Shayne Laverdière, l'étoile montante de la photo

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(Québec) Il est le photographe attitré des plateaux de tournage de Xavier Dolan. La chanteuse Adele a craqué pour ses clichés. Il a fait le portrait de vedettes comme Marion Cotillard, Tilda Swinton et Cécile de France. À 31 ans, Shayne Laverdière, originaire de Québec, est le photographe montant du monde du cinéma et de la publicité. Rencontre avec un artiste qui rêve de devenir l'un des meilleurs de sa profession.

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Le photographe Shayne Laverdière, 31 ans, originaire de Québec. «Ma carrière est un très long et lent crescendo.»

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L'actrice Tilda Swinton

Shayne Laverdière

«Ça m'impressionne toujours de voir où je suis rendu. Je me pince tous les matins...» lance d'entrée de jeu Shayne Laverdière. Le jeune trentenaire est rendu loin, entre Montréal, Toronto, Paris et New York. «Le temps et la vie déferlent tellement vite depuis six mois. J'ai de la misère à rester à flot», écrit-il au Soleil afin de déterminer le moment d'une entrevue demandée depuis un moment.

La carrière de Shayne Laverdière est intimement liée à celle de Xavier Dolan. Depuis leur rencontre, il y a cinq ans, le jeune photographe est devenu le collaborateur fétiche du cinéaste québécois. Ils sont aussi devenus de grands amis. La fin de semaine dernière, ils sont allés voir ensemble le film Steve Jobs.

Après quelques années à faire des photos de mode, Shayne Laverdière a vu les portes du cinéma s'ouvrir grâce à Niels Schneider. L'acteur québécois, vu dans Les amours imaginaires, du même Dolan, désirait renouveler ses photos, histoire d'avoir du nouveau matériel à offrir aux agences de distribution artistique. 

Les clichés de Shayne commencent à circuler dans le monde artistique, son nom aussi, grâce à la notoriété grandissante de Schnei­der, lauréat du prix Chopard à Cannes, en 2011, prix remis à la révélation de l'année au cinéma. Dolan entend les bons mots à son endroit. Il lui demande à son tour une séance photo.

Le jeune cinéaste, réputé pour sa méticulosité, craque pour son travail. «Il m'a dit qu'il n'avait jamais été aussi satisfait après une séance photos, explique-t-il. À la fin du shooting, je lui ai offert un lift. Avant de sortir de la voiture, il m'a demandé si je voulais être le photographe de plateau pour son prochain film, Laurence Anyways

Depuis, la carrière des deux hommes est intimement liée. Shayne a été le photographe de plateau de tous ses films, à l'exception de Tom à la ferme. «À mon grand désarroi, j'étais retenu par le boulot à Paris. C'était poche...»

À l'issue de la projection de Mommy, à Cannes, l'an dernier, il était derrière Dolan, à applaudir en compagnie d'une foule émue, pendant 13 minutes. «Je n'avais pas le droit d'avoir un appareil photo, alors je l'ai pris avec mon iPhone...» Lors de la sortie du film en France, il a accompagné le jeune cinéaste dans sa tournée de promotion.

Ressemblance

Tout indique que le jeune photographe peut réserver son smoking pour le prochain rendez-vous cannois. À moins d'une immense surprise, Dolan, enfant chéri de la Croisette, devrait voir son film Juste la fin du monde, avec Marion Cotillard, Vincent Cassel, Nathalie Baye, Gaspard Ulliel et Léa Seydoux, retenu en compétition officielle. Toutes ces vedettes ont défilé cet été devant la lentille de Laverdière, lors du tournage dans la région de Montréal. 

«Je dois une grosse part de ce que je vis à Xavier, poursuit-il. Il croit en moi. Pour des séances photo avec de grands magazines, il impose mon nom, comme l'an dernier, avec le magazine italien Vogue. Il ne veut pas travailler avec d'autres photographes. C'est moi qu'il veut et si le magazine ne veut pas, il leur dit de manger de la m...»

Si les deux hommes partagent la même vision artistique, ils ont aussi déjà eu en commun quelques traits physiques. Anecdote. «Après la sortie de J'ai tué ma mère, raconte Laverdière, il ne se passait pas une journée sans qu'on me prenne pour lui. Un soir, je suis allé souper au Café du monde et un groupe de jeunes est venu me féliciter pour mon film. Je n'avais aucune idée de qui on parlait. Mais maintenant, je ne lui ressemble plus...»

Rêver grand

La liste des personnalités qui ont vu la lentille du jeune Laverdière se braquer sur elles, en studio, commence à s'allonger. Tilda Swinton, Cécile de France, Guillaume Canet, Marie Gillain... Au Québec, il a mis en évidence le chanteur Pierre Lapointe dans la campagne de publicité de Simons. «Mes trophées de chasse sont pas pires...»

«J'ai toujours apprécié le shooting de comédiens. Ils sont séduisants et attirants, ils ont de la personnalité et du charisme», poursuit celui qui a comme sources d'inspiration Peter Lindbergh et Jamie Hawkesworth. «Des années 70, on ne retient pas le nom de mannequins, sauf peut-être Twiggy, alors que les photos de Bob Dylan ou de John Lennon embrassant Yoko Ono, tout le monde s'en souvient. En photo, on revient aux années 70, c'est super.»

