Dans l'oeil de Méduse

Gaëtan Gosselin (Recto-Verso), Claude Bélanger (Manif d'art) et... (Le Soleil,  Jean-Marie Villeneuve)

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Gaëtan Gosselin (Recto-Verso), Claude Bélanger (Manif d'art) et Anne-Claire Pilote (Atelier de la Mezzanine) sont là depuis les débuts de Méduse.

Le Soleil, Jean-Marie Villeneuve

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Josianne Desloges
Josianne Desloges

Collaboration spéciale

Le Soleil

(Québec) La coopérative Méduse, installée dans la côte d'Abraham depuis maintenant 20 ans, est un peu notre Maison des arts visuels. On y trouve 10 organismes qui oeuvrent à la production et la diffusion de l'art actuel sous toutes ses formes et qui y cohabitent dans un esprit de collaboration, tout en préservant leur singularité.

Le nom Méduse a été inspiré par un passage du livre L'acte photographique de Philippe Dubois, dans lequel l'auteur compare le regard de la Gorgone au regard photographique. «Nous avons fait consensus autour de la Méduse pour nommer une entreprise qui allait, en quelque sorte, fasciner tout autant qu'effrayer, séduire tout autant que questionner, sachant en outre que cela représentait fort bien à l'époque les sentiments générés par l'art actuel», explique Gaëtan Gosselin, directeur général de Recto-Verso.

Une vision du «faire-ensemble»

Au moment de la création de Méduse, il était à la barre du centre VU. Les centres d'artistes de Québec logeaient alors dans des immeubles vétustes ou mal adaptés à leurs activités. L'OEil de poisson faisait ses performances et vernissages au-dessus d'une pharmacie, VU baignait dans les effluves de pop corn qui montait du bar voisin... Les centres ont décidé de se regrouper. 

«On avait développé une certaine vision du faire-ensemble. Il y avait une fébrilité, une énergie incroyable. On avait alors l'impression que tout était possible», se souvient M. Gosselin. C'était l'époque de l'Îlot Fleuri, le début de l'Usine C à Montréal, de La Filature à Hull, du Quai des brumes à Carleton, du Paradis à Rimouski. 

«Méduse a inspiré beaucoup d'autres lieux, à travers le Canada et même au-delà. Il n'y avait pas beaucoup de projets qui allient la production et la diffusion, avec des ateliers et des techniciens qui connaissent le travail des artistes», indique Claude Bélanger, qui fait partie des fondateurs de l'OEil de poisson et est maintenant à la direction générale de la Manif d'art.

Avec des presses chez Engramme, une menuiserie à l'OEil de poisson, des chambres noires chez VU, un studio chez Avatar, de l'équipement vidéo chez Spira et à la Bande vidéo, les artistes de Québec et en résidence peuvent trouver tout ce dont ils ont besoin pour créer les projets les plus fous.

Le long de la côte d'Abraham, les portes de quatre centres s'ouvrent sur des expositions gratuites et publiques. 

Chaque hiver, le Mois Multi entraîne ses voisins dans un tourbillon multidisciplinaire et électronique, alors que la Manif d'art enveloppe la ville un printemps sur deux pour un déferlement d'art actuel.

«Plywood City»

Le complexe Méduse a été réalisé en 1995 par l'architecte Émile Gilbert à partir des bâtiments qui existaient déjà dans la côte d'Abraham. Les espaces ont été réaménagés, repensés, mais on a préservé les formes des maisons d'origine, qui étaient à l'abandon et se faisaient surnommer «Plywood City».

Le «1 %», l'oeuvre intégrée à la construction, a été réalisé par Denis Farley et Pierre Fournier et se trouve sur le toit. Les cônes d'Abraham pointent dans toutes les directions, comme des girouettes, et transmettent l'idée de mouvement, d'énergie et de diversité inhérente à Méduse.

Merci à Claude Bélanger, Gaëtan Gosselin, Anne-Claire Pilote et André Barrette pour leurs récits.

Percer les murs

Pendant la prochaine année, la coopérative Méduse souhaite ouvrir ses murs, dans tous les sens du terme. Non seulement elle obtiendra 3,3 millions $ du gouvernement du Québec et de la Ville de Québec pour procéder à des rénovations et à l'achat d'équipement, mais sa nouvelle directrice générale Caroline Salaün a plusieurs idées pour mobiliser les artistes et attirer de nouveaux visiteurs.

«On aimerait qu'il y ait une publication pour les 20 ans de Méduse, parce que l'histoire n'a jamais vraiment été racontée», indique-t-elle. Des activités rassembleuses, davantage de vernissages collectifs, du développement de public avec des groupes d'adolescents devraient s'ajouter aux matinées Méduse, des visites commentées de l'édifice chaque jeudi, instaurées depuis septembre. «Je tiens à mettre en place des activités complémentaires à celles des organismes membres, pour faire connaître d'avantage Méduse au grand public», résume la directrice. 

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