographe inconnu était placé près du sol, directement sous la corde à linge. Doyon-Rivest y a ajouté une pluie de carrés de vinyle noir et blanc et a intitulé l'oeuvre Borduas vient souper. Sur chacune des photographies, qui portent d'autres noms imagés comme Golden Klimt Shower et Ouananiche Kapoor, la forme de vinyle rappelle le style d'un artiste connu et agit comme une intervention, une touche d'humour, d'abstraction et d'art. La forme carrée et les couleurs un peu fanées sont authentiques, mais rappellent les filtres et le format des photos sur l'application Instragram, comme un chassé-croisé entre les souvenirs passés et les codes du présent.

Objets et référents

Si l'humour et l'utilisation de matériaux commerciaux ont toujours fait partie de l'ADN de Doyon-Rivest, l'introduction d'archives personnelles et le bricolage sont de nouveaux paramètres. Les deux artistes cultivent l'ambiguïté et créent des amalgames inattendus. On le voit particulièrement dans les objets incluant des images photographiques, une série sur laquelle le duo travaille depuis quelque temps. 

«On dirait que, de plus en plus, les objets deviennent du prêt-à-s'exprimer, du prêt-à-l'emploi», note Simon Rivest, qui a travaillé un bout de temps en publicité. Les objets de consommation sont souvent associés à un style ou à certaines valeurs et Doyon-Rivest se fait un plaisir de jouer avec ces référents. À la deuxième Foire en art actuel, par exemple, on a pu voir leurs paniers de basketball, associés au sport lui-même et à la culture hip-hop, décorés de motifs floraux et de poissons morts. Ici, ils ont apposé des guitares de Slayer sur des transats, des seins sur des raquettes de ping-pong, le regard d'une femme voilée dans un soulier d'homme. «C'est la première fois qu'il y a une forme d'éditorial aussi clair dans notre travail», note le duo.

3 rondes-bosses sur podium jaune comprend trois bonbonnes de propane peintes aux couleurs des médailles olympiques et placées sur trois marches. «Ça sous-tend une espèce de compétition», souligne Rivest. La bonbonne, cet objet banal associé à la vie de banlieue, acquiert une certaine prestance, voire un aspect séduisant. 

Derrière, une photo d'une navette spatiale sur le dos d'un avion, encerclée de bleu pour devenir Miro Plane, rappelle des souvenirs aux deux acolytes. «Pour moi, c'est avoir huit ans, être à Beauport et regarder la navette Columbia passer pendant que ça sent un peu le steak», raconte Rivest. L'association est impromptue, mais joue, comme le reste, avec les référents personnels et communs.

Où tu vas...

On verra de nouveau très bientôt l'installation Les projections à court terme de Doyon-Rivest, qui fait partie de la quatrième mouture d'Où tu vas quand tu dors en marchant...? au Carrefour international de théâtre. Le duo a imaginé un ciné-parc onirique et disco au Champ de parade. Au rythme d'une musique planante, au fil des images montrant une série de gestes quotidiens choisis pour leurs propriétés plastiques, une vingtaine de voitures alignées aux vitres embuées s'illuminent. 

«Il était question de parler du divertissement. Divertir, ça veut dire détourner le regard des choses importantes, explique Doyon. Et aussi du fait qu'on est plus tous assis à regarder un gros écran, on regarde tous un petit écran dans notre main.»

L'exposition Un certain nombre de choses dont vous ignoriez l'existence est présentée jusqu'au 12 juin au 247, rue Saint-Vallier Est, à Québec.

Où tu vas... sera présenté les jeudis, vendredis et samedis du 26 mai au 11 juin.

Courtiser l'imagination

En grimpant dans l'imposante l'installation Se faire la cour pendant des semaines de Nicolas Fleming, qui occupe l'entièreté de la (très) grande galerie de l'OEil de Poisson, on a l'impression de franchir la petite porte d'Alice au pays des merveilles pour se retrouver dans un théâtre incongru mais accueillant. On peut prendre place dans une loge rouge ou une loge bleue pour regarder une ouverture noire, vide, «où on ne voit finalement que le reflet des néons», note Fleming. Dans une société le divertissement est omniprésent et tentaculaire, ce trou noir est étrangement apaisant. Nous sommes sur et dans une construction brute, mais notre imagination se charge d'en faire un balcon à la Roméo et Juliette ou une mascarade digne d'un film de Fellini. L'exposition qui devait se terminer le 29 mai a été prolongée jusqu'à la Nuit blanche qui se tiendra de 20h à 2h dans la nuit du 3 au 4 juin.

Une dose de Canadian Bacon chez Lacerte

On voit depuis quelque temps que la galerie Lacerte renaît tranquillement de son engourdissement hivernal et explore de nouvelles avenues. La présentation de Dialogues 2, où des oeuvres d'artistes de la galerie côtoient celles de quelques membres du collectif Canadian Bacon est de bon augure. Cette nouvelle mouture du dynamique événement organisé ponctuellement par Phelipe Soldevila (qui signe le commissariat avec Paul Brunet) comprend notamment de magnifiques photographies de la série Tale from Two Rivers de Charles-Frédérick Ouellet, une sculpture d'Olivier Roberge où de micro-alpinistes gravissent une montagne jusqu'à un panneau-réclame, des toiles enveloppées de mystère de Thierry Arcand-Bossé, des huiles de Rafael Sottolichio qui avalent le regard et des pyrogra-vures d'Isabelle Demers. Jusqu'au dimanche 5 juin, au 1, côte Dinan, à Québec.

Espaces pour créer

L'exposition des 21 finissants en arts visuels de l'Université Laval a beau s'appeler Titre de rêve, on y découvre surtout des espaces de réflexion et d'exposition, des installations où les objets disposés dans un espace donné portent une poésie secrète et intime. Le travail présenté y est en général réfléchi, mature et bien inscrit dans les tendances actuelles de l'art visuel (l'atelier, le résidu de performance, la réflexion sur le travail de création, la récupération de symboles et d'objets...). On remarque particulièrement les constructions de bois, vertigineuses et de différentes teintes, d'Olivier Moisan-Dufour, les fusions de dessins et d'aquarelle de Jennyfer Roussy et l'atelier des possibles de Marie-Soleil Fortier. L'exposition, sous le commissariat rassembleur et coopératif de Marie-Andrée Godin et Jeanne Couture, est présentée de 12h à 17h jusqu'au 22 mai à l'édifice La Fabrique.

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