L'artiste n'est pas un mordu du numérique. La moitié du temps, il travaille avec le bon vieux Celluloïd qui, à son avis, donne de plus belles photos, «plus riches». «Sur le tournage du clip d'Adele, j'ai passé 50 rouleaux de film.»

Shayne Laverdière voit grand dans le monde pour la suite de sa carrière. Il rêve d'être à la tête d'une campagne internationale pour Yves Saint Laurent, Chanel ou Dior, d'avoir son nom dans le top 100 des meilleurs photographes au monde. «Pour le moment, je travaille en solo, je suis un électron libre. La prochaine étape sera d'avoir un agent international.»

D'ici là, il sait qu'il n'aura pas le choix de s'expatrier, sans doute à New York. «C'est inévitable. De toute façon, je passe beaucoup plus de temps à l'extérieur qu'ici. Mais je crois que je vais garder un pied-à-terre à Montréal, c'est ma ville.»

Une passion née à 10 ans

Originaire de Québec, ville qu'il a habitée jusqu'au milieu de l'adolescence, Shayne Laverdière a développé «très tôt» un attrait pour la photographie. À 10 ans, il reçoit en cadeau un appareil Minolta. C'est le déclic. La chambre noire de l'école secondaire Saint-Patrick, sur l'avenue Belvédère, devient sa deuxième maison.

«Ça m'est venu de façon très organique et naturelle, je ne sais trop comment. Ça s'est fait tout seul. Personne ne m'a poussé.»

Le gamin a toujours son appareil avec lui, accroché au cou. Il photographie les matchs de basket de l'équipe de son école, croque les paysages de la Gaspésie lors de ses vacances et, en «amoureux des chars» qu'il est, beaucoup de voitures.

La publication de quelques-unes de ses photos dans l'hebdoma­daire Quebec Chronicle-Telegraph lui fait croire pour la première fois qu'il serait possible de gagner sa vie avec son violon d'Ingres. «C'est à ce moment que ma passion est devenue une motivation. Je voyais mes photos ailleurs que dans mes albums. Je me disais que je pouvais monter les échelons.»

Tombé en amour avec Toronto à 15 ans, le jeune Shayne décide, un an plus tard, de quitter Québec pour y tenter sa chance. Il s'inscrit à un collège offrant un programme en photographie. Il habite en chambre, chez de la parenté. «À cette époque, on n'était pas riches, moi et ma mère. Mon cash, je l'ai ramassé en travaillant.»

Parfait bilingue, il a été élevé en «franglais» par une mère monoparentale et ses grands-parents, dont sa grand-mère d'origine irlandaise. «Je n'ai pas connu mon père.»

«Sa passion pour la photographie était accompagnée d'une urgence de "voir grand", explique sa mère Joanne. Lorsqu'il m'a annoncé, à 15 ans, qu'il avait fait le tour de ce que la ville de Québec avait à lui offrir, je ne doutais pas un instant du sérieux de sa démarche. Déjà, à 16 ans, il se rendait à New York pour des conférences sur la motivation et le développement personnel. Il était le plus jeune dans la salle. Cette détermination, jumelée à sa passion pour la photo, est sans doute ce qui fait qu'il se démarque dans un domaine où la compétition est féroce.»

S'il a quitté Québec depuis une quinzaine d'années, le jeune photographe a toujours la capitale imprimée sur le coeur. «J'aime Québec, c'est tellement une belle ville. Quand je viens, c'est pour voir ma mère, ma grand-mère, des amis. J'étais très fier de la faire découvrir à ma copine d'origine allemande. Honnêtement, je pense que je vais prendre ma retraite à Québec...»    

Des photos d'Adele qui voyagent

Xavier Dolan et Adele... (PHOTO SHAYNE LAVERDIÈRE) - image 4.0

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Xavier Dolan et Adele

PHOTO SHAYNE LAVERDIÈRE

Le portfolio de Shayne Laverdière s'est enrichi d'un nouveau nom cet été, et pas le moindre, celui d'Adele. La chanteuse britannique aux 35 millions d'albums vendus a d'ailleurs tellement apprécié son travail qu'elle a choisi une de ses photos pour illustrer son simple Hello, tiré de son album à venir à la fin du mois.

«Ça a été la cerise sur le sundae. Son équipe avait choisi une autre photo, mais c'est Adele elle-même qui a poussé très fort pour la faire changer», explique le jeune photographe, dont le travail sur le plateau de tournage du clip de Xavier Dolan, l'été dernier, s'est répandu à la grandeur de la planète. «Toutes les photos qu'on peut voir sur les médias sociaux, ou dans des magazines comme Vanity Fair ou Vogue, ce sont les miennes.»

Il ne tarit pas d'éloges à l'endroit de la vedette, qu'il a côtoyée pendant quatre jours, en Estrie. Pour lui, Adele est dans une classe à part. «Elle est extraordinaire, très cool. Avec elle, il n'existe absolument aucune hiérarchie. Elle est humble, simple et tellement gentille avec tout le monde.»  

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