Mariette et Calude Vermette: sortir de l'oubli

Mariette Rousseau-Vermette est connue pour ses grandes tapisseries... (Photo Musée d'art contemporain de Baie Saint-Paul, René Bouchard)

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Mariette Rousseau-Vermette est connue pour ses grandes tapisseries s'étendant sur plusieurs dizaines de mètres carrés.

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(Baie Saint-Paul) Le Musée d'art contemporain de Baie-Saint-Paul célèbre cet été l'oeuvre de Mariette Rousseau-Vermette et de Claude Vermette. Deux grandes figures de l'art public qui ont fortement contribué à fixer les balises de la modernité québécoise dans les années 50 et 60 sortent enfin de l'ombre.

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Claude Vermette créait de monumentales murales de céramique, mais aussi des objets usuels aux lignes épurées comme des cendriers, des vases ou des assiettes.

Photo Musée d'art contemporain de Baie Saint-Paul, René Bouchard

Il s'agit de la toute première rétrospective de la carrière respective des deux artistes. «C'est une façon de remettre au couple Rousseau-Vermette ce qu'ils nous ont donné», faisait valoir le directeur du musée, Jacques Saint-Gelais Tremblay, lors du vernissage, samedi dernier. «Tout le Québec va découvrir ces artistes qu'on avait oubliés.»

L'exposition couvre 40 ans de vie artistique. Qualifié de «mythique», le couple a marqué l'histoire de l'art québécois en s'inscrivant dans l'environnement urbain. Pour les deux artistes, l'art devait rayonner au-delà des galeries. Leur oeuvre atteint la collectivité en s'intégrant à l'architecture elle-même. «En fait, c'est l'architecture qui devient une vitrine pour leur production», explique le commissaire de l'exposition René Viau.

«Ce sont aussi des artistes qui ont ouvert des pistes, ajoute M. Viau. Claude Vermette est très proche des automatistes et il va un peu véhiculer certains idéaux du Refus global dans sa production.»

Vingt stations de métro

On se souvient de Claude Vermette notamment pour ses monumentales murales de céramique qui habillent une vingtaine de stations du métro de Montréal. L'exposition y fait d'ailleurs référence. Sur des tables, on a disposé des photographies de quelques stations ainsi que des échantillons portant le sceau d'approbation des autorités.

Plus loin, des groupes d'objets en céramique sont disposés à peu près comme on les a retrouvés dans l'atelier de Claude Vermette, certains si mystérieux qu'on a l'impression que leur fabrication remonte à des milliers d'années, d'autres d'une facture si actuelle qu'ils sembleraient avoir été conçus hier. On y trouve aussi des objets usuels aux lignes épurées comme des cendriers, des vases ou des assiettes.

Mariette Rousseau-Vermette, de son côté, est connue pour ses grandes tapisseries, des oeuvres panoramiques s'étendant sur plusieurs dizaines de mètres carrés destinées la plupart du temps à des lieux publics. Les murs du Musée de Baie-Saint-Paul qui en sont recouverts apparaissent comme autant de symphonies de couleurs, de nuances et de reflets.

La qualité du travail de Mariette Rousseau-Vermette a été reconnue et diffusée à travers le monde. Sa production comprend notamment des rideaux de scène destinée à de grandes salles de spectacle à travers le monde, dont le John F. Kennedy Center for the Performing Arts de Washington. Plusieurs institutions, dont le Musée national des beaux-arts du Québec, le Chicago Arts Institute et le Metropolitan Museum of Art de New York possèdent de ses tapisseries.

Le plus beau, c'est que l'oeuvre du couple Rousseau-Vermette semble n'avoir pas pris une ride. Comme le souligne le chargé de projet Serge Murphy, elle méritait amplement que «le regard d'une génération d'artistes actuels qui n'a pas connu les années où cette oeuvre s'est déployée dans toute sa grandeur» soit posé sur elle.

ATELIERS CROISÉS - Mariette Rousseau-Vermette et Claude Vermette. Artisans de la modernité québécoise. Jusqu'au 12 octobre au Musée d'art contemporain de Baie-Saint-Paul.

Des trésors à conserver

Cette toute première rétrospective consacrée à l'oeuvre du couple Rousseau-Vermette contribue à sensibiliser les gens à la conservation des oeuvres d'art public, croit Marc Vermette, le fils des artistes. «Leur oeuvre est là, il faut la voir, il faut aussi la conserver, note-t-il. Encore maintenant, il arrive que des gens la recouvrent avec de la peinture Sico.»

Qu'on associe cette oeuvre à de l'art décoratif est une erreur, fait-il valoir. «Il y a une nuance à faire. Ce que faisaient mes parents est autant de l'art décoratif que ce que faisait Michel-Ange. Et ce qu'ils faisaient était respectueux de la communauté, qu'il s'agisse d'un hôpital, d'un palais de justice ou d'un métro.»

À Québec, les traces du travail des Rousseau-Vermette sont aujourd'hui difficiles à trouver. Des murales de céramique réalisées par Claude Vermette pour l'Université Laval et sur la façade de la salle Albert-Rousseau ont été détruites. La grande tapisserie de Mariette Rousseau-Vermette installée autrefois à l'hôtel Hilton a été décrochée il y a des années et nul ne sait quel chemin elle a pris.

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