Oeuvre d'art devant l'amphithéâtre: «je ne fais pas partie de la gang»

L'artiste multidisciplinaire Luc Archambault aurait souhaité que son... (Image tirée du site Internet de Luc Archambault)

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L'artiste multidisciplinaire Luc Archambault aurait souhaité que son oeuvre Dialogue Art/Cité, que l'on voit ici dans l'une des phases de sa réalisation, figure parmi les projets retenus pour l'oeuvre d'art extérieure de l'amphithéâtre.

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(Québec) L'artiste multidisciplinaire Luc Archambault déplore le procédé de sélection mis en place par le ministère de la Culture pour choisir l'oeuvre de 1,125 million $ qui sera installée devant l'amphithéâtre de Québec.

Bien connu dans la région de la capitale, M. Archambault regrette que le choix des cinq finalistes pour le concours d'art n'ait été fondé que sur les réalisations passées des candidats, pas sur le projet d'oeuvre qu'ils entendent développer pour la place Jean-Béliveau. Le jury a évalué les travaux des huit dernières années des artistes volontaires, pas leur dessein pour cet emplacement.

Vendredi, Le Soleil révélait les noms des cinq artistes et collectifs d'artistes retenus pour la course finale vers la réalisation de l'oeuvre annoncée «monumentale» : les Cooke-Sasseville de Québec, Doyon-Rivest de Montréal, Jacek Jarnuszkiewicz aussi de la métropole, Pierre Bourgault de Saint-Jean-Port-Joli et Yannick Pouliot de Saint-Casimir. Ils recevront maintenant 15 000 $ chacun pour construire un miniature de leur projet. Au printemps, le jury déterminera le gagnant à partir des maquettes soumises.

Luc Archambault faisait partie des soumissionnaires. Il n'a pas été choisi. «Ce n'est pas mon projet qui a été rejeté. C'est ma candidature.»

Au bout du fil, l'artiste est déçu. Amer aussi. Il aurait aimé que le concours pour l'oeuvre d'art de l'amphithéâtre soit plus ouvert. Il aurait aimé que des artistes n'ayant pas nécessairement un grand nombre de réalisations d'art public à leur actif puissent aussi être pris en compte. Il aurait aimé que le jury fonde sa décision sur le projet d'oeuvre soumis, pas seulement sur le curriculum vitae. «Je trouve ça inapproprié.»

Cette méthode de sélection est inusitée, dit-il. «On se trouve à privilégier les artistes qui sont déjà dans la machine du 1 %.»

En évaluant le travail des dernières années, M. Archambault juge que le ministère de la Culture donne préséance aux artistes qui ont obtenu le plus de subventions en vertu du programme du 1 % qui octroie une subvention pour l'intégration des arts à l'architecture des bâtiments et des lieux publics.

Luc Archambault en a eu une. Il a réalisé Nous sommes un peuple, oeuvre qui orne l'Institut canadien (Maison de la littérature), dans le Vieux-Québec. C'était en 2000.

Pour l'amphithéâtre, il a donc conçu une oeuvre virtuelle, Dialogue Art/Cité, représentation multimédia de ce qu'aurait pu être sa création sur la place Jean-Béliveau. On la découvre ici : http://luc-archambault.wix.com/dialogue.

Au fil de la discussion, nous comprenons que l'artiste n'a pas été totalement surpris de ne pas être choisi : «Je ne fais pas partie de la gang.»

Nous comprenons aussi que la vie d'artiste en arts visuels n'est pas facile. Compositeur, peintre, sculpteur, céramiste, graphiste, Archambault roule sa bosse depuis un moment. «Je suis amer parce que, après 42 ans de métier, malgré la petite notoriété que j'ai à Québec, je peine à survivre, ce qui n'est pas normal», balance-t-il.

Le Québec a su déployer son cinéma, sa télévision, poursuit-il. Mais le marché de l'art, surtout de l'art visuel, serait «sous-développé». «Il n'y a pas de marché, on ne l'a pas développé.»

À la suite du rejet de sa candidature pour l'amphithéâtre de Québec, Luc Archambault a néanmoins choisi l'action. Sans se faire d'illusions, l'artiste lance un appel d'offres. Il est ouvert à toute proposition pour pouvoir réaliser son Dialogue Art/Cité.

BGL pas de la course

Par ailleurs, d'aucuns ont souligné que le collectif québécois BGL aurait pu faire partie des finalistes... Encore aurait-il fallu que le trio de la capitale soumette sa candidature! Le groupe composé de Jasmin Bilodeau, Sébastien Giguère et Nicolas Laverdière nous a indiqué par courriel qu'aucun dossier n'a été envoyé pour ce concours. «On préfère espacer les projets d'art public dans notre production, qui comprend plusieurs facettes. C'est plus sain pour nous.»

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