Aristide Gagnon, l'infatigable chercheur

Aristide Gagnon devant ses sphères et ses cloches... (Le Soleil, Jean-Marie Villeneuve)

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Aristide Gagnon devant ses sphères et ses cloches

Le Soleil, Jean-Marie Villeneuve

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Josianne Desloges
Josianne Desloges

Collaboration spéciale

Le Soleil

(Québec) Aristide Gagnon célèbre cette année 60 ans de pratique artistique passionnée et soutenue. Si sa peinture fut primée et prisée dès sa sortie de l'École des beaux-arts, ce sont ses explorations et sa maîtrise exceptionnelle du bronze qui ont fait sa renommée.

Ses sphères soigneusement dessinées, puis coulées dans son immense atelier du quartier Saint-Roch se déploient en d'infinies variations, auxquelles se juxtaposent aussi des cloches et des demi-sphères suspendues. Les titres sont évocateurs: Sphère du lyrisme, Sphère des fleurs, Sphère Le Petit Prince... La disposition des sphères et des cloches, qui se chapeautent pour constituer un intéressant système solaire poétique, dans la Maison Hamel-Bruneau, reproduit à l'identique celle de l'atelier. Une vue de celui-ci est d'ailleurs reproduite dans la première salle de l'exposition. On sent que le monde artistique d'Aristide Gagnon naît dans son atelier, en flux continu. 

Il a laissé sa trace un peu partout à Québec, non seulement dans les galeries et au Musée national des beaux-arts du Québec, mais aussi dans les places publiques. «J'ai fait tous les vitraux de l'oratoire Saint-Joseph, j'ai participé à ceux de Saint-Sacrement et j'ai fait les grandes verrières du cocktail lounge du Reine Elizabeth. Comme j'étais très coloriste, ça a été facile pour moi d'apprendre le métier de verrier», indique l'artiste qui n'a jamais cessé d'explorer les matériaux et les techniques. «Peut-être que la transparence de mes tableaux vient un peu de là.»

De l'abstrait au figuratif

Durant ses 60 ans de carrière, l'artiste n'a... (Le Soleil, Jean-Marie Villeneuve) - image 2.0

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Durant ses 60 ans de carrière, l'artiste n'a jamais cessé d'explorer les matériaux et les techniques.

Le Soleil, Jean-Marie Villeneuve

Minerve, 1968, acrylique sur toile, collection de l'artiste... (Le Soleil, Jean-Marie Villeneuve) - image 2.1

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Minerve, 1968, acrylique sur toile, collection de l'artiste

Le Soleil, Jean-Marie Villeneuve

Jean Soucy et Jean Paul Lemieux lui ont enseigné à la fin des années 40. «J'étais influencé par les impressionnistes. J'ai vécu plus de 30 ans en même temps que Picasso. Renoir vivait encore... tout ce monde-là m'influençait pas mal plus que les automatistes», indique le peintre, qui a navigué entre l'abstrait et le figuratif sans contrainte.

En 1958, Aristide Gagnon a remporté le premier prix du Concours national du Québec avec la toile Paysage dans les Laurentides. Il fût représenté par le galeriste Gérard Zannetin, installé dans la côte de la Montagne, pendant de nombreuses années. 

Une portion de l'exposition est consacrée aux toiles et aux dessins de femmes. Comédiennes et danseuses imaginaires semblent flotter dans les arabesques de couleurs atténuées. Les toiles abstraites, grattées et épongées dans un joyeux travail acharné et intuitif entourent la pièce où sont exposées les cloches. «M. Gagnon n'utilise que des ingrédients de cuisine, du sel, du vinaigre et de l'ammoniac, pour faire les patines de ses sculptures», indique la commissaire Caroline Houde.

Dès les années 70, il a commencé à couler de petites pièces en étain. Il se met à utiliser une fonderie du quartier Saint-Roch. Lorsqu'il apprend son déménagement imminent, il décide d'acheter le bâtiment de trois étages et d'en faire son lieu de création. «Gérard Bélanger [qui ouvrira en 1987 la Fonderie d'art d'Inverness] venait me voir. Je lui ai dit que je ne ferais pas ses pièces, mais que je pouvais lui apprendre», raconte M. Gagnon. 

L'exposition L'harmonie des sphères est présentée à la Maison Hamel-Bruneau, au 2608, chemin Saint-Louis, Québec, jusqu'au 29 mai.

Les personnalités multiples de Mike Bourscheid

Mike Bourscheid, The Rain Collector, 2016... (Mike Bourscheid) - image 4.0

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Mike Bourscheid, The Rain Collector, 2016

Mike Bourscheid

Depuis trois mois, on peut croiser Mike Bourscheid, un grand jeune homme sympathique titulaire d'une maîtrise de l'Université des arts de Berlin, dans les corridors de Méduse. Le Luxembourgeois, maintenant établi à Vancouver, termine une résidence de création qui lui permettra d'ajouter deux nouveaux personnages à sa collection éclectique.

«Le but n'est pas de les accumuler, explique-t-il. Tous les personnages convergent en quelque chose et n'évoluent que lorsque je porte leurs costumes ou que je les présente sous forme de sculptures.» La petite galerie de l'OEil de Poisson a d'ailleurs pris l'apparence d'un étrange musée de costumes depuis que Bourscheid y expose ses «sculptures portables». Une longue tresse blonde retient un pot en verre, une tête de moustachu aux traits prononcés a des rubans brillants qui lui sortent des oreilles...

Les deux personnages créés à Québec prendront vie lors de performances. «Les deux ont quelque chose à voir avec la danse. Quand j'étais plus jeune, ça me fascinait de voir que chaque style de musique était associé à un style vestimentaire, et qu'il fallait choisir», indique-t-il. La première, présentée le 6 mai, s'appelait The Goldbird Variations et impliquait un personnage masqué, vêtu d'un habit ocre comprenant autant des détails féminins que masculins et des gants. «J'ai enlevé le pouce et l'index et mis des broderies sur le vêtement, comme des marques que je dois retrouver en laissant glisser mes mains sur moi», indique-t-il. Le manège l'amène à prendre une série de postures typées, pendant qu'une musique house qu'il a composée lui sert de trame sonore.

La seconde performance, le 13 mai à 17h, mettra à contribution une combinaison couleur chair, les longs cheveux blondasses et la couronne qui arbore le logo des Oilers d'Edmonton pour une séance de mixes musicaux inusités en direct (photo).

L'effet s'annonce surprenant, questionnant, voire engendre un peu de malaise. «Moi non plus, je ne suis pas toujours dans une zone de confort», assure Bourscheid.

Outre les performances, qui seront présentées dans l'installation de Nicolas Flemmig, qui a construit un étrange théâtre dans la grande galerie, l'exposition From Me to You. Forever est présentée jusqu'au 29 mai.

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