Check Engine de Martin Bureau: allégories des extrêmes

  • Martin Bureau devant<em> Wall and Co</em> (Le Soleil, Patrice Laroche)

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    Martin Bureau devant Wall and Co

    Le Soleil, Patrice Laroche

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  • <em>Flower Wall</em> (Le Soleil, Patrice Laroche)

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  • <em>Mediterranean Sundance</em> (Le Soleil, Patrice Laroche)

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  • <em>Wall and Co</em> (Le Soleil, Patrice Laroche)

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  • <em>Check Engine</em> (Le Soleil, Patrice Laroche)

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    Check Engine

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  • <em>Death Drone</em> (Le Soleil, Patrice Laroche)

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  • <em>Mirage totalitaire</em> (Le Soleil, Patrice Laroche)

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    Mirage totalitaire

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Josianne Desloges
Josianne Desloges

Collaboration spéciale

Le Soleil

(Québec) Martin Bureau carbure aux enjeux géopolitiques. Alors que dans ses documentaires, il tente de les dépeindre dans tous leurs aspects avec un souci de vérité, dans ses tableaux, il s'en nourrit plutôt pour créer des allégories et des images fortes.

Le constat est d'autant plus marquant devant l'exposition Check Engine, la première que l'artiste présente à la Galerie 3. À Québec, on l'a vu ces dernières années dans le cadre de la Manif d'art et à la galerie Lacerte.

«À mi-carrière, je ne veux pas stagner. J'ai envie qu'on ait un plan, un projet et qu'on décolle», indique Martin Bureau au sujet de son changement de galerie. Sur ses 300 oeuvres, il n'y en a qu'une quinzaine qui ne font pas encore partie d'une collection privée ou publique. Une semaine avant le vernissage, toutes les nouvelles toiles étaient déjà vendues.

Celui qui nous a habitués à des thématiques bien circonscrites est cette fois à la jonction de deux réflexions. La première sur le mur de Cisjordanie, qui sépare la Palestine d'Israël, sur lequel il a déjà produit le documentaire Ils n'ont demandé à personne et plusieurs tableaux, la seconde sur les humains qui s'amusent avec des loisirs extrêmes ou qui subissent, malgré eux, des situations extrêmes. Pendant que des mordus d'adrénaline se jettent en bas des falaises vêtus comme des superhéros, des migrants luttent pour leur vie en traversant l'océan sur des radeaux de fortune.

«Les gens passent à six pouces de la mort uniquement pour le plaisir. C'est comme un loisir catastrophique de riche, alors que la catastrophe réelle est humaine et géopolitique», note Martin Bureau.

Dans Flying Heroes, deux silhouettes vêtues de flying suits, ces habits qui permettent de jouer les écureuils volants, planent au-dessus de deux hommes qui se débattent dans la mer agitée. «On ne sait pas trop s'ils viennent les sauver ou s'ils vont s'échouer avec eux. Il y a quelque chose de grotesque dans leur attitude», relève Martin Bureau. «Ces personnages-là vont revenir dans mes prochaines toiles, où je veux peindre des plateformes pétrolières dans des tempêtes.»

Il a mis en relation un surfeur et des rescapés entassés sur un radeau de la Méduse dans Mediterranean Sundance. Dans Check Engine, trois utilisateurs de jetlev flyers (une sorte de jetpack muni d'un tuyau qui permet de voler au-dessus de l'eau comme des scaphandriers nouveau genre) tourbillonnent près d'un navire qui cambre dangereusement dans les vagues.

Le tout pourrait sembler farfelu, si ce n'était de la qualité particulière des images, qui ressemblent à des eaux-fortes ou à des pyrogravures.

«Je travaille comme si je colorais une photo ancienne. Je trace tout au graphite, puis je viens colorer avec des jus et parfois j'ajoute de la couleur», explique Martin Bureau.

Le canevas est fait à partir de banques d'images captées par l'artiste pour ses documentaires ou trouvées sur Internet. Le tableau est complètement dessiné au crayon de plomb sur une planche de contre-plaqué, puis sillonné à l'aide d'une efface électrique. La planche est ensuite posée à l'horizontale pour que Martin Bureau y étende de l'eau et de l'acrylique légèrement coloré. La valse des liquides, versés et essuyés, s'apparente à une série de dérapages contrôlés.

«J'ai beaucoup travaillé en opacité, à l'huile, alors que maintenant, en transparence, la lumière vient du fond du tableau», souligne-t-il.

Deux toiles puisent à l'imagerie du fameux mur de la honte. Dans Flower Wall, un champ de coquelicots s'étend devant le mur de béton, alors que minaret, clocher, synagogue et complexe pétrochimique sont rassemblés derrière la barrière dans Wall and Co. «Là-bas [en Israël et en Palestine], on me disait souvent que le mur is a big game and a big business», indique Martin Bureau. La toile, déjà exposée à L'Écart, à Rouyn-Noranda, est posée au sol, légèrement décollée du mur sur un des côtés, ce qui donne l'impression qu'elle en sort. Un jeu de trompe-l'oeil qui attire tout de suite l'attention lorsqu'on entre dans la galerie.

L'exposition se poursuit jusqu'au 3 avril au 247, rue Saint-Vallier Est, Québec.

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Territoires sur papier

La Galerie Louise-Carrier accueille deux artistes lévisiennes pour l'exposition Récits d'arbres, de pierres et de territoires. On peut y voir le travail d'Hélène Allard, qui multiplie les techniques (fusains, encre de Chine, pastel sec et graphite) pour créer des oeuvres qui ressemblent à des îles flottantes. De plus près, on distingue les multiples craquelures de l'écorce d'un arbre ou de la surface d'une pierre. L'artiste expose aussi des sculptures de bois longilignes créées lors d'un séjour à Hawaii. Marie Rioux, quant à elle, signe des paysages à l'huile et à l'acrylique où les forces de la nature sont en marche et où l'homme a souvent laissé sa trace. Notre oeil glisse allègrement sur ces territoires monochromes, mais se laisse accrocher par les détails insolites. L'exposition se poursuit jusqu'au 6 avril au 33, rue Wolfe, derrière L'Anglicane, à Lévis.

Le jardin de Cynthia Dinan-Mitchell

Le centre d'artistes Vaste et vague, à Carleton-sur-Mer, accueille l'exposition Jardin mutant de Cynthia Dinan-Mitchell. On a pu voir plusieurs des installations sérigraphiques de l'artiste à Québec, dont Nippon fiction, un amalgame des imageries de l'Ouest américain et de l'imagerie japonaise, au Musée national des beaux-arts du Québec. Elle mélange cette fois la faune, la flore et l'architecture pour créer de grands jardins étranges qui courent sur les murs et les objets en céramique. Jusqu'au 1er avril au 774, boulevard Perron, à Carleton-sur-Mer.

Les images-mouvements de Sarah Booth

Dès jeudi, au Cercle, on pourra voir l'exposition Vibre! de Sarah Booth. La jeune femme originaire de Rimouski a collaboré avec le concepteur sonore Josué Beaucage et les danseuses contemporaines Ariane Voineau et Léa Ratycz Légaré pour un projet qui allie gravure, impression, dessin et techniques de vidéo d'animation. «L'artiste propose d'ausculter le mouvement du corps comme ligne vibrante et fébrile, portant en elle à la fois la ressemblance/dissemblance, la figuration/défiguration, la forme/l'informe», nous indique Le Cercle, où Sarah Booth sera en résidence pendant deux mois pour poursuivre son exploration. Le vernissage a lieu jeudi à 17h et l'exposition se poursuivra jusqu'au 16 mai.

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